‹ Le fils de Monte-CristoChapitre 47 sur 84 · DEUX PLACES, S. V. P · texte numérisé non relu

DEUX PLACES, S. V. P

Un instant après, tous les badauds, — c'est-à-dire la population entière de Saint- Amé — se pressait sur la place. Il est vrai que dans la petite ville Lorraine les distractions étaient rares, et ce n'était jias une mince sui-prise que de voir s'élever rapidement, en face de la mairie, sur le cours où les arbres, dépouillés de feuilles, ne pouvaient plus abriter les danses dominicales, une haute baraque, dont les ais, fichés en terre, disparaissaient sous d'immenses panneaux de toile aux couleurs criardes et aux peintures extravagantes.

Au milieu, un perron de quatre marches de bois donnait accès à un contrôle, formé d'une table de sapin sur laquelle rutilait relevé aux coins par des glands d'or un tapis à fond rouge et à arabesques noires: on eût dit un manteau arraché à quelque suppôt de la magie internale.

Une énorme affiche, sur laquelle se détachait en noir des caractères lisibles à cent pas, portait les inscriptions les plus abracadabrantes. A tout seigneur tom honneur. En tête, Gueule-de-Fer qui soulevait avec ses dents des poids tels — t qu'on ne trouverait pas à dix lieues à la ronde une balance assez forte pour les évaluer. » Puis c'était la femme-colosse, ne manquant à aucune de ses spécialités, mangeant de l'étoupe enflammée et des pigeons crus. « A défaut de pigeon, toute autre volaille qu'il plairait a l'honorable société de lui présenter. »

Aussi l'unique, le mirifique Almanzor (lisez Robeccalj, « descendant des Maures d'Espagne, ayant longtemps habité l'Eseuiial (sic) et broyant du verre entra sea dents, digérant des sabres.»

En petits caractères. Caillette, la danseuse de corde, «qui charmait la société autant parla légèreté de sa danse aérienne que par l'éclat de sa voix juvénile.

Enfin, un nom dont les dimensions typographiques luttaient de hauteur avec celles des lettres réservées au patron, le nom de Fanfar.

LE FILS DR «lONTE CRISTO

Le boniment qui le concernait mérite d'être reproduit:

Fanfar I Fanfak 1 I FANFAR 1 1 1 Tout I Tout 1 1 TOUT 1 1 1

Force, Adresse, Légèreté, Sciences physique! et naturelles

Il sait tout I H peut tout 1 1

Dire est inutile. —Il faut voir et entendre

Fanfar I Fanfar ! ! FANFAR ! 1 1

L'affiche se terminait par l'annonce obligée de la pyramide humaine, agrémentée d'une enluminure digne d'Epinal et qui montrait un amoncellement d'êtres humains, au-dessus desquels se dressait gracieuse, une fleur à la main, la jambe en l'air et les bras arrondis, la délicieuse Caillette.

Certes, c'était justice à rendre à cesbons paysans -. ils dévoraient des yeux cette annonce mirifique. Ils commentaient, s'pxtasiaient, tandis qu'au caquetage des femmes se mêlait le bruit des marteaux. Le bâtiment provisoire prenait forme.

Gueule-de-Fer, les mains dans les poches de son interminable habit, seprornenait de long en large devant les tréteaux, donnant ses ordres comme un général 1 l'armée.

La foule s'écartait respectueuse sur son passage. Lui semblait ne rien voir, absorbé qu'il était sans doute par les graves préoccuiiationa que lui imposait sa responsabilité.

Tout à coup, il cria :

— Bobichel I

Entre deux pans de toile peinte, séparant justement en deux un lion qui dévorait un crocodile (attribut qui donnait ;\ supposer que la baraque de Gueule-de-Fer ivait naj^uère abrité une ménagerie) api arut la tète du pitre... rieuse, Ta bouche Icndue dans toute sa largeur.

Il était si grotesque, ce masque benêt respirait si. complètement la bêtise joviale, qu'un long éclat de rire accueillit cette vision nouvelle.

