XI. — Le passage du comte noir
Il y avait vingt ans que le comte de Blulhaupt et sa femme étaient morts, assassinés, dans celte chambre. Mais, à part les cadres d'or, enlevés par une maiu rapace ou jalouse, le temps n'y avait rien changé.
Nous eussions reconnu, autour de la vasie cheminée, les sièges où s'asseyaient, dans la nuit fatale de la Toussaint, Zachœus Nesmer, le roide iniendant de Bluthaupt, le gros physicien Fabricius Van Praël, et le docteur portugais José Mira préparant son élixir de vie. A droite de Tâire, se dressait le haut fauteuil armoiié où reposait d'ordinaire le maître de Blulhaupt.
Dans l'embrasure de la fenêtre, donnant sur la cour, nous eussions reconnu encore la place où Hans Doni le page et la servante Gertraud s'entretenaient pendant que la comtesse Margarellie gémissait derrière ses rideaux.
Au centre de la pièce, enfin, nous eussions retrouvé sur le parquet cette tache noirâtre que le doigt tremblant de Gertraud avait montrée au page et qui marquait la place où les trois Hommes Rouges, sortant de terre, avaient jeté mort, une certaine nuit, cet hôte mystérieux de Bluthaupt qui portait le nom de baron de Rod.wii.
LES BATAUDS DE BLUTllAUPT. ÔD
Durant vingt années d'abandon, une épaisse couche de poudre avait recouvert la trace funèbre; mais, quand le château s'était paré pour la fête, la tache de sang avait reparu sous !a poussière.
La peii'e porte de l'oratoire oii la comtesse avait son prie-Dieu était condamnée ou du moins fermée en dedans, et Franz en ignorait l'usage.
Le matin, quand les premiers rayons du crépuscule échiiraient peu à peu le sommeil de Franz, si quelque vieux et fidèle vassal de Bluihaupt avait pu pénétrer à rimprovisie dans cette chambre, il eût été saisi d'une étrange illusion.
Ces vingt ans écoulés n'élaient-ils qu'un rêve? Ce visage délicat et doux dont le repos souriait parmi les longues boucles d'une chevelure blonde, n'était-ce pas le visage de Margarethe?...
De Margarethe, heureuse, jeune et n'ayant pas encore appris les larmes!
Ce ne pouvait êire assurément ni le chevalier de Reinhold ni aucun de ses complices qui avait choisi, pour la donner à Franz, l'ancienne chambre de la comtesse. Ces rapprocliements sont pénbles, en elTeî, aux âmes les plus endurcies, et l'on ne pouvait voir là qu'un hasard.
L'appartement de Lia faisait en quelque sorte pendant à cette pièce; il était seulement plus petit et tout récemment orné à la moderne. Comme celui de Franz, il regardait d'un côié la campagne, de l'autre il donnait sur une cour inîérieure où s'élevait la chapelle deiiii-ruiiiée des comtes.
C'était la jeune (ille elle-même qui avait choisi celte reiraiie, et sans doute elle avait éié guidée dans cette préférence par un vague désir de solitude, car le reste de sa famille s'était établi dans l'aile opposée du château. Les Geldberg et leurs associés occupaient cette suite d'appartements qu'avait fait arranger autrefois, pour son usage, l'intendani Zachœus Nesmer.
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Si Lia cherchait en effet la solitude, il lui aurait é!é difficile de tomber mieux : sa chambre n'avait pour voisine que celle de Franz, dont elle était séparée par une épaisse muraille. Elle était, du reste, entièrement isolée et formait l'extrême pointe du chàicau, du côté des grands bois qui entouraient l'ancien village de Bluthaupt.
Pour préciser mieux, nous dirons que l'une de ses fenêtres, dominant la partie basse du rempart, était située immédiatement au-dessus de cette rampe abrupte où les Ilotes de Geldberg avaient vu la fantastique apparition des trois Hommes Rouges pendant le feu d'artifice.
