UN DOMINO ROSE
Comme on le voit, cette lettre de rendez-vous se terminait parles mots prononcés par la vieille femme.
Eugène froissait le papier entre ses doigts frémissants. Son front s'était assombri, pendant qu'une légère crispation des lèvres exprimait son dédain.
— J'aurais bien fait de suivre ma première idée, murmura-t-il; oui, j'aurais dû déchirer la lettre sans la lire.
Cependant il était devenu soucieux et triste et i! marchait lentement, pensif, la tête baissée.
Certes, il ne croyait pas qu'un danger quelconque pût
menacer sa chère Emmeline. N'élail-elle pas sous la garde et la protection de sa mère et de son oncle?
— Sans doute, se disait-il, le malheur ne saurait atleindre Emmeline sans me frapper en même temps; mais, j'ai beau chercher, je ne vois point d'oii pourrait venir ce coup de foudre dont parle la personne nui signe un domino rose. Cela ressemble fort à une mauvaise et sotte plaisanterie.
Et pourtant, reprenait-il, aucun de mes amis n'est capable de se livrer à ce genre d'amusement.
Malgré lui, et bien qu'il voulût résister à ses diverses impressions, le jeune homme était sérieusement intrigué.
Chose bizarre, ce qui l'avait le plus frappé dans la lettre, ce qui le préoccupait davantage, c'étaient ces mots, que la vieille femme avait prononcés à son oreille d'une façon mystérieuse : « Soyez prudent et discret! »
Après avoir assez longuement réfléchi, Eugène mit la lettre dans sa poche.
— C'est bien, se dit-if,je n'ai pas précisément l'esprit aventureux; mais, pour avoir l'explication du mystère, je me lance dans celte aventure.
J'irai ce soir au bal de rO,oéra.
LA DAME MASQUEE
Dans l'après-midi, le comte de Coulange alla faire une visite à Mme de Valcourt. Il avait toujours dans sa poche la lettre du domino rose. Peut-être était-il venu avec
l'intention de la faire lire à Emmeline. Cependant il ne lui en parla point. D'ailleurs, à quoi bon? Emmeline était très-impressionnable. Pourquoi lui donner une inquiétude?Et puis, il n'avait pas oublié la recommandation qu'on lui avait faite :
(( Soyez prudent et discret! »
Il avait constamment ces quatre mots devant les yeux et dans les oreilles.
Ce jour-là, le comte de Montgarin dîna à l'hôtel de Conlange.
— Eh bien, allez-vous ce soir à ce fameux bal de l'Opéra? lui demanda Eugène.
— Non, répondit Ludovic, vos paroles de l'autre jour m'ont converti; je veux imiter votre sagesse.
Eugène rougit légèrement. Mais il se garda bien de dire à Ludovic qu'il n'avait pas autant de sagesse qu'il le croyait.
A dix heures et demie il se retira dans son appartement. Peu de temps après le comte de Montgarin s'en alla. A. son tour, Maximilienne rentra chez elle. Le mai'quiset la marquise causèrent encore un instant puis se séparèrent.
Pendant ce temps, Eugène s'était habillé et avait mis douze ou quinze louis dans sa poche. A onze heures un quart il sonna son valet de chambre.
— Monsieur sort? fit le domestique, en voyant son maître en toilette de soirée.
— Oui, et je désire qu'on ne le sache pas.
— Je comprends : monsieur le comte va au bal de POpéra.
— Vous avez deviné : une idée, une fantaisie.
— Monsieur le comte ne sort jamais, il a bien le droit (le s'amuser un oeu.
— Je ne resterai probablement pas longtemps; je veux seulement voir le bal et jouir du coup d'œil de la salle. Vous m'attendrez en bas; afin de ne réveiller personne je rentrerai par l'escalier de service de la cour des écuries.
— Ainsi, monsieur le comte ne commande pas sa voiture?
— Non.
— C'est juste, monsieur le comte ne veut pas qu'on sache...
