LE FRERE ET LA SŒUR
Le comte de Montgarin avait rapporté exactement à José Basco les paroles de Maximilienne. La jeune fille avait dit à Ludovic : « Je suis encore hésitante » : mais elle s'était bien gardée de lui faire connaître la véritable cause de son hésitation.
Maximilienne voulait aimer et être aimée; mais elle voulait aussi le bonheur complet sans un grain d'amertume. Elle avait été attirée vers le comte de Montgarin et, parmi tant d'autres, son cœur l'avait choisi ; le jeune bomme plaisait également au marquis et à la marquise. Pourtant, Maximilienne ne trouvait pas que cela fût suffisant; il fallait encore que son choix fût approuvé par son frère,
Or, c'est en pensant à Eugène qu'elle avait fait au comte de Montgarin la réponse que nous connaissons. En même temps elle prenait la ferme résolution d'avoir avec son frère une explication franche et nette. Aucun malentendu ne devait plus exister entre eux. Eugène avait des préventions, elle voulait les détruire; s'il avait des torts, elle voulait qu'il les reconnût. Bref, elle voulait prendre la main de son frère pour la mettre dans celle de son fiancé.
Après le départ du comte de Montgarin, Maximiliennej fit appeler le valet de chambre d'Eugène.
-«- Dès que mon frère rentrera, lui dit-elle, je vous
prie de lui dire que je désire le voir; il me trouvera dans ma chambre.
— Je préviendrai monsieur le comte, répondit le domestique en s'inclinant.
Un quart d'heure après Maximilienne entendit frapper doucement à la porte de sa chambre. Elle ouvrit elle-mOme. Eugène entra.
— Je rentre à l'instant, dit-il, et, tu le vois, je m'empresse de me rendre à tes ordres.
— Je te remercie, répondit-elle, en lui tendant la main.
— Eh bien, qu'as-tu à me dire ?
Puis s'apercevant qu'elle avait les yeux rouges, il reprit avec inquiétude :
— Qu'as-tu donc, Maximilienne? On dirait que tu as pleuré?
— Oui, un peu.
— Pourquoi?
Elle secoua tristement la tête.
— On t'a fait de la peine : qui? Je veux le savoir, reprit Eugène d'un ton animé.
— Mon frère, c'est peut-être toi.
— Moi, moi! exclama-t-il.
— Oh! sans le vouloir, bien sûr, ajouta-t-elle.
— Je ne comprends pas, Maximilienne; je t'en prie, explique-toi. Gomment, je t'ai fait de la peine, moi! Allons, dis-moi ce que tu as sur le cœur, ne me cache rien.
Les yeux de la jeune fille s'étaient remplis de larmes.
— Mais tu pleures encore! s'écria Eugène; ah! il faut que je connaisse la cause de tes larmes !
Ses deux bras entourèrent Maximilienne, et, en la serrant contre son cœur, il lui luit un baiser sur le front. E. li
i42 LE FILS
— Ah! je le sens, tu m'aimes toujours! s'éciia-t-elle,
— En aurais-tu douté? répliqua-t-il avec étonnement.
— Eugène, je ne veux pas te le cacher, oui j'ai pu croire que tu n'avais plus pour moi la même alTection, la même tendresse.
— Oh ! c'était mal, cela, bien mal. Douter de ton frère î A ton tour, Maximilienne, tu me causes un véritable chagrin.
— Eugène, j'avais tort, je le reconnais; pardonne-moi.
— Oui; mais je dois être également pardonné, puisque c'est moi qui ai fait couler ces grosses larmes qui sont encore sur tes joues.
Elle jeta ses bras autour de son cou et murmura à son oreille :
— Oh! comme c'est bon de 9/à sentir aimée!...