Or, il < '^t à remarquer aue le nom de Bobichel ne figurait passur l'affiche. Voici comme c'était lui qui avait été chargé de porter à l'iuiprimerie l'affiche passe-parloul. Le fisc taxant le j)apier en raison de 8a grandeur, le nom de Fanfar avait dû être rapetissé pour laisser place à celui de Bobicliel, qui tenait rang avant la pyraumlt'iiumaiue.

Bobichel avait protesté. L'imprimeur avait t«au bon et pour eauie. Bref, Bobi-

chel avait trouvé ce compromis de se supprimer lui-même pour céder plus d'espace à l'am' Fanfar.

Du reste, à quoi bon ? Bobichel était l'affiche vivante : sauf de rares exceptions, c'était lui qui portait la parole devant le peuple assemblé. Et cette fois encore, c'était pour ce rôle de prospectus humain que Gueule de-Fer l'appelait.

Laissons-le débiter au public de Saint- Amé ses facéties ordinaires, et rentrons un instant dans la baraque.

Fanfar et Caillette étaient seuls, achevant, l'un d'étayer les bancs de bois, de disposer la corde tendue, les trapèzes, l'autre de donner aux tentures de serge verte le dernier pli de grâce et d'harmonie.

Tout à coup les petits doigts de Caillette s'arrêtèrent : elle leva sa tète blonde, et son regard, limpide comme un jour do printemps, se fixa sur Fanfar.

C'était une délicieuse créature, avec s:! taille fine, serrée dans une simple robed; laine bleue, bordée de blanc. De petite taille, elle était admirablement proportionnée ; son corsage, malgré ses maigreurs virginales, avait une souplesse ravissante, et ses bras, à demi-nus (aile avait relevé pour plus d'aisance les manches de sa robe) étaient d'une délicatesse de forme que n'excluait pas leur gracilité.

Ainsi penchée eu avant, les yeux bleu grands ouverts et brillants d'une penséintime, elle semblait une de ces fées de légendes qui guettent au passage le danio.seau chantant dans la forêt. Ses trait.fins, un peu souflïeteux, avaient plus de charmes que de régularité, mais toute sa physionomie était éclairée d'un tel rayonnement de jeunesse naïve et de bonté aimante que, malgré soi, on se sentait, à la regarder, plus ému que devant la beauté la plus opulente ou la plus correcte.

En ce moment, Fanfar s'assurait de la «olidité d'un trapèze fixé à une poutre transversale par des crochets de fer, faisant face à un autre trapèze éloigné du premier de quelques pieds. Les deux en-

§ins étaient élevés de quatre mètres auessus de terre.

S'aidant d'une corde à nœuds, le jeune homme, dont le corps svelte et flexible destinait une ligne d'une pureté académique, avait atteint la barre de bois, et suspendu par les poings, ii imprimait ù rapi)areil de vigoureuses secousses.

Un artiste se fularrôté devant telle perfection sculpturale : â chacun de Sii mouvements, son torse, serré dans unp

aorte de casaaue noire, plaquant sur la chair, se développait, large et vigoureux ; c'était comme une statue vivante ; ainsi que l'avait dit Girdel, les chevilles, les pieds, les poignets, les mains étaient d'une anesse surprenante.

Fanfar se balançait, le sourire aux lèvres. Puis, tout à coup, il s'élançait. Son corps glissait dans l'espace, comme s'il eût nagé à travers un fluide qui l'eût soutenu... et saisissant le second trapèze, il tournoyait, ses poignets faisant pivot, et J'un nouvel élan, il se dressait, rigide comme une lame d'acier; puis, lentement soutenant sur ses mains serrées tout le poids de son corps, il descendait de la position verticale au plan horizontal, semblable à l'aiguille gigantesque de quelque horloge invisible...

Là, il lâcha tout, brusquement et se laissa tomber sur le sol, si légèrement, qu'à peine l'empreinte de ses deux 2)ieds se moula dans le sable...

Un léger cri avait retenti, et au moment .îi il touchait terre, il sentit deux bras se suspendre à son cou, tandis qu'une voix douce s'écriait :

— Ah! méchant, comme tu m'as fait peur I

— Peur! à toi, ma Caillette. Mais n'esttu pas habituée à mes exeixices?...

