SCÈNE II
L^ARCH IMAGE (regarde Goudéa s'éloigner, puis frappe dans ses mains. A ce signal paraît) ŒLOHIL
L'ARGHIMAGE Nul ne le fléchira par des raisons,
et quand son cœur résiste à trois années d'alarme, qu'espérer d'un discours ?
Voilà bien le danger des initiations restreintes, qui perdront la Magie, quelque jour.
L'admirable architecte, le sculpteur immortel n'est pas un grand esprit : sublime quand il parle de son art, stupide en toute matière. Oannès lui-même ne l'eût pas incanté!
ŒLOHIL
Ton pouvoir d'Archimage, emploie le conire lui!
L'ARGHIMAGE
Jeune homme qui désire et vieillard qui s'entête, se valent. J'abuserais de ma puissance sacrée, mage sur un artiste qui créa,
prêtre contre l'autorité du père qui, même obscurcie, reste sainte?
Achève ton ouvrage, ô Maître,
fais que j'épouse Izel, fais que je sois heureux.
L^ARGHIMAGE
Silence, ton bonheur ne m'inquiéta jamais.
Nul n'a droit au bonheur que la bête,
pour qui souffrir est sans profit ;
mais l'homme ne grandit que par ses peines.
J'ai protégé^ en toi, la divine présence de l'inspiration poétique.
Tu avais le génie et je t'ai donné la science.
Pour un désir d'amour, tu as refusé la Magie.
Que ce désir qui seul te meut, t'inspire donc !
Trois ans passés, je te rencontrai ici même
te voilà ramené devant cette terrasse, où une étoile fa parlé.
Cette robe de lin te fait l'égal de tous ;
commande par la lyre aux cœurs qui te repoussent.
Cherche donc le bonheur dans l'amour :
les premiers instants sont exquis !
Oh! régner sur une âme, être le dieu d'unêtre, enivre!
Bientôt, jetant ses voiles, l'amour t'apparaîtra ce qu'il est :
la forme attrayante de la douleur.
Alors ! reviens au temple, puriher ta lyre
et la vouer au Dieu unique que je t^ai révélé.
(Œlohil s'agenouille) Je le prie qu^il te garde (il le bénit. Exit).