— Et quoi qu'il arrive jamais, ma sœur chérie, ne doute plus de ma tendresse. J'aime beaucoup Emmeline, n'est-ce pas? Eh bien, ta place dans mon cœur est au moins aussi grande que !a sienne. Je te le dis sincèrement, vous êtes toutes deux nécessaires à mon bonheur; je vis pour toi et pour elle ; si je perdais ma sœur bienaimée je ne pourrais plus être heureux avec Emmeline.
— Va, mon cœur est digne du tien, répondit Maximilienne; nos sentiments sont les mêmes, et je pense absolument comme toi. Sans mon frère, le bonheur ne saurait exister pour moi.
— Sois tranquille, Maximilienne, ton frère ne te manquera jamais. Maintenant, continua-t-il, asseyonsnous et causons. Tu as certainement quelque chose à me dire, et j'ai hâte de savoir...
— Oui, je désire causer un instant avec toi, sérieusement.
— Alors, le sujet est gavel
— Oui.
Ils s'assirent en face l'un de l'autre devant la cheminée dans laquelle pétillait un feu clair.
— Jet'écoute, dit Eugène.
— D'abord, dit la jeune fille, il faut que tu saches pourquoi j'ai pu supposer que tu n'avais plus pour moi autant d'affection, et tu conviendras que j'avais au moins le droit d'être inquiète. Eugène, tu ne t'en apercevais peut-être pas, mais tu n'étais plus le même avec moi. Tu me montrais constamment un visage contrarié, tu me parlais à peine et tu faisais tout ton possible pour ne j;imais te trouver seul avec moi.
— C'est vrai.
— De sorte que, moi, qui avais tant de choses à te dire, j'étais forcée de les renfermer en moi.
— J'ai peut-être eu tort d'agir comme je l'ai fait, mais tu en sais la cause.
— Je n'ai pas eu de peine à la deviner. Ton attitude vis-à-vis M. de Montgarin me disait assez quelles étaient tes pensées.
— Je ne sais pas déguiser mes sentiments ; d'ailleurs j'ai horreur de tout ce qui est faux. C'est du comte de Montgarin que tu veux me parler, soit, parlons de lui. Il ne m'est pas sympathique, je puis même ajouter qu'il me déplaît. Pourquoi? Ne me le demande pas; je n'en sais rien. Il y a de ces sortes d'antipathies qu'il est impossible d'expliquer et que rien ne semble justifier. Je ne l'aime point, voilà le fait. Au lieu de m'attirer il me repousse. C'est évidemment un homme intelligent et qui ne manque pas de distinction: mais, tout en reconnaissant ses qualités, je ne puis m'empôcher de voir en lui un homme funeste. Il y a en moi comme un pressentiment de malheurs causés par lui.
— Ta es bien sévère, Eugène, dit tristement la jeune fille; toi si boa, si généreux, je ne te reconnais plus.
— Si je parlais contre ma pensée, c'est alors que tu aurais le droit de dire : je ne te reconnais plus. Non, je ne suis pas changé. Je suis d'autant plus sévère en ce moment qu'il s'agit de toi, ma sœur, de ton avenir, de ton bonheur. Mais, entendons-nous bien, tu es libre, et je ne veux exercer aucune influence ni sur ton cœur, ni sur ta raison; ce que tu feras je l'accepterai en m'inclinant devant ta volonté.
— Ah! ce n'est pas cela que je veux! s'écria Maximimiilienne d'un ton douloureux.
— Où en sont les choses aujourd'hui, je ne puis pas te tenir un autre langage.
— Mais il fallait me dire cela plus tôt. Ah! Eugène, tu vas me faire croire à ton indifférence.