La voix de Fanfar était pleine et chaude.

— C'est vrai, reprit Caillette, et pourtant, chaque fois que tu fais ainsi des mouvements brusques... mon coeur se serre, et malgré moi, je crie de terreur... c'est que, vois-tu, Fantar,je t'aime bien... et s'il t'ai*rivait malheur, je crois que j'en mourrais...

— Allons! ma petite sœur, chasse ces vilaines idées noires.

Caillette, frappée de je ne sais quelle idée subite, avait baissé la tête, et une vive rougeur avait empourpré son visage.

— Qu'as-tu donc! demanda Fantar avec intérêt et en serraat les mains de la jeune fille dans les siennes.

— Rien ! rien ! flt-elle, tandis que sa rougeur redoublait.

Puis elle reprit vivement :

- Pourquoi donc m'appelles-tu toujours petite sœur.

— Pardon, mademoiselle, reprit Fanfaien riaat : des deux mots, quel est celui qui vous choque, est-ce « petite » ou bien?...

— D'abord, je n'ai pas dit que je fusse fih3 ,iiée.... oh! uon!...

— Ei)liu,tu te dis que tu vas avoir seize ans. t L que tu as droit au nom de € grande » sœur/

— Mais pourquoi m'appelles-tu ».a sœur?...

Fanfar abandonna les mains de la jeunefille. Un nuage rapide passa sur son visage.

— Parce que, dit-il d'un ton c intraint, parce que nous avons été élevés ensemble... Tn avais à peine six ans, quand ton père m'a ramassé sur la route.

— Donc, tu n'es pas mon frère... insista Caillette.

— Non, parle sang c'est vrai... maispar l'affection. Voyons, pourquoi cela te fâchet-il que je t'appelle ma sœur?

— Oh I je ne suis pas fâchée. .. mais j'aimerais mieux pas...

— Mais la raison!...

Caillette regarda Fanfar de ses grands yeux bleus...

— Je n'ose pas te le dire...

— Ne pas oser!... toi... tu crois donc que ce que tu as envie de dire n'est pas juste n'est pas bon...

Elle ne répondit pas. Mais encore ui.

fois elle mit ses bras autour du cou de P'anfar et l'embrassa...

Fanfar pâlit. Il comprenait et il se sentait profondément troublé.

Certes l'innocence de Caillette était entière, sa pureté absolue. Et cependant certaines idées qu'il devinait germaient dans cette tète d'enfant. Sans savoir ce qu'était l'amour, elle était amoureuse.

Qui sait si l'exemple donné auprès d'elle par celle qui s'appelait sa seconde , mère, si certaines paroles ambiguës ou j brutales échappées à Robeccal n'avaient I pas développé en elle des sensations I qu'elle subissait sans résistance...

Plusieurs fois déjà, alors que sans y songer, Fanfar répétait ses exercices devant Caillette, il avait été surpi-is d'abord, ell'rayé ensuite.

Cette passion d'enfant avait comme une ombre de dépravation...

Puis, pour tout dire d'un mot, il ne l'aimait pas, lui; certes, il éprouvait pour elle une affection profonde, désintéressé.jusqu'au dévouement le plus absolu. Pour lui épargner une douleur, pour sécher une larme, il eût risqué cent fois sa vie... mai.s quand, seul, la nuit rêvant sur les routes à la clarté bleue du ciel, il s'interrogeaii., quand il se disait qu'après tout si Caillette l'aimait, elle pourrait devenir sa femme, je ne sais quelle révolte ijtérieure se soulevait en lui.:, il murmurait: Noul non!... comme s'il se fût déb^-ttu contre un fantôme qui l'obséda'*

Un lantôme !.. elle était pourtant la plus jolie et lu pb s charmante des femmes

qu'il eût jamais rencontrées... il tentait de [ résister à cette sorte de pression incons- | ciente oui lui dictait un refus... mais, pensant à Caillette, il se sentait calme, froid, i le mot d'amour ne résonnait pas à son oreille avec ces vibrations infinies qui en sont l'essence... il n'aimait pas... '

Et, voilà que l'innocente se faisait audacieuse!... la timide voulait contraindre l'aveu... qui sait si le sien n'était pas là sur seslèvres, prêt à s'échapper!...