— Vous m'avez bien compris, André?
— J'attendrai monsieur le comte en bas, parce qu'il rentrera par l'escalier de la cour des écuries.
— C'est cela.
Sans faire aucun bruit, le jeune homme sortit de ! hôtel. Il n'eut pas ^le peine à trouver une voiture; il y monta en disant au cocher de le conduire au grand Opéra.
Le monument était splendidement illummé; des milliers de becs de gaz l'entouraient d'un immense cercle de feu, qui éclairait les sculptures décoratives et faisait sortir de l'ombre, entre les colonnes et les colonnettes de marbre, les groupes, les statues, les cariatides et les bustes des grands maîtres. La place était encombrée d'une foule énorme. Des acclamations, des cris divers saluaient chaque voilure qui arrivait lorsque celle-ci amenait une ou plusieurs personnes masquées et costumées.
On montait le grand escalier, qui est à lui seul une merveille, sous le feu de quinze cents regards qui se croisaient, et il fallait passer entre des grappes d'hommes qui semblaient attachées aux colonnes. Tout autour du balcon, on voyait comme une guirlande de têtes penchées sur les marches de l'escalier.
A chrrqiie instant éclatait un bruit infernal : aux battements des mains, aux trépignements, aux exclamations se mêlaient des éclats de rire, des huées et toutes sortes de cris discordants et bizarres.
Ce charivari annonçait qu'un homme ou une femme dans un costune étrange, pittoresque ou grotesque, venait d'apparaître au bas de l'escalier.
Il y avait des escarmouches d'esprit, des attrapages burlesques, de véritables batailles de paroles bouffonnes et de gestes comiques; le trait, la pointe, les lazzis fortement épicés servaient de projectiles. De temps à autre, un mot bizarre, inconnu, un de ces mots qui n'existent dans aucune langue, qui naissent dansles jours de folie, partait tout à coup comme une fusée.
Le comte de Coulange remarqua que peu de femmes portaient le masque et que beaucoup étaient là, comme dans un salon, en toilette de soirée. Celles-ci cachaient la moitié de leur figure seulement sous les plis d'un voile de tulle ou de dentelle. Il remarqua encore qu'il y avait beaucoup d'hommes décorés, ce qui semblait indiquer qu'on venait un peu au bal de l'Opéra comme on va à une fête dans le monde ou à une réception chez un ministre ou un grand personnage.
Eugène regarda l'heure à sa montre. Elle marquait minuit moins le quart.
— J'ai le temps de faire le tour du bal, pensa-t-il; cette distraction calmera un peu mon impatience.
Dans la foule, de loin, il reconnut deux ou trois de ses amis. Il les évita. Le mouvement désordonné dans la salle, le va-et-vient, le pêle-mêle, le tohu-bohu, les bras battant l'air, les bonds, les pirouettes, les contorsions des danseurs amenèrent â peine un sourire sur ses lèvres. Derrière l'estrade de l'orchestre, '/! s'arrêta
an instant pour admirer le foyer de la danse, qui avait été transformé en un parterre émaillé de fleurs.
Le quart d'heure étant presque écouléj il s'empressa de remonter au premier étage. Il avait fait à peine dix pas dans la grande galerie qui précède le foyer, lorsque le bras d'une femme se glissa sous le sien. Il ne put s'empêcher de tressaillir et, presque aussitôt, un léger tremblement le saisit.
ja personne qui venait de s'accrocher à son bras portait un domino rose. Un large loup, orné d'une guipure, qui descendait au-dessous du menton, cachait entièrement son visage. Mais le jeune homme pouvait voir les longs cils de deux grands yeux qui brillaient comme des escarboucles.La main petite, aux doigts effilés, était finement gantée. Le poignet avait un cercle d'or garni de pierres précieuses. La dame était blonde, on le reconnaissait à une petite mèche de choveux frisés qui se montrait sur le front, conlre la volonté du capuchon du domino qui enveloppait ia tête; toutefois, il était difficile de deviner si elle était jeune ou vieille.
