SCÈNE III
ŒLOHIL (seul).
J'ai séparé en moi, la pure flamme des terrestres instincts,
mon très subtil amour de la concupiscence épaisse :
ma volonté s'élevant par Tenthousiasme
descendra au cœur de Goudea
forte par la pensée, par le désir touchante :
j'aurai ainsi toute la gloire de Sirtella
car durant trois années mon vouloir fut unique.
Langage du mystère que mes yeux seuls lisaient,
mon esprit te comprend, à cette heure.
Ici, elle parut ; ici, elle parla, ici, nos cœurs s'unirent
émus tous deux pour lapremière fois.
O charmante pensée de se dire qu'un être
date de vous, quand vous datez de lui.
Comment te conquérir, maintenant que je t'ai mérité
Izel ! mon Izel ! O toi qui m'as parlé !
Sœur jumelle demeurée à Sirtella
pendant que trois années, studieux néophyte, je sus mériter mon desti
C'est ton rayonnementqui soutint mon courage
de pieux musicien, pendant les épreuves magiques :
sur moi, sans cesse, je sentais la clarté de ton cœur,
et ce fluide pénétrant me donna la victoire,
sans que je puisse dire comment
THEATRE DE LA ROSE-CROIX
tu m'envoyais ainsi ton âme, Izel ! mon Izel !
Le conseil de Douzi, je Tai suivi,
et l'unique désir me remplit et une étoile me parla!
Maintenant je suivrai l'avis de Tarchimage
j'enchanterai Tàme de Goudea.
Vous, Samas et Nebo, soyez mes génies assistants.
Un rayon du soleil qui décline
vient d'éblouir mes yeux, présage de Samas.
Si Goudea passait, devrais-je me jeter à ses pieds?
O pensées sans raisons et sans ordre qui vous heurtez en moi.
laissez l'une de vous, la faste et l'excellente, seule percer,
idée salvatrice surgis : assure mon âme troublée?
ou bien dois-je vaciller encore
parmi les partis inconsidérés qui m'obsèdent !
Intuition sainte, absente maintenant, éclaire-moi!
(un son de corne, puis la voix du)