ACTE 11, SCÈNE I. 2 S
Je ne mérite pas qu’un laboureur me loue ; •
A défendre son champ qui ne s’est engagé ?
Celui qui nous nourrit doit être protégé.
FERVIL. • ■
Voulez- vous voir , monsieur , votre correspondance ? Voici quelques rapports de peu dé conséquence.
ROLAND
C’est bon.
FER VIL
Deux vieux sergens demandent un emploi.
ROLAND
Qu’on les place au plus tôt. Vous répondrez pour moi. Songez que des soldats je veux être le père ;
Après tant de travaux que tout leur soit prospère. < Malgré tous les honneurs qu’en ces lieux ou rpe rend. Je n’ai point oublié que je fus dans leur rang ; ,
Et le pouvoir pour moi n’a jamais plus de charmes Que lorsqu’il peut servir mes vieux compagnons d’armes. . .*;• . ;
FERVIL.
Voici votre réponse au colonel Darlong ,
Sur la fraude. : * :d '- ' .
"" •' ÜOLAND.
Donnez. • > ,
FERVIL.
Ceci vous paraît long. i
Je conçois qu’occupé d’importantes aflàires ,
Vous ne pouvez descendre à ces détails vulgairps.
ROLAND
Je n’ai point , il est vrai , l’esprit minutieux.
FERVIL.
Pour vous les épargner je ferai de mon mieux. a Un homme tel que vous , un homme de génie ,
Qui par tant de hauts faits illustra sa patrie,
A des soins si légers donne à regret son temps.
Il doit les conserver pour les faits éclatans.
( Il remet uuo lettre )
Cette lettre est par vous au ministre adressée :
Voyez si j’ai saisi toute votre pensée.
L’affaire est importante \ elle exige, entre nous ,
Deux mots de votre main.
ROLAND
Je m’en rapporte à vous.
FERVIL.
Voici le sens. J’emprunte une main étrangère Pour faire à monseigueur un important récit ;
Mais n’en redoutez rien. Mon très-cher secrétaire Ne comprend pas un mot de tout ce qu’il écrit.
ROLAND
Vous voulez qu’on vous fasse une pareille offense?
Je suis plus juste , ami.
. .. ( 11 va à la table et écrit. ) * "
J , • FERVIL, à part.
Je l’ai prévu d’avance.
( Haut. )
Mais le peu que je sais à vous seulje le doi. r
ROLAND, écrivant.
Vous pensez donc qu’on peut profiter avec moi ?
• FERVIL.
Sans dofcte, général , l’esprit se communique.
Vous imiter en tout est mon étude unique ;
Et l’on forme son goût sans nul autre secours ,