‹ Le fils de Monte-CristoChapitre 72 sur 84 · CATASTROPHE · texte numérisé non relu

CATASTROPHE

Les deux hommes s'étaient levés brusquement, se tenant face à face, se regardant comme autrefois, lorsque dans les cabanons de Bicêtre, le crime les avait une première fois réunis.

Oui, c'était Sanselme — qui maintenant par un simple déplacement de lettres se faisait appeler Maslènes — c'était le misérable, coupable de fautes inavouables, qui aujourd hui semblait lancer à son couWice des paroles de mépris...

C'était Benedettû — aujourd'hui il signor Fagiano — qui ricanait en face de l'homme qui, naguère, à Toulon, lui inspirait un mépris mêlé de dégoût...

Ils étaient restés silencieux, mais il s'était produit dans leurs physionomies une transformation bien diflorente.

Sanselme, d'abord hardi, presque arrogant, avait peu à peu baisse la tète ; les muscles de son visage s'étaient détendus, tandis que Benedetto, au contraire, se redressant, avait une implacable expression de triomphe et de défi.

— Rasseyons-nous, dit-il, et causons.

— A quoi bon? s'écria Sanselnn .d'un ton douloureux. Peut-il y avoir déï> rm ils quelque chose de commun entre v^Uj et moi?...

— Qui sait?

— Oh! tenez, écoutez-moi... un instant, rien qu'un instant ! Il fautque nosposiiions respectives soient fixées... à tout jamais. Un .-ïinislre hasard nous avait léunis... des circonstances... plus sinistres encore, nous ont séparés... Nous n'avonç ni vous ni moi — je Tavoue pour ma paît — aucun dé.sir de réveiller le passé. Vous avez suiv> votre chemin, j'ai suivi le mien. Je vous (l.-ni.mde, je vousordonnedemoubliercomm jcvou»

oubliera, uoouueje vous ai oublie ino\màme...

flAl

n s'arrêta. Benedetto venait de lui poser la mai.u <<ur l'épaule :

— Et ai je ne voulais pas être oublié de vous?... (lit-il lentement.

Sanselme tressaillit et le regarda, interrogateur, pres(}ue effrayé :

— S'il me plaisait, au contraire, continua Benedetto, que vou.s retrouviez, au fond de votre mémoire toutes les circonstances... vous entendez bien, toutes sans exception... de notre vie commune...

— Je ne vous comprends pas... de^.

quoi donc voulez-vous parler? Est-ce du jour où je vous vis entrer, abattu, brisé à laForce?...

— Nonl...

— Est-ce donc du jour où le marteau du bourreau nous riva tous deux à la même cbalne ?

— Non... cherche encore... cherche toujours...

Sanselmefrissonna.il reculait lui-même devant ses souvenirs.

— Alors, vous voulez que je me souvienne de cette heure d'audace où nous nous jetâmes tous deux à la mer...

— Grftce au dévouement de cet excellent M. Rodibois... Non, ami Sanselme...ily a encore autre chose...

SanseliNC était livide. De grosses gouttes de sueur perlaient à son front.

— Je ne sais rien de plus, dit-il d'une voix rauque

— Allons donc! As-tu donc bu de cette liqueur antique qui donne l'oubli?... Oui, nous avons couché, àlaForce, surla même botte de paille... oui, à Bicêtre, on nous a ferrés du même maillon... à Toulon, nous avons courbé l'échiné sous le même bâton du même garde-chiourme... et nous nous sommes enfuis par le même sabord... mais ce n'est pas toutl Et nous nous sommes rencontrés encore une fois I

— Assez I oh ! je ne veux plus que ce souvenir...

— Pourquoi donc? puisque moi je n'en ai pas peur... Eh bien Sanselme...

Et durant cela, Benedetto se tenait droit, de toute la hauteur de sa taille, les yeux fixés devant lui, comme s'il eût bravé quelque fantôme.

— Eh bien, Sanselme I je veux que tu te rappelles ce qui s'est passé au Beausset !...

— Non... non... ne parlez point de cela...

