‹ Le fils de NemoursChapitre 31 sur 56 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

JEAN

JACQUES

Ici?

JEAN

Dans ce caveau.

JACQUES

Ciel!

Oui.

Quoi !

JEAN, se jetant dans les bras de son frère.

Ton frère, c’est moi :

Je suis Jean d’Armagnac.

Un grand temps.

JACQUES

Jean, mon ami!

JEAN

Mon frère !

JACQUES

Après tant de douleurs !

JEAN

Oh! l’horrible mystère!

On m’a dit que Nemours, atteint par le Qéau, Venait tout récemment de descendre au tombeau : Boffalo se flattait, sous ce voile exécrable.

De pouvoir nous cacher la main du vrai coupable.

s’apprêtant à sortir.

Mais je sais maintenant ses infâmes projets.

Et je vais en tout lieu dévoiler ses secrets.

JACQUES, l’arrêtant.

Vains efforts ! De tes jours ce méchant est le maître. Dans un même destin nous péririons peut-être.

JE.\N, se rapprochant de son frère.

Eh bien ! auprès de toi je veux du moins mourir : Nous mêlerons tous deux notre dernier soupir. JACQUES.

Oh ! non, c’est assez d’un, mon frère, qui succombe ; Reste, si tu le peux, pour prier sur ma tombe.

JEAN

Mieux vaut t’accompa{];ner là-haut. Ne vois-tu pas Nos parents, dans les cieux, qui nous tendent les bras? Ne me refuse pas la faveur de te suivre :

Il serait trop cruel pour moi de te survivre. JACQUES.

Tu le veux? Nous prendrons ensemble notre essor.

Ils se tiennent étroitement embrassés.

JEAN, les yeux au ciel.

Du ciel nous allons voir s’ouvrir les portes d’or. JACQUES.

Nous allons, ô mon père, imiter ton martyre.

Je vois encore la place où tu semblais nous dire :

« O mes enfants, adieu, je vous attends là-haut, n

J EAN.

Hélas ! nous ignorions que ce serait si tôt !

JACQUES

T’en souvient-il? C’était le matin, un dimanche;

Ce jour-là , nous portions une tunique blanche.

Des bourreaux inhumains, se riant de nos pleurs. Avaient mis sur nos fronts des couronnes de fleurs... Et nous fûmes témoins du sanglant sacrifice;

Il fallut jusqu’au bout épuiser le calice

Il s’arréle, épuisé.

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