— Ne crois qu'à la profonde amitié de ton frère. Déjà tu as pu croire que je t'aimais moins, et tu as éprouvé du chagrin parce que j'ai laissé voir que les assiduités de M. de Montgarin me déplaisaient. J'aurais voulu pouvoir me contraindre; il paraît que cette force me manque. Si je n'ai rien dit, c'est que je respectais ta volonté. Tu aurais dû voir une preuve de mon inaltérable affection dans le silence que j'ai gardé. D'ailleurs, quand madame de Neuvelle a présenté M. de Montgarin, avais-je le droit de parler? Certes, tu aurais pu m'accuser de partialité. N'aurais-je pas eu l'air, en effet, de protester en faveur de mon ami Lucien de Reille? Sachant combien est grand l'amour que tu lui as inspiré, j'ai désiré ardemment que Lucien fût aimé, car il me semblait que tu ne pouvais pas faire un meilleur choix... Je voyais en iui la plus sûre garantie de ton bonheur Celui-là a toutes les délicatesses et il est grand par lui-même. Je sais ce qu'il
vaut : pendant des années, sur les bancs de l'école, nous avons toujours été comme deux frères. Je n'ai pas besoin de te faire son éloge, tu le connais aussi bien que moi. Malgré son rare mérite et ses brillantes qualités, il n'a pas eu le talent de se faire aimer; je ne puis que le regretter. Je te dis cela aujourd'hui parce que je veux que tu saches bien tout ce que je pense; je viens de te parler pour la dernière fois de Lucien de Reille. Après tout, qu'est-ce que je désire, moi? Qu'est-ce que je veux? Que tu sois heureu-se!
Pendant que son frère parlait, Maximilienne était devenue songeuse.
— Tu ne m'écoutes pas, lui dit Eugène; on croirait que ta pensée est ailleurs.
— Je t'écoute, au contraire, avec la plus grande attention. Tu me parlais de ton ami Lucien, en ayant l'air de me dire que j'ai eu tort de ne pas l'aimer.
— Manifester un regret n'est pas adresser un reproche...
— Eugène, le reproche est peut-être dans ta pensée. Voyons, crois-tu que M. de Reille m'aime réellement?
— Si je le crois ! Mais toi-même tu en es sûre! Maximilienne devint très-rouge.
— Pourquoi donc, alors, demanda-t-elle, M. Lucien a-t-il cessé complètement de venir ici?
— Il a compris qu'il n'avait rien à espérer, et, croyant t'être -agréable ainsi, il a cédé la pîace à M. de Montgarin.
— C'est là une singulière manière de prouver qu'on aime. Eugène, M. de Reille ne m'aimait point comme je veux être aimée, autrement il ne se serait pas retiré ainsi. Avant de céder la place à M, de Montgarin, comme tu le disj il aurait au moins attendu que j'eusse pris une
résolution. En somme, qu'a-t-il fait pour se faire aimer? Rien. M. de Montgarin se présente, et au bout de quelques jours il disparait. Va, ce n'est pas un amour bidsfort que celui qui se sauve de la lutte et abandonne sans combat la personne qu'il aime à un rival.
— Lucien a agi ainsi par excès de délicatesse.
— Non, M. de Reille ne m'aimait pas : voilà la vérité. Le vois-tu toujours?
— Rarement, maintenant.
— Vous êtes restés amis?
— Oui, mais il est devenu avec moi très-réservé, presque froid.
— Tu liji as demandé pourquoi il ne venait plus nous voir?
— Certainement.
— Qu'a-t-il répondu?
— Presque rien. Il a paru, d'ailleurs, très-embarrassé. « J'ai fini par comprendre que je poursuivais une
chimère, m'a-t-il dit; mademoiselle de Coulange ne m'aime pas, elle ne m'aimera jamais ; ensuite elle es beaucoup trop riche pour moi. J'ai ma fierté ; je ne veux pas qu'on dise de moi : c'est un coureur de dot! »
— C'est tout ce qu'il t'a dit?
— Oui. Mais j'ai cru m'apercevoir qu'il subissait un peu l'influence de son père, qui est, comme tu le sais, un homme extrômem.ent rigide sur les principes et les choses qui touchent à l'honneur.
— N'importe; je sais maintenant ce que je voulais savoir : M. de Reille ne m'aime pas, il ne m'a jamais aimée.