— Il le faut... car c'est pour cela... pour cela seulement que je suis venu te trouver ici, la nuit... au risque de me rompre le cou... 11 me.tallait un témoin de ce qui s'est p«i6sé là-bas... ce témoin, c'est toi I...

— Mais que voulee-vw» doao? que pré-

tendez-vous donc, s'écria Sanselme avec désespoir. Si je parle, c'est l'cchat'aud...

— Bah I cela me regarde... à .îliacun ses affaires, n'est-il pas vrai?... seulement réponds à mes questions... franchement!

Je compte sur toi, car, ajouta Benedetto en ricanant, tu m'as tout l'air d'être redevenu honnête homme... Oui ou non, te souviens-tu de la nuit du 24 février 1S39 I...

— Oh ! il le demande I fit Sanselme en laissant tomber sa tête dans ses mains.

— Il y avait au Beausset une petite maison derrière l'église...

— Oui, je sais... après?

— n advint qu'un certain personnage...

dé ma connaissance... était tranquillement occupé à ses affaires dans une chambre de cette maison... il était venu exprès de Toulon pourcela... et le diable m'emporte I cela en valait bien la peine, puisqu'il s'agissait d'un million !

— Je n'ai rien reçu, s'écria vivement Sanselme, avec un geste de dégoût et de protestation.

— C'est convenu... tu es le désintéressement en personne... mais moi j'avais pris... et je tenais à garder... J'allais donc m'esqui ver fort paisiblement en emportant le magot... quand la malechance a vculu qu'on vint me déranger.

— Ohl encore une fois... s'il vous reste l'ombre d'un sentiment humain... taisezvous !...

Benedetto haussa les épaules et, toujours impassible, continua :

— Deux personnes montaient l'escalier... je m'étais blotti derrière la porte, le couteau prêt... La porte s'ouvrit... et une forme se protila dans l'ombre...

et je frappai 1 Je sentis que la lame disparaissait tout entière dans une poitrine...

— Mais infâme! cette poitrine... c'était celle de ta mère !...

— Allons donc ! voilà enfin que la mémoire te revient, fit cyniquement Benedetto. C'était ma mère 1 comment le saistu?...

— J'avais rencontré cette femme sur la route... aux gorges d'Ollioules...

— Et elle t'avait raconté son histoire...

— Elle m'avait supplié de l'aider à sauver son fils...^t moi, j'y avais consenti, parce que je savais que ce fils, c'était toi!

— Et, fit Benedetto avec une certaine inquiétude, t'avait-elle dit son nom?...

— EUle ne m'avait rien caché... je savaif que l'enfant —le misérable qu'elle voulait arracher au bagne et qui allait l'as-

— Trêve de phrases I cks faits, rien que des faits ! . . .

- Que cet enfant était le fruit d'une faute.

— Bien... très bien !... et son nom?

— Elle me lavait confié, en me faisant jurer de ne le jamais révéler à personne...

— Admirable I ma parole ! Ainsi elle croyait à un serment de forçat ?

— Je l'ai tenu... jamais je n'ai parlé...

— Tu es un héros... mais ce nom, tu peux bien me le dire, à moi !..

— Pourquoi donc ! fit Sanselme avec énergie. Si tu me demandes ce nom, c'est paice que tu veux commettre quelque nouvelle infamie... tune le sais pas, je ne te le dirai pas...

Benedetlo éclata de rire :

— Tu me crois bien naïf. Je voulais seulement savoir si tu ne l'avais pas oublié... Cette femme s'appelait M"' Danglars...

Sanselme laissa échapper un cri. Il avait t'spéré pouvoir paralyser quelque dessein ténébreux qu'il ne devinait pas encore. Il était vaincu. Il n'osa pas nier.

— Eh bien I voici que j'ai répondu à tes qiiostions, fit-il tristement. Est-ce tout? et ne vas-tu pas me laisser maintenant...

— Oh 1 pas encore I Gomme tu es pressé ! en vérité, on dirait que tu n'as pas eu plaisir à me retrouver. Et pourtant nous avons été bien liés ensemble... par une chaîne de fer!

