‹ Le flagrant délitChapitre 6 sur 9 · ZIZ · texte numérisé non relu

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Le lendemain à la pointe du jour le marquis était levé : il fil seller son cheval et partit au grand galop.

M. Ferrard, qui n'avait pas l'habitude de s'éveiller de bonne heure, dormait encore lorsque

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(l'Alholour revint à cheval, accompagné de ses deux amis Belphégor et Delormieux ; de sorte que Nancy ne crut pas devoir prononcer Je nom d'Arthur, en présence du marquis d'Albetour et de ces deux messieurs. D'ailleurs, elle n'eût point encore osé apprendre à son père l'arrivée mystérieuse du jeune Livremont : elle aurait voulu sonder adroitement les dispo sitions du bonhomme à l'égard de son pupille, et ménager d'avance. au pauvre Arthur un accueil favorable.

Le marquis, en arrivant à son château . avait trouvé des lettres importantes qu'il lut et relut dix fois en fronçant le sourcil. Ces lettres avaient produit sans doute une impression vive et profonde sur M. d'Albetour, car il était pâle, agité: et son front ordinairement si calme paraissait couvert d'un nuage.

Cependant le marquis se montra plus empressé, plus galant auprès de mademoiselle Ferrard; il redoubla pour elle d'attentions, de

prévenances, de soins tendres et minutieux : ce n'était plus cette froide et banale courtoisie, ces louanges insignifiantes que le bon ton exige et qu'on distribue au hasard à toutes les femmes ; les manières de M. d'Albetour avaient pris quelque chose de plus expressif; ses yeux contenaient plus de flamme, le timbre de sa voix naturellement doux et velouté semblait s'être encore adouci, et résonnait plus mélodieusement aux oreilles delà jeune fille épouvantée,

Belphégor et Delormieux furent aussi d'une galanterie charmante : M. Ferrard les combla de politesses, et leur fit entendre à plusieurs reprises d'une manière assez peu spirituelle et trop claire pour la pauvre Nancy , qu'il aurait l'honneur avant peu de leur présenter madame la marquise d'Albetour.

Après le déjeûner, M. d'iVlbetour proposa une promenade à cheval dans les allées du bois; mais Nancy refusa d'accompagner la caval-

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cade sous prétexte qu'elle n'était pas encore bien remise de son mal de tête. Elle espérait trouver un moment favorable pour se rendre auprès d'Arthur, tandis que les trois jeunes gens seraient à galoper dans le bois; mair son espoir fui trompé, et le marquis déclara qu'il ne bougerait pas de la maison, puisqu'il ne pouvait servir d'écuyer à la blonde amazone.

Quatre ou cinq heures s'écoulèrent sans que la pauvre fille pût échapper à l'œil vigilant du marquis d'Albetour qui la couvait du regard. Enfin, après le dîner . elle se plaignit d'un redoublement de migraine, et monta dans sa chambre pour se mettre au lit.

Le marquis semblait désolé : il fit tout son possible pour retenir mademoiselle Ferrard, en lui disant qu'un tour de promenade au grand air la remettrait complètement, mais elle insista pour se retirer. Quand elle sortit, iNl. d'Albetour se mordit les

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