Tant que durait le jour. Lia ne profilait guère de cette solitude. Elle était forcée de se mêler trop souvent à la foule des invités, et quand elle pouvait s'esquiver sans rompre en visière aux convenances, Denise venait bien vite lui (icmander asile.
Mais, le soir, elle était seule. Tandis que les salons du château resplendissaient de lumières et de parures, on eût pu voir du dehors une faible lueur briller à la fcnêire de Lia.
Ces heures de la nuit étaient à elle. Denise, heureuse, retrouvait Franz au milieu des plaisiis de la soirée; elle n'avait plus besoin de Lia. Lia pouvait s'enfuir et fermera double tour la porte de sa chambre.
Elle était là si loin de la fête, que les échos joyeux n'arrivaient plus jus(|u'à ele.
Derrière celte |)orie fermée, il n'y avait que le silence; au delà des fenêtres, la campagne déserte et noire, où les cimes hautes des mélèzes se balançaient lentement au vent d'hiver, la cour abandonnée et la bise pleurant dans les ogives dépouillées de l'antique chapelle.
Tout cela était bien triste; mais ce n'était pas à cause de cette tristesse que le cœur de la pauvre enfant se serrait.
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A peine avait-elle dépasst^ le seuil de la porte et poussé derrière olie le verrou protecteur, que tout son COU! âge factice tombait. Elle s'asseyait, brisée, au pied de son lit, et ses yeux, qui naguère encore souriaient, se baignaient tout à coup dans les larmes.
Un nom venait sur sa lèvre, toujours le même, hélas! ce nom, qu'elle avait prononcé avec nn élan de joie si ardente en voyant le baron de Rodacli debout an milieu (lu salon de riiôicl de Geklberg.
— Oilo! Oiio'...
Mon Dieu! (|u'avait-elle fiit pour tant souffrir?.,.
Oito ni' Taimaii plus; elle se souvenait de son dernier regard, où il n'y axaitcpi'une pitié sévère. Et, dedepuis lors, des ^eula=nes s'étaient écoulées; eile avait vu une fi)is, une seule fois, !e matin du mardi gras, Oito rôiler dans les environs de l'iiôiel.
Mais il n'éiaii pas entré, et pas nn mot depuis!...
Elle n'avait point oublié. C'était au moment même où elle apprenait à 0"o le nom de son père que le visage de celui-ci avait pris tout à coup cette teinte sombie et froide. Auparavant, il semblait si joyeux de la revoir!
Y avait-il donc une malédiction mystérieuse sous ce nom de Gcldbeiti?
Lia ferinait les yeux de sa conscience et ne voulait point réfléchir, elle avait peur de trouver trop bien la cause de l'abandon d'Otto; ce qu'elle savait de son amant, et de la mission (ju'il s'était imposée en celte vie, ouviait tout un horizon à sa pensée; mais elle se détournait de cet horizon avec terreur, elle aimait mieux rester aveugle et douter.
Parfois d'ailleurs, et c'étaient les seuls moments de joie qu'elle eût dans sa retraite, parfo s son esprit se révoltait contre le soupçon odieux. N'était-ce pas un homme vénérable que Moïse de Geldberg? n'était-ce pas un saint vieillard, un patriarche?
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Elle s'était trompée, elle s'était enlomée d'effrayants fantômes, alors qu'il n'y avait dans la réalité que deux semaines de séparation et de silence.
Otto reviendrait, Oilo l'aiuiaii; oh! elle avait tant prié Dieu!...
Ses mains blanches et pâles se joignaient; ses grands yeux noirs se levaient vers le ciel; ses larmes se séchaient sur sa joue brûlante.
Elle était belle, appelant ainsi la prière à son aide, et offrant sa douleur à Dieu, comme un sacrifice; quelque chose de saint repos;ut parmi l'exquise perfection de ses traits. Elle était belle, si beVo, qu'on se sentait pris, en la regardant, par de vagues tristesses.
Les poêles disent que la beauté trop parfaite est, comme le génie trop puissant, un présage de malheur sur notre pauvre terre.
