SCÈNE I
JEAN DE BELZUNCE, debout devant rermitage, le regard
au ciel.
O célestes flambeaux , admirable splendeur,
Qu’aux plaines de l’espace un pouvoir créateur Suspendit! O divine, ô parlante harmonie.
Mélodieux écho de l’essence infinie !
Souffles des chastes nuits , parfums silencieux , Que la terre en prière élève vers les deux !
Temple immense, où la foi s’agenouille et s’épure Au contact pénétrant du Dieu de la nature ;
Qu’il m’est doux, à l’abri de tout regard mortel. D’épancher chaque nuit mon âme à ton autel.
s'agenouillant.
Océan de beauté, mais que le monde ignore.
C’est pour toi que je vis, c’est toi seul que j’adore. Du jour où ton rayon daigna tomber sur moi.
Je n’eus plus d’autre père et d’autre ami que toi.
Au cœur que tu remplis l’humain n’a plus de place , Et devant ton amour tout autre amour s’efface. Comme on voit ces flambeaux s’éteindre tour à tour Lorsque sur l’horizon paraît le roi du jour.