Le jeune homme protesta par un mouvement de tête.
— Après tout, dit-il, puisque ce que je désirais n'a pu se léaliser, je n'ai plus besoin de le défendre.
— Si tu lo veux bien, Eugène, revenons à M. le comtede Monlgarin.
— Eii bien?
— Il est venu tantôt; nous avons causé assez longuement; il m'a priée de l'autoriser à demander ma main.
Le jeune homme pâlit légèrement.
— Alors? fit-il.
— Je me trouvais dans une situation assez difficile; il fallait dire quelque chose.
— Et tu l'as autorisé?
— Non. Avant, je voulais causer avec toi, avoir ton avis; je lui ai dit qu'il aurait une réponse demain.
— Gomment, tu me demandes mon avis?
— Oui.
— Et tu l'exiges?
— Sans doute.
— Après ce que je t'ai dit tout à l'heure au sujet du comte de Montgarin?
— Je pense que tu reviendras de tes préventions et que dans cette circonstance tu me conseilleras selon ta raison et avec le sentiment de la justice.
Eugène secoua énergiquement la tête.
— Écoute, reprit Maximilienne, je sais bien que je suis libre de disposer de moi; mais ce n'est pas assez que mon choix soit approuvé par nos parents, il me faut aussi ton consentement.
Le jeune homme resta tout interdit.
— Quoi! tu veux... balbutia-t-il.
— Je veux que mon frère aime mon mari.
— Son mari! Ei c'est de lui qu'elle parle! murmugfî. Eugène.
Après un moment de silence, il reprit :
— Mais m l'aimes donc, cet homme?
— Je ne le déteste pas, répoundit-elle avec un sourire doux et triste. Si tu me demandais si je l'aime plus ou seulement autant que toi, je te répondrais hardiment : Non.
— Ah! fit-il.
Ettoute la tendresse de son cœur passa dans son regard.
— Je ne sais pas bien encore ce que c'est que l'amonr, reprit Maximilienne. Mais je n'éprouve certainement pas pour M. de Montgarin ce qu'Emmeline éprouve pour toi. Peut-être n'ai-je pas en moi la faculté d'aimer comme elle. Toutes les jeunes filles ne sont pas pareilles. Quoi qu'il en soit, M. de Montgarin ne me déplaît pas; il apeut-élre des défauts que j'ignore; mais il possède des qualités dont il faut lui tenir compte. Je ne m'ennuie jamais en sa société, et je l'écoute avec plaisir. Il a pour moi une infinité d'attentions charmantes, il est prévenant et attentif, sans être servile, et se montre constamment aimable, soumis et respectueux; on voit qu'il serait désolé de me causer un ennui. Enfin, il est bon et il a beaucoup de cœur. Ce n'est pas tout, Eugène, je suis convaincue qu'il a pour moi une affection sincère, un amour profond et que je suis aimée pour moi-même. G'estce que j'ai cherché, c'est ce que j'ai toujours voulu. Que te dirai-je encore? je crois que je serais heureuse avec lui.
— Ah! tu l'aimes! tu l'aimes! exclama le comte de Coulange.
— Il faut bien que cela soit, répondit Maximilienne d'un ton adorable, puisque je songe à devenir sa femme.
Voyant que son frère restait silencieux :
— Eugène, reprit-elle, tu ne dis rien i
— Que veux-tu que je te dise? Est-ce que je saisi ,. Tout est bouleversé en moi.
— M. de Montgarin viendra demain, que faudra-t-il lui répondre?
Le jeune homme s'agita sur son siège avec un malaise visible.
— Mais encore une fois, s'écria-t-il, je n'ai pas de conseil à te donner!