Ils semblent, le haut génie et la beauté divine, égarés dans ce monde qui n'est point leur pairie; ils passent , mélancoliques et fiers, gardant le secret de leurs souffrances et aspraut à la mort, comme d'autres espèrent le bonheur.
Il y avait dans le secrétaire de Lia une petite cassette en bois de rose, que nous avons vue ouverte et dispersant son contenu précieux sur une table, dans le pavillon de gauche de l'hôtel de GeUlberg.
A ses heures solitaires, Lia rouvrait sa cassette aimée, et lui demandiiit des consolations; elle relisait ces lettres, dès longtemps apprises par cœur, où Otto ]ui parlait d'amour.
Comme il sav.iii parler l'amour! comme chacune de ses paroles descendait vite au fond de l'âme!
Toutes les joies rêvées jadis revenaient, radieuses, des joies célestes, de pures tendresses, l'idée qu'un ange peut se faire du paradis!...
La fouie, fatiguée, cherchait déjà le sommeil après le plaisir, que Lia restait debout encore, veillant à la
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lueur de sa petite lampe et relisant les pages adorées.
Pendant les dix on douze premières nnils de son séjour au château de Geldbero:, rien n'était venu troubler sa so iiude. Un soir, elle s'arrêta, effrayée, au milieu de celte lettre, chère entre toutes, où Otto la suppliait à genoux de l'aimer.
C'était pendant le magniliqiie feu d'artifice, offert par la maison de Geldberg à ses hôtes.
Lia s'éioit esquivée, suivant son habitude, pour se donner entière à ses pensées, qui n'étaient point celles de la foule.
Elle tournait le dos au feu, qui resplendissait au delà de sa fenêtre, et dont les lueurs vives jetaient jusque dans sa chambre des clartés éblouissantes.
En un moment où les jets de lumière faisaient tiêve, il lui sembla entendre sous ses pieds un bruit étraîige. C'était quelque chose de semblable à cet autre bruit qu'elle entendait naguère, à Paris, sous le pavillon de i'hôiel.
Ce bruit, qui revenait jadis chaque jour, le matin à ïieuf heures et le soir à cinq heures, la poursuivaitil jusqu'au château de Geldberg?
C'était bien la même chose : des pas sourds et lents qui leteniissaieiit sous le pai qu/t même de sa chambre. E le se leva, tremblante, et reprise par ses anciennes terreurs.
Son esprit était frappé d'avance, et son courage, qui s'épuisait à souffrir, ne pouvait plus rien contre ces vagues épouvantes.
A Paiis, elle quittait sa chambre, la nuit, et se réfiigiait dans la parte habitée de l'hôtel; ici. nul secours à espérer dans sa retraite isolée.
Le bruit se fit entendre durant quelques secondes à peine, puis le silence se rétablit.
En même temps, le feu d'artifice éclata de nouveau, lançant ses gerbes lumineuses tout le long des rem-
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paris. Les niurninres lointains de !a foule arrivèrent jusqu'à l'oreille maintenant aitentive de Lia.
Ce fui tout.
Mais à daier de relie soirée, elle entendit le même bruit cliaqupjour et charjup nuit.
Ce n'était point à des heures régulières, comme à Par s, et, parfois, lorsque la faligue parvenait à fermer ses yeux, vers l'approche du maiiu, elle éiait réveillée en sursaut par ces bruils inexplicables.
De même qu'à Paris elle s'élait informée auprès du jardinier de l'hôel, de nièuie, à Geldberg, elle interrogea les vieux servittnirs du château.
La téponse fut la mê.ne : il n'y avait rien au-dessous de sa chambre qui, formant angle saillant, reposait sur un massif de maçonnerie.
El pourtant on ne pouvait point le nier, ce bruit était ailleurs que dans son inaginaiion; il revenait fréquemment el loujouis le même; parfois Lia croyait ouiV, en même temps que les pas, comme un sonde voix éioudecs.
