‹ Le fils de Monte-CristoChapitre 41 sur 84 · DI · texte numérisé non relu

DI

•ortede géant d'une soixantaine d'années, mais robuste comme un vieux «héne.

— Le roi des athlètes, ajouta Fanfar, portant ses trois cents à bras tendu et levant ses quatre futailles pleines avec ses dents...

— Oh I Fanfar! fit Gueule de Fer avec un geste plein de modestie, autrefois 1...

— Et maintenant à votre tour, monsieur Bobichel, heureux époux de Caillette, saluezl...

Bobichel, long, maigre, roux, osseux, se plia littéralement en deux, son front venant toucher le bout de ses pieds...

— Ah çal dit Monte-Christo en riant, que signifie tout ceci I est-il vrai que vous soyez tous d'anciens saltimbanques I

— Rien de plus vrai, monsieur le comte. Nous avons franchi toute la vie en faisant le saut périlleux et nous avons cent fois risqué de nous casser les reins... seulement moi, j'ai renoncé aux exercices...

— A moins qu'il ne s'agisse de faire une bonne action I dit Monte-Cristo en lui tendant la main.

— Ah ouil... la petite ascension de làbas!... bagatelle!... Bobichel s'entretient les muscles à faire la grenouille ou le grand écart... Gueule de Fer jongle encore en cachette avec des poids de quarante...

Monte-Cristo regardait cet homme, aux allures si distinguées, et surtout Irène, cetLejeune femme d'une exquise délicatesse de traits et de formes... que signifiait tout cela'/

Maman U&raman avait été mise tout à

fait i son aise par Caillette — l'ancienne danseuse de corde, avait dit Fanfar — actuellement M** Bobichel, et Irène avait eu du premier ooup conquérir l'amitié de Miss Elphys...

Bref, quand autour de la table de famille, tous se trouvèrent réunis, Monte-Cristo, auquel avait été réservée la place d'honneur, leva son verre et dit :

— Monsieur Fanfar, je ne sais pas encore qui vous êtes, mais en buvant aux consciences honnêtes et aux cœurs vaillants, je sais que je bois à vous et à tous ceux qui vous aiment!...

— Oh! monsieur Fanfar, s'écria lagrosse Caraman qui n'y tenait plus, est-ce que vous ne nous raconterez pas votre histoire...

— Qu'en pense madame Fanfar! demanda le colon à Irène. Qu'en pensent les amia Gueule de Fer et Bobichel?...

— Moi, dit Irène, je donne mon autorisation...

— Et nous aussi, proclamèrent les deux ex-saltimbanques...

— Et moi, dit Fanfar, je serai heureux de prouver à M. le comte de Monte-Cristo qu'il a eu raison de boire aux honnêtes gens.

Tandis qu'Espérance reposait, plus calme, Fanfar commença son récit.

Gomme il était long, nous demanderons la permission de nous substituer à lui, et de prendre la parole.

Ce récit fera le sujet de no^re troisième partie.

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