Il s'était dégagé doucement des bras qui serraient son cou. Galment, il s'écria :

— Ah ça! mais si nous passons tout notre temps à nous embrasser, rien ne sera prêt pour la représentation...

Ce —nous — fit tressaillir Caillette : elle y croyait deviner une réponse.

— Ne me gronde pas, fit-elle. Je t' obéirai toujours... et je ferai tout ce que tu voudras.

Au moment où elle revenait à ses tentures et ressaisissait l'aiguille qui devait servir à réparer un accroc oublié, la porte de la salle s'ouvrit et Gueule-de-Fer parut.

Il n'était pas seul. Fanfar et Caillette eurent peine à réprimer une exclamation •le surprise. Et, eu vérité, leur étonnement était suffisammentjustifié.

Girdel précédait deux dames dont K costume révélait une aristocratique élégance.

— .yi! ma chère Irène! quel caprice!., et que dira madame la comtesse!...

— Ma bonne madame Ursule... vous m'obligerez vivement en cessant vos doléances... à moins qu'il ne vous plaise de retourner seule au château.

La « bonne madame Ursule » grande lemme sèche, à cheveux grisonnants, à nez pointu surmonté de lunettes d'or à canote invraisemblable ornée de fleurs blanches et d'ébourififants et ébouriffés marabouts, réalisait le type de la vieille gouvernante. On eût dit une « vieille nourrice » si la rigidité plate de son corsage n'eût fait douter qu'elle eût jamais pu remplir ces délicates fonctions.

Quant à celle qu'elle venait de nommer Irène, nous devons en quelques lignes esquisser son portrait.

Vêtue d'un costume d'amazone, dont la jupe de drap brun était termée sur le côté par des agrafes d'acier, Irène paraissait avoir vingt ans, quoique à vrai dire, en l'étudianf mieux, on eût pu douter (jucUe eût trynchi seize ou dix-sept ans. Mais ses cheveux, d'un noir bleu, abondamment frisés sur son front d'une blancheur de marbre, et dont un chapeau de satin noii — forme Louis XIII — orné de plumes

noires faisaitressortir la pureté, donnaienl à ses traits réguliers et fiers un caractère sérieux que combattait seul le sourire de ses lèvres.

Elle s'était drapée dans une écha pe de fourrure — de martre sans doute, — qui moulait audacieusement les formes d'une poitrine admirablement modelée.

Ilétait impossible de porter avec une désinvolture plus élégante, — plusprincière, si nous pouvons dire, — le costume disgracieux de l'époque.

Debout, sur la galerie qui entourait le cirque, elle se détachait tost entière comme ces personnages de Velasquez qui semblent s'élancer hors de leur cadre.

Sa beauté — impérieuse et séduisante à la fois — était de celles qui ne peuvent passer inaperçues.

Fanfar la regardait. Caillette l'étudiait.

— Monsieur, reprit-elle en se tournant vers Girdel qui portait sous le bras son chapeau gansé d'or et s'inclinait avec l'aisance d'un chambellan émérite, je vous ai dit que je désirais assister à votre représentation... Veuillez m'indiquer les places que vous pouvez mettre à ma disposition... de telle façon que je ne sois pas en contact avec la foule.

— Hum ! Cela est difficile, fit Girdel en se grattant l'épaule avec la corne de son chapeau.

Je payerai la somme que vous deman-

dâFêZ

— Ôh ! nous n'avons qu'un prix reprit Gueule-de-Fer. Dix sous les premières...

Cinq sous les secondes...

La gouvernante eut un soubresaut de désespoir. La jeune fille haussa les épaules avec impatience.

Elle tira de son aumônière une poignée de pièces d'or :

— Prenez ceci, fit-elle, et faites ce que je demande.

Girdel s'inclina en protestant d'un geste.

— Je vais essayer, dit-il, au prix ordinaire. Fanfar! ajouta-t-il, as-tu le temps de construire quelque part une espèce de loge'^

Fanfar s'avança.