Elle restait seule avec ses terreurs.
Or, voici ce que disait une des innombrables traditions, accréditées dans le pays, sur l'antique race de Bluihaiipl.
« Le fameux comie Noir, Rodolphe de B'uthaupt, ce diable incarné qui menait à mal toutes les (illes de ses vassaux, aViiit un grand respect pour la comtesse Bcribe, sa feuune, qui était une sainte.
» Ce respect, comme on le pense, n'empêchait point le gracieux seigneur de délaisser bel et bien sa comtesse.
» II faisait pis que pendre, et Berlhe, quoique belle encore, vivait dans l'abandon le plus absolu.
» Mais le comte Noir avait du moins ceci de bon, qu'il prétendait cacher ses excès à sa femme.
» Tous les soirs, à la tombée de la nuit, il fj.saii
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fermer à grand fracas les portes du château : le couvre-feu sonnait au beffroi, et la cous giie des arbalétriers, voiliiuii au dessus du pont-levis, était de mettre à ri:ort quiconque leuierait de sortir, fùi-ce le seigneur comte hii-mème.
» On dit que madame Berihe dormait bien paisiblenieni, sur la foi de cette consigne héroïque.
» Quand les bonnes âaies des manoirs voisins venaient lui palier des déportemenls nocturnes de son seigneur, elle souriait (iiiement dans le haut collet de sa lobe. et niontrait de son doigt blanc la tour de garde où se postaient les veilleurs de nuit.
» Les bonnes âmes en étaient pour leurs avertissements chaiitab'es.
» Mais le diable, en vérité, n'y perdait rien.
» Tous les soirs, une heure après le couvre-feu le comte Koir éieignail sa lampe; il était censé se cou cher. Au lieu de cela, il ouvrait la porte de sa chambre à petit biuil et gagnait, suivi par quatre ou cinq écuyers, mécréants co. une lui, mais les plus joyeux vivants du ii.onde, la chapelle deBlulhaupt.
.) Il y avait un passage souterrain qui commençait quelque part dans la chapelle même ou dans les caveaux funéraires, et qui aboutissait la tradition ne sava.ioù...
>) Suppléant ici à la tradition mal informée, nous dirons que le passage aboutissait deriière le château, sous le rempart, a la place niéme où nos trois \oyageurs de la chaise de poste aux stores baissés avaient formé une manière d'échelle humaine pour atieindre jusqu'au mortier traîtreusement braqué contre !e jeune Franz.
» La légende ne savait point non plus, et, sur ce, nous ne sommes pas mieux instruits qu'elle, si le comte Noir avait fait prati(|uer lui-même le passage souterrain, ou s'il l'avait trouvé tout fait.
» Sincèrement, nous pensons qu'il était bien capable d'en avoir eu la première idée.
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» Quoi qu'il en soii, il en usait immodérément. Do la bouche du passage, fermée par un quartier de ror, jusqu à la pelouse, située de l'autre côté du fossé, la route était dilTicile, mais le coinle et ses écuyers damnésavaient de bonnes jambes elne s'inquiétaientpoini de si peu.
» Tant que durait la nuit, ils couraient les environs à cheval, menant bonne vie dans les cités voisines et défonçant à l'occasion les portes des chaumières.
» Si bien que c'était une calamité dans toute la contrée.
» Filles et femmes y passaient, de gré souvent, de force parfois.
» On ne voyait par les chemins, dit la légende, que petits mendiants sans nom, (ils des œuvres de monseigneur.
1) Le comte Noir mourut, comme il arrive aux bons et aux méchants. Sur son lit d'agonie, il (il confession de ses péchés à madame Berihe et lui donna le secret du passage.
') Ce secret passa de père en fils dans la race de Blulhaupt, sans que jamais profane pût le pénétrer.
» Les comtes mourants le confiaient au fils aîné de la famille, qui le gardait sa vie durant.
» Il y avait pourtant une exception établie en mémoire de la comtesse Berthe, et qui faisait loi dans la famille.
