‹ Le Fils du bravo, comédie-vaudeville en 1 acteChapitre 2 sur 19 · N INK J I A · texte numérisé non relu

N INK J I A

Que veux-tu dire T

JACCOPPO.

Je veux dire. Ninella. que je suit un montre; je lui* un malheureux qui dois te demander pardon de l’avoir connue, de t’avoir aimée. d'avoir... séducteur que j’étais, passé lanl de nuits à me morfondre sous ta fenêtre adorée, et d’avoir su le plaire, Ninetta.

NINETTA

Et pourquoi cela ?

Pourquoi? pourquoi? parce qu'il était autrefois i Venise un citoyen masqué , qui , pour une ; somme d’or, vous débarrassait d'un ennemi en lui procurant la mort d’une manière ou d'une autre, suivant le goût de ses pratiques .. il enlevait aussi aux mères leurs filles, aux amans leurs i maîtresses, aux enfans leurs papas, aux maris leurs femmes, toujours pour ses pratiques, et faisait enfin tout ce qui concernait son état, le ; tout au plus juste prix.

NINETTA

C’était un bravo.

JACCOPPO.

Et ce bravo, c’était mon père !

NINETTA

Après?

JACCOPPO.

Comment, après?.,, ça ne lesuffit pas?... tu ne : t’évanouis pas?

NINETTA

Je savais tout cela, Jaccoppo.

JACCOPPO.

Tu le savais, et tu ne m'as pas repoussé du pied comme un serpent reptile et rampant?

ninetta

Non, car, après tout, ce n’est pas ta faute, à toi, si ton père avait un drôle de métier.

Oh! je l'ignorais moi-même; car, depuis l'âge de dix ans, mon père m’avait éloigné de lui J’habitais Naples, où j’étais à la fois pêcheur et heureux comme le goujon dans l'eau douce, quand j’appris sa mort. Je vins alors ici. à Venise pour recueillir mon patrimoine .. quel héritage, grand Dieu! cel édifice, son masque et sa bonne épée. A mon arrivée, j'ai tout appris; chacun m'a repoussé. croyant que j'étais a mon tour le bravo de la ville. J'ai voulu travailler pour vivre, et les pêcheurs se sont amusés à couler ma barque a fond; ils ont joué à déchirer mes filets, sous le prétexte ridicule que je u’avais pas besoin de manger de poissons, vu que je m'engraissais du sang de mes semblables... c’est étonnant comme je suis gras!

NINETTA

Te maltraiter ainsi, lui, innocent agneau, qui ne marcherais pas sur une bêle a bon Dieu!

JACCOPPO.

C'est au milieu de toutes ces tribulations qu'en passant devant la boutique de ta maltresse, au ! coin du grand marché, je suis entré pour acheter du macaroni... je te vis, toi. pauvre orpheline aussi... je devins aimable.

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