SCÈNE IV
IZEL (sur la terrasse, comme au premier acte).
Mon père rend justice à tous, aujourd'hui, pourquoi pas à sa fille?
Selon cette sagesse qui l'a rendu aussi célèbre que ses édifices ;
Goudea, tout à l'heure éteindra la prévention
et ses sentiments propres ; il jugera selon Merodack,
et toute plainte qui lui sera portée, se verra entendue.
Je viendrai confier ma détresse à sa grande équité ?
Fille du patesi, je suis, à Sirtella, la seule victimée.
A peine mon destin eut une forme, un nom,
au premier battement du vrai désir, ce même père.
docile aux moindrer> caprices de l'enfant, mecontrista sans trêve. Mais récho de ta voix, de tes douces paroles, Œlohil, vibre toujours dans l'ombre de mon cœur : un radieux espoir m'envahit à cette heure.... Voici le doux anniversaire,
la nuit revient où me fut révélé le saint mystère.
Depuis ce moment adorable, ma pensée a vécu vers lui :
écoutant le silence, jy devinais sa voix.
Jour éclatant que je fuyais naguère
je viens à toi, car la suave paix, sur moi descend.
Astres Dieux, despotes des humains
quelqu'un de vous a soufflé sur mon âme :
aucune joie ne nous vient que de vous,
et je suis envahie d'allégresse.
Toi que j'attends depuis trois années, que j'attendrai toujours,
Œloh'l, es-tu donc près de moi, revenu et vainqueur.
Zéphyrs, prenez à mes lèvres mon soufle de fleur
et l'emportez là-bas aux lèvres adorées d'Œlohil,
aux lèvres attendues^ aux lèvres bien-aimées ! Œlohil, Œlohil î
(Elle quitte la terrasse).