» Pour éviter le renouvellement des débauches secrètes du comte Noir, et afin de se lier les mains à lui-même, tout maîirede Blulhaupt qui prenait dame, la (onduisait, la nuit nièine des noces, dans la chapelle de BUilh;iU|)l.
» Là, sans témoins aucuns, il se mettait à genoux devant la tombe de Berthe cl lirait de sa poche une grosse clé, roiigée de rouille, dont il faisait hommagii à l'épousée.
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» C'était la clé (!u passade du comte Noir, dont la porte s'ouvrait dans la chapelle.
.) Cet usage s'éiaii conservé reliofieii sèment depuis le temps de madame Berllie jusqu'à Guuther de Bluthaupi, qui avait donué la clé à la co niesse Margareihe.
» Ils étaient morts tous les deux, et dans le pays on pensait que la connaissance du passage mystérieux était perdue pour jamais.
« Mais, du vivant de Margarethe et de Gunther, le vieux comte, qui nourrissait pour les bâtards de Bhiihaupl une haine dédaigneuse et obstinée, avait défendu qu'ils pussent franchir jamais la grille du château.
» Margarethe n'avait au monde pour l'aimer que ses trois frères. Timide et faible, elle n'avait point osé ré-mister de front à la volonté de son mari; seulement Klaus, le chasseur de Bluihaupt, avait porté une fois aux trois fi ères un paquet contenant la grosse clé rongée de rouil e
A l'heure oîi Lia de Geldberg entendit pour la première l'ois ce bruit inconnu qui interro npil sa lecture chère el lui causa tant de frayeur, les trois frères de la comtesse Margarethe, Oito, Albert et Goëtz, entraient au château de Geidberg par le passage secret du omte Noir.
La chanson de Gcrtraud.
Les fêtes allaient se succklant sans relâche; les plaisirs du lendemain ne ressemblaient point à ceux de la veille; c'était un génie charmant qui présidait à ces
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joies fnsliionaI)les, e! il semi)Iait que rimagination féconde (les chefs de la maison de Geldherg fût aussi pai failement inépuisable que leur rtiisse.
Le lendeiiiiiin d« fcn d'arlifice, i! y avait eu grande représenlaiion dranialique. Des artisies de premier ordre, aiiirés pai- l'appâi d'une prime roy-ide, étaient venus jouer les pièces ( n vogue sur le ihéàtre improvisé de fie!d!)er?.
Succès complet : pièces et comédiens avaient été applaudis à lout roiDpie. Cliarun élait de si aimable humeur , qi e le Triomphe du Champagne et de l'Amour, glissé par son ingénieux auteur. Ficelle, api es la grande pièce, récolla quelques complaisants bravos.
C'était le second succès de ce joli ouvrage, imprégné d'une morale douce el facile. Vingt ans auparavant, sons le litre de la Bouteille de Cliavipagne, il n'avait été sifflé qu'à demi.
Amable Ficelle, l'auteur principal, et M. le comte de Mirelune.qui élait un peucol'aboraieur, bâillèrent avec trauspoi i dans les bras l'un de l'autre, api es la réprésentation.
Il y avait maintenant une quinzaine de jours que les premiers invités avaient fran<hi le stuil du château. 0<'in26 jouis de léles, c'est bien long; mais le temps avait pa.^sé comme par enchanleiitent, el l'ennui s'était tenu toujours à distance.
Le i)rogi anime s'épuisaii c<'pendani. Ou devait repartir pour Paris sous (|uelqiies jours, et plusieurs commençaient à si niir d'avance que le terme de ces belles féies serait le bien arrivé.
Il restait O.i'iw cho,-es à voir (|ui soutenaient la curiosité émoussce des hôies de Geldbi rg.
Depuis l'aiiivée au château, on avait parlé du grand bal masqué de la mi-caréme , el d'une chasse aux flambeaux dans l'ancien parc des comies.
Le bal devait dépasser toutes les magnificences