— Venez, dit-elle à Eugène d'une voix harmonieuse et douce comme le son d'une flûte.
Et elle l'entraîna rapidement.
— Elle me connaît, se disait le jeune homme, puisqu'elle a pris mon bras sans hésiter.
Il n'avait pas remarqué qu'avant de s'approcher de lui la dame au domino rose se tenait à côté d'un personnage masqué coiffé d'un turban et enveloppé dans un burnous arabe. Or, aussitôt qu'il avait paru dans la galerie, l'arabe avait dit à l'oreille du domino rose :
— Le voilà !
La dame masquée, tenant toujours le bras du jeune homme, lui fit monter un étage et s'avança vers une loge
dont l'ouvreuse ouvrit iniinédialement la porte. Ils entrèrent. Le salon de la loge était faiblement éclairé par un seul bec de gaz, dont la lumière avait été baissée, probablement avec inlention. On avait eu soin, également, de tendre le rideau de reps qui sépare à volonté la loge de son salon-
Tout en enlrant, Eugène jeta un regard furtif sur le rideau. La dame devina sa pensée.
— Voyez, lui dit-elle, en écartant le rideau. Il n'y a personne dans la loge, nous sommes seuls.
Elle laissa retomber le rideau. L'ouvreuse avait fermé la porte.
— Nous ne pouvions pas causer devant tout le monde, reprit l'inconnue; d'ailleurs, n'étant pas masqué comme moi, vous auriez pu craindre d'être vu par quelques-uns de vos amis. Pour éviter cela, j'ai cru bien faire en vous amenant dans cette loge. Est-ce que cela vous contrarie?
— Nullement, madame.
— Nous ne manquons pas de sièges : voilà un divan, des chaises; asseyez-vous, monsieur le comte.
Il s'assit sur une chaise, elle prit place sur le divan.
Pendant un certain temps ils restèrent silencieux; lui, cherchant à se rendre maître de son émotion ; elle, le regardant fixement. Elle se demandait sans doute comment elle devait entamer la conversation. Ils pouvaient entendre parfaitement une valse que l'orchestre jouait; mais ils n'écoutaient pas. Ce fut le comte de Goulange qui parla le premier.
— Est-ce vous, madame, denianda-t-il, qui m'avez écrit la singulière lettre qu'une vieille femme m'a remise ce matin dans la rue?
— Oui, monsieur le comte, c'est moi.
— Je ne vous ai adressé cette question que pour la
forme, puisque votre déguisement est la signature de la lettre. Je suis venu au rendez-vous que vous m'avez donné, sachant que j'avais tort.
— C'est en ne venant pas que vous auriez eu tort. Eugène secoua la tète.
— Permettez-moi d'en douter, répliqua-t-il. Enfin, je suis venu. La curiosité a été, dans cette circonstance, plus forte que ma raison. C'est un aveu que je vous fais; madame.
— N'est-ce pas aussi un peu, beaucoup votre cœur qui Vous a conseillé?
— Mon cœur n'a rien à faire dans cette aventure à laquelle il veut rester étranger.
— Ah! vous appelez cela une aventure !
— lime semble que c'en est une; autrement il faudrait donner au fait un autre nom. Mais à quoi bon discuter sur un mot? Nous ne sommes pas ici pour cela, je suppose; j'attends, madame, que vous vouliez bien me donner l'explication de la lettre, tout à fait incompréhensible pour moi, que vous m'avez écrite.
— Avant de vous répondre, monsieur le comte, voulezvous me dire ce que vous avez pensé en la lisant?
— J'ai pensé, madame, que j'étais, de la part d'un mauvais plaisant, l'objet d'une mystification.
— Oh! monsieur le comte!
— Je vous réponds avec franchise, j'ai pensé cela
— Et maintenant, que pensez-vous?
