‹ Le fils de NemoursChapitre 27 sur 56 · JACQUES D’ARMAGNAC, LE GORGIAS · texte numérisé non relu

JACQUES D’ARMAGNAC, LE GORGIAS

PIERRE LE GORGIAS, entrant à pas lents, un poignard à la main, au fond du tlicâlre.

C’est un rude labeur que d’exterminer l’être. Lorsqu’au seuil de la vie il ne fait qu’apparaître.

JACQUES D’ARMAGNAC

Je suis mieux, maintenant, si mon sauveur...

Se retournant et apercevant le Gorgias qu'il prend d'abord pour Clarins. Avec joie, et courant à lui.

C’est lui !

Remarquant sa méprise. Avec effroi.

Ciel!

Suppliant.

Qui que vous soyez, prêtez-moi votre appui.

Voici bientôt trois mois que mon martyre dure;

Ah ! si vous connaissiez tous les maux que j’endure. Tout ce que dans mon sein je porte de tourment !

LE GORGIAS

Je viens vous délivrer.

JACQUES

Bientôt ?

LE GORGIAS

Dans un moment.

JACQUES, s'approchant du Gorgias,

Que je baise vos mains !

Reculant d'effroi à la vue du •an(' qui couvre les maint du Gorgias.

Ah !

LE GORGIAS

Quoi? Qui vous effraie?

JACQUES, montrant les mains du Gurgias.

Là

LE GORGIAS

Mais où donc ?

JACQUES

Ce sang sur vos mains.

LE GORGIAS, avec indifférence.

Une plaie

Que le froid a rouverte.

JACQUES

Oh ! ne me cachez rien :

C’est le sang de Clarins, et vous voulez le mien.

Du seigneur Boffalo l’ordre est irrévocable.

JACQUES

Pour me punir ainsi je suis donc bien coupable ?

LE GORGIAS

Vous gênez, il suffit.

JACQUES

Je ne veux plus gêner ;

Ma fortune lui plaît, je vais l’abandonner.

Je renonce à mes droits, au palais de mon père,

A tout ce que j’avais, à tout ce que j’espère.

J’irai, s’il le commande, au bord du grand chemin. Moi, le fils de Nemours, j’irai tendre la main.

Le jour, je vivrai seul, errant par les bruyères.

Et frapperai, le soir, aux portes des chaumières.

Page 1