‹ Le fils de Monte-CristoChapitre 26 sur 84 · DOUS · texte numérisé non relu

DOUS

Un personnage — au même instant — se présentait à la porte du cabinet.

Maigre, long, osseu.x, doué de favoris roux, c'était le gendre.

— Voici la somme demandée, dit-il en posant devant Mortimer une liasse de Lank-notes.

— Cela a cours en Algérie ? demanda miss Clary.

Le beau père et le gendre eurent un soubresaut. Des billets de la Banque d'Angleterre 1 Mais au fin fond des solitudes polaires, un Groëulandais donnerait de la monn^iid.

— 8ir, dit Mortimer, ce n'est pas tout. VVarlon esl-il dans le bal 1

— Yes, sir.

— Dites-lui de se rendre immédin'

— [1 danse.

— Qu'il cesse de danser i

Mortimer devenait autoiitaire. Qu'étaitce qu'un • lancier » de plus ou de moins en face de la clientèle de miss Elphys.

Le gendre comprit d'ailleurs qu'il fMllait obéir. Et saluant de ce coup sec de nuque et de reins, caractéristique de la politesse anglaise, il sortit.

Qu'est-ce que ce 'Warton ? demanda miss Elphy*

— Oh ! je ne vous le cache pas ! un fieffé aventurier, le seul homme que je connaisse qui soit capable de quitter un bal, vers minuit, pour appareiller à l'aurore. Seulement cela vous coûtera cher?...

Miss Elphys eut un sourire d'inexprimable hauteur.

— M. Mortimer croit-il Q"^ ï* ^^i^ assez riche pour payer M. "Warton.

— Oh I fit le banquier en s'inclinant. ■Vous auriez mille "Warton pour votre argent...

— Et vous m'affirmez qu'il fera tout ce qu'on lui ordonnera ?...

— Sa conscience n'a d'autre limite que la capacité de sa bourse... et sa bourse est large...

— C'est bien l'homme qu'il me faut.

Ah! un mot, monsieur Mortimer, vous avez depuis longtemps la confiance de ma famille... Je vais vous donner un pouvoir absolu de disposer de ma fortune, au cas où...

— Où?

— Je ne reviendrais pas d'Algérie!...

— Mademoiselle 1 s'écria Mortimer, banquier et anglais, mais ému, allez-vous donc courir des dangers tels...

— Je ne dis rien de tout cela. Mais j'aime que tout soit en règle. Les affaires sont les afi'aires, n'est-il pas vrai?

Alors se penchant à l'oreille de Mortimer, elle lui donna diverses instructions à voix basse.

Le banquier très calme, notait impertur» bablement sur son carnet les indications fournies.

— Voici M. Warton, dit le gendre qui revenait.

Alors entra, vêtu d'un habit bleu à boutons d'or, un personnage qu'on n'eût certainement pis pris pour un attaché d'ambassade, liien de mièvre. Un colosse, à tèta énorme, à museau en avant, avec des cheveux rouges hérissés et une barbe attachée sous le menton, et qui ressemblait à une énorme virgule de feu.

n le saisit au cou de ses mains nerveuses

Liv. 37.

r.u reste, selon l'ordonnance, ses mains,

comme des éclanches de mouton,

;;t sanglées dans des gants blancs:

lavate blanche faisait ressortir les

ités brunes de son cou, et il s'arc-

t sur des pieds — à bateaux ver-

qui auraient pu servir de bases à

été.

— Ah ! c'est monsieur! fit missElphys, . If regardant curieusement. Maismon-

::■ n'est pas Anglais I

Anglais! ût l'autre en se redressant.

-. se souvenant sans doute à propos s de l'hospitalité :

.méricain de Baltimore ! fit-il. Et à

service!...

II vousreste, mademoiselle, dit Morti- . à faire savoir au capitaine Warton

^ vous désirez de lui?

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