Sanselme eut je ne sais quelle illusion subite '.\près tout, il n'avait jamais fait df mil à Benedetto. En prison, il lui avait épirgné les mauvais traitements; au bagne, il l'avait aidé à s'évader; pourquoi Benedetto aurait-il été son ennemi?

— Voyons, Benedetto, reprit-il plus doucement. Il est très vrai, je le confesse, que, dans la nouvelle vie que je me suis faite, les souvenirs du passé me sont profondément pénibles. Je voudrais oublier ! et pourtant je ne le puis ! Donc, je "me souviens... Cette scène que tu me rappelles est de celles qui m'ont fait la plus douloureuse impression.

— Je le crois bien ! tu voulais me tuer !

— Ne parlons plus de tout cela. Evidemment, tu es venu "me demander un service. 'Tu n'as pas plus d'intérêt que moi à ce qu'on sache qui nous avons été. Ms-moi ce que t i veux, et dans la limite du po>siltlb,je 11 ferai '.

~ P»4dieu I mous Sanselme, tu deviens raisonnable I Ah ;A I qu'est-ce donc que celle (luuvelle vie dont tu parles avec tant de 'louceur dans la voix?... Tiens! tiens I

tu as toujours été amateur du beau sexe., elle est gentille, la petite ! est-ce que!... Sanselme bondit, et lui saisissant le poignet :

— Benedetto, si tu tiens à la liberté, si tu tiens à la vie, pas un mot de plus !...

— Parce que? demanda ironiquement le fils de Villefort.

— Parce que, reprit avec une froide énergie l'ancien maître de Rodibois, mon sort peut être entre tes mains; demain tu peux, par une lettre anonyme, me dénoncer au parquet, de sorte que l'ancien forçat Sanselmesoit arrêté et renvoyé au bagne... Fais cela, et je ne t'en voudrai pas!... mais je te défends, je te détends, entends-tu bien, de dire un mot — un seul — qui puisse toucher à l'honneur de celle 'jui est dans cette maison.

— Tu me défends ! Sais- tu bien que tu le prends d'un peu haut, maitre Sanselme !...

— Je le prends comme il faut. Pas de fanfaronnades, ni de ma part, ni de la tienne. J'ai dit ce que j'ai dit I...

— Et s'il ne me plaisait pas de l'obéir...

— Je te dénoncerais, au risque d'ôtre pris moi-même...

— Et moi, je te dis ^^ue tu ne le ferais pas....

— Ah ! tu ne me connais pas ! Oui, j'ai été un bandit, plus infâme, plus condamnable que celui qui attend le voyageur au coin d'un carrefour... Revêtu jadis d'un caractère sacré, j'ai abusé de min ministère pour assouvir des passions* inavouables... Je sais tout cela !... Mais aujourd'hui, j'ai renié ce passé ignoble .. Tu peux rire, je suis un honnête homme. . je me suis dévoué tout entier à un être frêle qui n'a que moi au monde, et poui* le défendre contre tous — et contre toi — je suis prêt à tout... même à son mépris, c'est-à-dire au plus horrible des supplices... Car si elle savait qui je suis, elle me mépriserait !...

Benedetto l'avait laissé parler, ayant toujours aux lèvres son sourire ironique.

'fout à coup, et comme changeant soudain de sujet de conversation :

— Dis donc, as-tu ici, encre, papier, plumes, tout ce qu'il faut pour écrire, comme l'on dit au théAtre ?...

— Oui... mais à quoi bon?...

— Donne inoi cela d'abord... Je te le dirai apras...

Machinalement, — heureux avant tout qu'il ne fût plus parlé de ce Jo qu'il défendait si énergiquement, s mselme dépostt sur son lit ce qui lui était demandé

LR KII.S DE MONTE CRISTO

U aperçut un corps éteûdu.

Liv. 85.

— C'est bien, fit Benedetto. Maintenant, sliei fimi, aie l'obligeance de prendre la plume...

-Moil...

— uh I ce ne sera pas long. A peine quelques lignes... Ça sera bientôt fait.

— Que veux-tu donc que j'écrive?...

— Rien que de très vrai. Ce que tu m'as raconté tout à l'heure.