11 était en costume d'étude, avons- nous dit. Un maillot noir le couvrait tout entier et, sur ce vêtement sombre, se détachaient son cou blanc et nerveux, sa tète aux traits fins et purs, aux cheveux noirs et bouclés.

Quand Caillette le vit s'approcher de la < belle demoiselle, » elle crispa ses petites mains au rebord de la balusUadt.

— .le n'ai pas exactement oompri».

Fanfar à Girdel.

Elle disparut à travers les arbres.

Liv. 60.

LE riLS DB MGNTB-CRiSTO

Irène répondit :

— Ripn n'est plus simple : Il me con- ▼ieni (1 assister à vos exercices, mais il me dèpl:urait d'être mêlée à votre public ordinaire... à des bourgeois... à des ma- Biints ...

— Hum! huml grommelait Girdel.

Fanfar, froidement, tenait les yeux fixés

sur la jeune fille.

— Et je veux que vous me trouviez...

que vous sachiez créer quelque place réservée...

— C'est impossible, dit Fanfar.

— Impossible I s'écria la jeune fille.

— Oh ! c'est peut-être beaucoup dire, interrompit vivement Girdel. Avec quelques

Elanches, des stalles... une loge... c'est ienîôtfait...

— Seulement, dit Fanfar en s'inclinanti je refuse de le faire...

— Vous refusez I Irène avait tressailli.

Caillette souriait et rougissait.

— Et puis-je savoir pourquoi... monsieur.*.

Elle s'arrêta comme pour demander quel nom elle devait prononcer.

— Fanfar, dit le jeune homme.

— Pourquoi, monsieur Fanfar, repritelle en souriant dédaigneusement, refuse de faire gagner quelques louis à son maître?

— Son maître!... pardon! fit Girdel, mais...

— Laissez, mon père, dit Fanfar. Je vais expliquer à mademoiselle pourquoi je refuse, et j'espère, qu'elle me comprendra. Notre publio de bourgeois... de manants, comme dit mademoiselle, nous fait vivre, nous aide dans nos revers, ne nous porte pas envie dans nos succès. Ds ont de grosses niiuns et ne mettent pas de gants... mais ils ;) pplaudissent de tout leur cœur. Ge sont de braves gens, mademoiselle, et qu'il serait mal a nous d'humilier. Or, dans ce

ys-ci surtout, ce que vous désirez est impossible... Vous séparer du reste de la foule, c'est établir une ligne de démarcation qui blesserait les sentiments les plus intimes et les plus respectables... Quand es gens du peuple vont chez vous, vous les aites recevoir par vos domestiques, à 'ofâae, quand vous venez chez le peuple, 1 vous admet auprès de lui, avec lui... T'estime que vous aves tort et qu'il a raion.

Pâle, les yeui éclairés par on* loeor trange, Irène écoutait...

La gouvernante trépignait sur plaee.

(iirdel, gui s'était reculé pour qu'on a»

îe vît pas, avait son plus large sourire des bons jours...

Fanfar, calme, la tête inclinée, restait immobile et attendait...

— C'est une leçon! dit Irène d'une voik à peine perceptible.

— Non! c'est un conseil I...

— Que vousallez me donner sans doute...

— Oui, mademoiselle. Aussi bien mon travail m'appelle et je ne puis rester ici plus longtemps... ce conseil le voici en trois mots :

Il salua et fit un pas pour se retirer.

— Monsieur Fanfar I cria Irène.

Il s'arrêta.

— Vous avez raison... et je viendrai ce soir.

Puis, se tournant vers Girdel, avec une grâce charmante :

— Monsieur!... Voulez-vous au moins me retenir deux places d'avance ?.. .

— Certes 1 et les meilleures!... cria Girdel. N'est-ce pas, Fanfar?...

Fanfar répondit affirmativement d'un signe de tête.

A ce moment ses yeux se croisèrent avec ceux d'Irène, et un tressaillement, aussitôt réprimé', l'agita tout entier...

— Maintenant, ajoutairène, voulez-voub remettre ces quelques louis aux pauvre»

du pays... Quant à mes deux places, eh bien ! je vous les demande gratis. . .

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