Il se leva brusquement et fit le tour de la chambre d'un pas saccadé. Puis revenant près de Maximilienne :
— Je ne connais pas le comte de Montgarin, moi, ditil, avec agitation; il faut qu'il ait des qualités qui me sont inconnues puisque tu l'aimes et que tu veux l'épouser! .. Voyons, franchement, est-ce que je puis me mettre en opposition avec ton cœur? Épouse ou n'épouse pas!... Non, non, je n'ai pas le droit de mettre une entrave à ta liberté. D'ailleurs, tues incapable d'agir légèrement, et si tu prends une résolution, c'est que tu as longuement et sérieusement réfléchi.
Le comte de Montgarin ne m'est pas sympathique, tu le sais; tu prétends que ce sont des préventions; c'est possible. En effet, je n'ai aucun grief contre lui. Après tout, je l'ai peut-être mal jugé. Il t'aime, cela n'est pas douteux; comme toi, j'en suis convaincu. Reste à savoir si son amour est aussi désintéressé que tu le supposes. Est-ce une de mes préventions? Je crois, moi, que son amour est né d'un calcul et que c'est ta dot, ta fortune qu'il convoite.
— Oh! Eugène! fit Maximilienne.
— Tu veux que je parle, je te dis ce que je pense. Toutefois, je t'accorde que je puis me tromper ; du reste, on ne doit jamais juger sans preuve. Tu le vois, je tourne constamment dans le même cercle et suis toujours à me demander : le comte de Montgarin est-il ou n'estil pas ce qu'il paraît être? Pourquoi ai-je ces préventions
OU ces doutes qui ne sont basés sur rien? Parce que près du comte de Montgarin il y a un autre personnage, le comte de Rogas. C'est de l'aversion, une sorte de haine que j'ai pour cet homme. Ses manières cauteleuses caichent son hypocrisie; il n'a de l'honnête homme que la face. Ghaquefois que jele regarde, que je l'observe, je dé couvre en lui quelque chose de sombre et de ténébreux que je ne puis définir. Malgré moi je me sens frémir, et je m'imagine, alors, que j'ai sous les yeux une nou velle incarnation du Méphistophélès du poète allemand. Rien ne m'ôtera de l'idée que ce Portugais est un homme fatal, je n'ose pas dire un misérable!
— Cette fois, mon frète, je suis un peu de ton avis; je ne vais pas aussi loin que toi, mais j'avoue que le comte de Rogas ne m'inspire aucune sympathie.
— Il est fâcheux pour le comte de Montgarin que cet homme soit son parent.
— Ce n'est pourtant pas sa faute, Eugène.
— Sans doute; mais celte parenté lui fait du tort. Qui sait? peut-être serais-je devenu son ami, si le comte de Rogas n'eiit pas été là?
— Allons, dit Maximilienne en souriant, si tu ne peux lui reprocher que cela, tu lui pardonneras facilement d'avoir un cousin que tu détestes.
— Il faudra bien que je prenne aussi ma résolution, répondit tristement le jeune comte.
— Eugène, je devine ta pensée, merci... Ah! tu es bon!...
— Je t'aime, Maximilienne, et, bon gré mal gré, il faut que j'aime ceux que tu aimes.
Il y eut un moment de silence.
— Est-ce que ton intention est de te marier immédiatement? demanda le jeune homme.
— Non pas, Ohl je ne suis pas si pressée que cela, je veux me marier le même jour que toi et EmmelinCc
— Il est probable que M. de Montgarin ne trouvera pas de son goût d'attendre si longtemps.
— Il le faudra, pourtant, car c'est encore une décision que j'ai prise.
— Eh bien, je t'approuve; oui, tu as raison de vouloir attendre.
— Eugène, n'as-tu pas une arrière-pensée? Le jeune homme rougit légèrement.
— Peut-être, répondit-il.
— Voyons, que penses-tu?
— Eh bien, je pense qu'il est bon que l'amour du comte de Montgarin soit souniis à une épreuve sérieuse et complète.
Un instant après on vint avertir le frère et la sœur que [ le dîner était servi, et ils se rendirent ensemble dans la salle à naanger.