— Explique-toi plus cmirement...

— C'est pourtant bien simple. Mais, mieux que cela. Je vais te dicter.

Sanselme le regardait effaré. Benedetto, debout, se penchiiit derrièie lui.

— Ecris : Le 24 février 1839, Benedetto, forçat évadé du bagne de Toulon, a assassiné — sciemment — M"" Danglars... sa mère.

— Mais c'est hideux ! s'écria Sanselme. Non, je n'écrirai pas cela...

— Songe bien que je t'en prie... et que tout à l'heure je vais te l'ordonner...

— Et il faudrait que je signe cela?...

— Oh ! je n'y tiens pas absolument... tu mettras un nom, le premier venu...

Certes, tout cela semblait facile. Et pourtant Sanselme hésitait.

— Non, fit-il enfin, je refuse. Je ne comprends pas quel usage tu veux faire de cette pièce. Mais je te connais; U y a là quelque machination infâme dont je ne veux pas me rendre complice...

Benedetto sourit :

— Voyons, fit-il, avec un ami, il me répugne d'employer les grands moyens.

Ecoute, je sais que tu n'es pas riche...

Et comme Sanselme protestait d'un geste :

— J'étais là, reprit Benedetto désignant la fenêtre, j'étais là depuis quelques instants déjà quand tu t'es décidé à m'ouvrir... Je dois te dire que l'hôtel du'comte Vanelli touche à cette maison... et que j'ai pu facilement, de ma chambre, arriverjusqu'ici... Or, pendant mes quelques minutes de faction, je t'ai vu soupeser ta fortuiie...

Involontairement Sanselme jeta un regard vers la malle qui contenait son maigre trésor.

— Oui, justement, fit Benedetto; c'est là-dedans que tu sen-es ta fortune... quelques louis et un ou deux chiffons de papier..

— Je ne demande rien...

— Mais j'offre, moi.

BenHetto tira de sa poche un élégant tortcfeuille, et y prenant une dizaine de billots de mille francs, il les posa en éventail sur le misérable lit :

— Ecris et signe le certificat de boonee

vie et mœurs que je te demande... et cela est à toi!...

Sanselme devint pâle. On eût dit que Benedetto lût dans son âme troublée

Quoi! c'était au moment où il désespérait, où la misère lui apparaissait, effrayante, non pour lui, mais pour celle qu'il eût voulu arracher au besom... c'était à cette heure même qu'une somme aussi forte lui était doimée...

— Ecriras-tu? demanda Benedetto.

Résolument, Sanselme trempa sa plume

dans l'encrier et commença.

Mais je ne sais quelle voix irtérieure lui criait qu'il avait tort. Il agissait sans comprendre, il est vrai. Il lui semblait qu'il n'eût rien à risquer; car, après tout, il disait la vérité. Oui, dans ce que lui avait dicté Benedetto, U n'y avait pas un seul mot de faux. Pourtant Beuedetlo l'épouvantait.

Ah I si Sanselme eût été seul, s'il n'eût risqué que son propre repos, certes il n'y aurait pas regai'dé de si près. 11 avait couru dans sa vie bien d'autres risques.

Mais il avait l'instinct qu'il commettait là une action mauvaise...

Et ce n'était pas sur lui qu'elle retomberait, mais sur elle... elle!...

Cependant cet argent le fascinant, il avait déjà tracé quelques mots.

Soudain, ce fut comme un réveil, il lança la plume loin de lui en répétant :

— Non! je n'écrirai pasi reprends cet argent, Benedetto! Il me porterait malheur...

Benedetto laissa échapper un jurement furieux. •

Puis, saisissant la plume à son tour, il se pencha et écrivit deux lignes rapidement.

Etlesmettant souslesyeuxdeSanselme :

— Tu écriras ce que je te demande, ditil, ou bien moi j'écrirai ceci...

Les deux lignes commençaient par ces mots :

— Celle qui porte le nom de Jane Zild est...

Sanselme n'acheva pas. Poussant un cri de rage, il se jeta sur Benedetto.

Mais celui-ci le repoussant brutalement, le renversa à demi sur le lit.