— Je n'ai pas l'honneur de vous connaître, madame; mais vos questions m'autorisent à vous répondre, peutêtre d'une façon impertinente; je pense en ce moment que tout ceci ressemble beaucoup à une farce de carnaval.
— En effet, monsieur le comte, c'est un peu vif; et
j*ai le droit de m'élonner que vous puissiez supposer qu'une femme comme moi!...
— Mon Dieu, madame, l'interrompit Eugène avec un mouvement d'impatience, je vous répète que je n'ai pas l'honneur de vous connaître; je ne vois en vous qu'une femme en domino, qui se cache sous un masque.
— Prenez garde, monsieur le comte, ne me faites pas me repentir de la démarche un peu hardie que j'ai faite pour vous ce soir, au risque de me compromettre.
- — Alors, madame, veuillez vous expliquer. Je suis tout prêt, s'il y a lieu, à vous remercier et à vous rendre grâce, ajouta-t-il d'un ton légèrement ironique.
— Je vous parle dans ma lettre d'un danger.
— Qui menace le bonheur de mademoiselle de Valcourt et le mien. Eh bien, madame, je ne crois pas à ce danger.
— Certainement, ne sachant rien, vous ne pouvez pas y croire.
— Est-ce que vous connaissez mademoiselle de Valcourt, madame?
— Voyons, monsieur, m'intéresserais-je à elle si je ne la connaissais pas, la chère mignonne? répondit la dame masquée d'un ton pénétré.
— Alors vous savez que mademoiselle de Valcourt et moi nous nous aimons depuis longtemps, que notre amour réciproque est approuvé par nos parents?
— Oui, oui, je sais cela.
— Et que, dans deux mois, mademoiselle Emmelme de Valcourt sera ma femme? En vérité, madame, si vous savez cela, je me demande comment vous pouvez voii notre bonheur menacé.
Depuis un instant, la dame masquée paraissait agitée, inquiète; elle avait des tressaillements et tendait l'oreille
comme une personne qui écoute un bruit lointain.
— Monsieur le comte, répondit-elle, tout en continuant à prêter l'oreille, croyez que cela me coûte beau» coup d'être obligée de troubler votre sérénité, en ne vous laissant point votre grande confiance dans l'avenir. Riais, dans l'intérêt de mademoiselle Emmeline de Valcourt et dans le vôtre, monsieur le comte, il le faut... Eh bien, ce danger ou plutôt ce malheur, qui peut vous frapper tous les deux, n'est autre qu'un empêchement à votre mariage.
Le jeime homme se dressa debout, pâle, frémissant, un éclair dans le regard.
— Madame, dit-il d'an ton sévère, vous venez de prononcer des paroles d'une grande gravité; je demande, j'exige que vous m'en donniez l'explication.
— Monsieur le comte, répondit-elle très vite et en baissant la voix, ce que je viens de vous dire est exact, je vous le jure ! Oui, il existe des papiers où se trouve une révélation qui serait une opposition absolue à votre mariage.
— Où sont ces papiers, madame?
— Je ne les ai pas sur moi^ répondit-elle avec un trouble visible; mais je puis me les faire remettre pour vous les communiquer.
— Quand?
— Demain, si vous le voulez.
— Soit. En attendant, madame, je vous prie de me faire connaître cette terrible révélation.
Elle se leva brusquement, comme mue par un ressort, et saisissant le bras du jeune homme :
— Silence! fit-elle d'une voix effrayée.
Un tremblement convulsif secouait ses membres.
— Qu'avez-vous donc ? lui demanda Eugène-
— Là, il est là, répondit-elle d'une voix oppressée, en indiquant de la main le côté de la loge où elle était a<î sise.
— De qui parlez- vous?
— C'est bien lui, j'ai reconnu sa voix, balbulîa-t-elle en se serrant contre luigène, comme si elle lui eût demandé de la protéger, de la défendre.
