‹ Le fils des etoilesChapitre 25 sur 32 · SCÈNE VI GOUDEA. — LES ANCIENS. — IZEL, (voilée · texte numérisé non relu

SCÈNE VI GOUDEA. — LES ANCIENS. — IZEL, (voilée

GOUDEA

Que veux-tu de Goudea, femme?

Pour me porter ta plainte, n'as-tu donc pas d'époux ?

(signe négatif dlzel) Tu as un père ? (signe afïirmatif d'izel). Ton seul juge c'est lui, (signe négatif d'izel).

°J'u accuses celui qui t'engendra? (signe plus affirmatif).

Pèse bien ton audace ; le père doit être comme un Dieu pour Tenfant ?

Je siège seulement pour l'orphelin, la veuve !

Persistes-tu ^ Ainsi, tu accuses ton père ? (Signe affirmatif).

Ma fonction m'y force ; je jugerai ; dévoile-toi !

IZEL (se dévoile).

Justice, Patesi! Nobles vieillards, justice !

GOUDEA

Opprobre sans nom, démence de l'amour !

vieillards, plaignez-là ! plaignez-moi ! elle est ensorcelée l

IZEL

Justice, Patesi ! Nobles vieillards, justice !

Est-ce le droit du cœur, de battre

jeune vers la jeunesse, tendre pour un poète?

Le respect filial veut-il qu'on renonce au bonheur,

quand ce bonheur s'appelle aussi la gloire?

Certes, le père est juge de la dignité d'un époux !

Si je souhaitais un horrible guerrier, un ninivite

il devrait résister à mon honteux désir.

Celui que j'aime n'est pas fils de Nergal;

Gomme mon père artiste, il incante par la lyre,

ces mêmes Dieux dont Goudéa a dressé les heureuses demeures.

J'ai échangé ma foi avec ce Kaldéen que vous connaissez tous.

Œlohil ! pâtre comme fut mon père, mérita même honneur.

L'archimage d'Ereck devinant son génie, l'emmena.

A cette heure, il me mérite parla sagesse et Tétude ;

et lorsqu'il reviendra portant la robe sans ceinture

et la mitre, vous verrez Goudea, dire au porteur de lyre :

«Tu n'as pas entes mains, l'étalon des mesures. »

Les Dieux mêmes président à des œuvres diverses,

Samas et Sin sont les poètes, Adar et Merodack, les prêtres et les sajs.

Nebo commande à la subtilité comme Istar à l'amour.

Mettriez-vous dans la main de Nergal une lyre,

uneépée dans celle de Adar.

Ce sont de puissants Dieux, pourtant !

Anciens de Sirtella, répondez,

mon père inquiet seulement de terminer ses édifices, me sacrifierait à son art. Répondez ! le doit-il ! Justice, Patesi! Nobles vieillards, justice !

GOUDEA

Ils ne répondront pas. De son sang le père seul décide selon un droit divin. Sans répondre à ta rébellion folle, il n'est pas dit que ce chanteur revienne, mitre en tête. Sur lui, pèse mon anaihème,

IZEL

Quand tu le maudissais, je regardais le ciel, aucune étoile n'a passé.

GOUDÉA (il lui tend les bras)

Je te pardonne, ô chère possédée, misérable charmée !

IZEL (se redressant^

Œlohil ? Est-ce-toi ? Quelle magie ?

GOUDÉA

Voyez comme elle tremble. On dirait un oiseau fasciné Justes Dieux, pourquoi frapper ainsi ma vieillesse ? Je suis pieux, pourtant !

THÉÂTRE DE LA ROSE-CROIX

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