^- Pas de bêtises ! dit-il. Ou tu écriras, ou bien moi. Demain, j'enverrai cette note à certains journaux que je connais...

Ecrasé, le visage livide, Sanselme semblait ne pas entendre

û avait plongé ses deux mains dans ses cheveux et se déchirait le crâne de ses ongles. •

Il resta ainsi quelques secondes, regardant le vide, comme foudroyé.

Puis, il se courba et d'une plume hâtive, îi écrivit.'la, formule que Benedetto lui avait dictée.

— Et si je te donne ceci, dit-il d'une voix étranglée, tu me jures, n'est-il pas vrai: tu me jures... par quoi donc!... Car, mon Dieul il ne croit h rien!...

— .Mon cher ami, dit Benedetto, voici qui vaut mieux que tous les serments. Je n'ai aucun intéj et, ei il appuyait lentement sur les mots, aucun intérêt à troubler ta quiétude ..

Du reste, Sanselme ne résistait plus.

La révélation dont Benedetto l'avait menacé, l'avait brisé.

Benedetto s'empara de l'écrit de Sanselme, le parcourut des yeux, et eut un sourire sinistre :

— L'imbécile l'a signé de son nom!

pensa-t-il. Bah! cela vaut peu!-ctre mieu:? ainsi!

Un instant après, et sans que Sanselme eût songé à le retenir, Benedetto avait disparu par la fenêtre qui lui avait donné accès.

Sanselme resta longtemps stupide, sans faire un mouvement.

Tout à coup ses yeux tombèrent sur les billets de banque que Benedetto n'avait pas repris.

Il eut un soubresaut, et les saisissant h pleines mains :

— Fuir! s'écria-t-il. Oui, il faut fuir! sans perdre une mimite!... il sait tout, ce démon! oh! Jane! ma Jane!...

11 parlait seul, à mots entrecoupés :

— Qui me répond de son silence?... Rien! Il n'y a pas à hésiter!... Oh ! elle consentira... elle m'obéira... quelle iicure est-il?... Quatre heures! nous pouvons prendre un train à sept heures... Ou irons-nous? en Angleterre... en Amérique! Oui, c'estcela, en Amérique!... L<à, elle se refera une vie nouvelle... Allons! du courage!...

Il se redressa. Son visage — par un effort de volonté — reprenait son calme. Il alla à la fenêtre et se pencha. Plus rien. Il y avait un chenal offrant un chemin facile jusqu'à l'hôtel qui était adossé à la n'.aison de la Vollard.

C'était par là que Benedetto était venu. Il avait disparu.

Sanselme eut un soupir de soulagement.

Puis il regania autour de lui et dit avec un sourire triste :

— Parbleu ! mes bagages ne seront pas longç à'apporterJ mais Jane! il vaut mieux quejo la réveille, que je l'avertisse.

11 s'arrêta, rétléchissant.

^Que lui dirai-je? Bah I elle est docile, •lie oroit en moi. Je lui parlerai d'un dan-

ger qui me menace. Elle ne refusera p:n iie partir. Aucun intérêt, d'ailleurs, no l.i retient à Paris. C'est cela : nous s'ommea sauvés!

Avec des précautions infinies, craig.iant les oreilles indiscrètes, il ouvrit la jiorte de sa mansarde et se pencha sur l'escalier.

Personne. Tout était silencieux et tranquille.

Il (Ic-.scLiiiiil à pas de loup, s'arrètant ne moment en moment pour prêter l'oreille.

U parvint ainsi au premier étage, et s'approcha de la porte de Jane.

H toucha le panneau de la main pour gratter et attirer son attention...

Le panneau coda sous ses doigts.

La porte était ouverte...

Sanselme sentit une sueur froide l'inonder tout entier.

Il ouvrit la norte toute grande, et se précipita dans l'appartement.

La chambre .lait vide.

Jane avait >!isparu.

Sanselme chancela, puis, avec une effrayante inquécatiou, il revint sur l'escalier et desi eudit... La porte de la rue était également ouverte...

.\ demi fou, Sanselme s'élança dans la rue.

Page 1