Sa frayeur augmentait, car maintenant ses dents ciaquaient. Le jeune homme allait de nouveau l'interroger. Elle ne lui en laissa pas le temps. Méfiant sa main sur la bouche du comte !
— Chut, fit-elle, écoutez!
Et avançant la têle, en allongeant le cou, elle tenait l'oreille.
A ce moment l'orchestre ne jouait pas. On entendait distinctement deux hommes qui causaient dans la loge voisine. Les paroles suivantes arrivèrent aux oreilles d'Eugène :
— Tu t'es peut-être trompé.
— Non, je suis sûr que c'est elle; elle a passé devant moi, et bien qu'elle soit masquée, à sa taille, à sa tournure et surtout à la mèche blonde frisée qui caresse son front, j'ai parfaitement reconnu la comtesse.
— C'est bien étrange. Qu'est-elle venue faire au bal de l'Opéra ?
— Quant à ça, mon cher, c'est son secret.
— Comment est-elle habillée?
— Elle a tout simplement un do-mino de satin rose...
— Je vais la chercher, il faut que je la trouve. Allons, c'est le fifs de Vénus, le dieu des amoureux qui l'a amenée irî.
Oa put entendre remuer des chaises, marcher, puis le bruit d'une porte qui s'ouvre et se referme.
La dame masquée se mit à pousser de gros soupirs ; elle trenibbit toujours et paraissait en proie à une terreur folle.
— Ainsi, dit-elle d'un ton douloureux, en se tordant les mains, malgré les précautions que j'ai prises, j'ai été reconnue. Que faire ?que faire ? Ah ! j'ai été bien mal inspirée : au lieu de vous donner reidez-vous ici, j'aurais dû vous prier de venir chez moi... Mon Dieu, je n'ai plus une idée^ tout se trouble dans ma têle, je suis comme folle!... Que faire? que faire ?... Gomment échapper à cet homme, à ce misérable, qui depuis un an me poursuit partout? S'il me trouve ici, je suis perdue, oui perdue, car il est capable de tout!
La voix lui manquait; elle s'arrêta pour respirer.
— Monsieur le comte, reprit-elle, sauvez-moi, sauvezmoi!
Elle s'était emparée d'une des mains d'Eugène et la serrait fortement dans les siennes.
— Je ne vois pas ce que je puis faire pour vous, madame, répondit le comte.
— Vous pouvez me délivrer de cet homme.
— Qui est cet homme? Votre mari?
— Non, mon mari est absent de Paris en ce moment. C'est un homme qui m'aime ou plutôt qui prétend m'càmer, car un homme qui aime une femme ne se fait point son persécuteur et ne la menace pas de la tuer si elle lui résiste. Il a été l'ami de mon mari et j'ai dû le chasser de ma maison. Monsieur le comte, j'implore votre protection; offrez- moi votre bras, nous sortirons ensemble de l'Opéra. Vous êtes un homme, s'il me voit il n'osera pas m'arrôler, il ne me dira rien, car il est \â(^he, oui il est lâche!...
Eugène hésitait. La dame masquée continua •
— Vous êtes brave, monsieur le comte, vous n'êtes pas comme moi, vous n'avez pas peur. Ah! si j'étais un homme!
Elle joignit ses mains et poursuivit :
— Je vous en supplie, monsieur le comte, protégezmoi, accompagnez-moi jusqu'à mon domicile; ce n'est pas bien loin; d'ailleurs ma voiture est à quelques pas de l'Opéra, dans la rue Auber. En chemin, j'aurai le temps de me remettre de mon épouvante, et quand nous serons chez moi je vous parlerai des papiers ; tout ce que je sais, je vous le dirai.
— Pourquoi ne pas me le dire ici tout de suite?
— Oh ! monsieur la comte, ne voyez-vous donc pas dans quel état je suis?
Elle ouvrit la porte de la loge et, prenant le bras d'Eugène :
— Je vous en prie, dit-elle d'une voix suppliante, venez, venez vite.