SCÈNE PREMIÈRE
Le général ROLAND, FERVIL portant un grand portefeuille.
FERVIL. , ,
Vous semblez fatigué. ,
ROLAND
Je n’ai pas fermé l’œil.
FERVIL, présentant un fauteuil.
Pour être mieux assis prenez ^onc ce fauteuil.
Occupé tout le jour des plus graves matières ,
Faut-il à méditer passer les nuits entières ?
Songez que de l’état vous êtes un soutien.
Et que votre existence est notre premier bien.
Sans doute il faut remplir les devoirs de sa place ,
Mais non pas s’immoler. •
ROLAND
A ma dernière chasse
Je dois cette fatigue.
FERVIL;
Oh ! parbleu , je le crois 5 Nos piqueurs près de vous étaient des maladroits. ROLAND.
L>' habitude pourtant les éclaire sans cesse.
FERVIL.
Qu’est-ce que l’habitude auprès de votre adresse ?
Le cerf courait , je crois , au-devant de vos coups.
ROlAKD.
C’est moi qui l’ai tué P j’ai cru que c’était vous.
C’est une liberté que je n’aurais pas prise ,
Et je vous certifie , avec cette franchise -, .
Qui parfois contre moi réveille votre humeur ,
Qu’on vous nomme partout l’intrépide chasseur. Lorsque le bruit du cor dans la forêt résonne ,
Comme aux jours du combat votre coursier frissonne. Dans le cerf aux abois , par vos piqueurs poussé ,
Vous voyez l’ennemi de toutes parts pressé ;
En vain il fuit et pleure en demandant la vie ,
Par votre adresse il faut qti’elle lui soit ravie.
* . ROLAND
De ce plaisir barbare un chasseur est jaloux.
FERVIL.
C’est le plaisir des rois, il est digne de vous. .
Pour moi j’en cherche un autre , et sur votre passage 3 ’aime à voir tous les cœurs vous offrir leur hommage. La jeune villageoise et le vieux laboureur A votre noble aspect expriment leur bonheur.
C’est en lui , disent-ils , que l’infortune espère $
Il nous défend en brave et nous commande en père ; C’est par s# fermeté , c’est grâce à scs leçons Que les soldats toujours respectent nos moissons.
kol;and.‘
Je remplis mon devoir Sur Ce point \ je l’avoue,