ACTE II, SCÈNE IF. 3i
FERVIL.
Toujours heureux celui que votre goût conseille !
Vous raisonnez sur tout et parlez à merveille ;
Vous unissez la grâce à la vivacité.
M-'. ROLAND. • '
Il est vrai que je parle avec facilité.
FERVIL.
A votre air noble et doux chacun doit son hommage.
M“*. ROLAND
Oser me refuser un nouvel équipage !
FERVIL.
C’est un grand tort.
M“*. ROLAND
Hier nos fermiers sont venus ;
Ils ont payé leur rente , et j’ai là mille écus.
FERVIL. r
Pour faire votre achat la somme est suffisante.
M m '. ROLAND, prête à donner les billet*.
Non , cela n’est pas bien.
FERVIL. ‘ ‘ »
Que vous soyez contente
C’est le point important , pourquoi vous refuser
M m ®. ROLAND.
Je crains que mon époux....
FERVIL.
Je saurai l’apaiser.
M”'. ROLAND
Vous prenez tout sur vous ? . ’ • .
. FERVIL.
Ne craignez rien , de grâce.
Vous honorez ainsi votre époux et sa place ,
Et vous ne pouvez pas en agir autrement :
La raison yous l’ordonne.
, ROLAND
Ah ! vous êtes charmant.
FERVIL.
Et vous beaucoup trop bonneet l’on vous doit, madame, L’équipage brillant que pour vous je réclame. J’entreprends votre cause et je la défendrai.
M">. ROLAND
Quel ami Yrai !
FÊRVIL. ' '
Moi-même à monsieur je dirai :■
Votre épouse toujours à ses devoirs fidèle Mérite sa fortune et s’élève avec elle ,
L’amour de la dépense appartient aux grands coeurs .
•* ROLAND , prenant le ton de Fervil et se donnant des airs.
On doit avec son rang changer aussi ses mœurs.
Les riches d aujourd hui sont parfois trop avares. FERVIL.
Ah ! que vos qualités sont aimables et rares !
Que la douceur chez vous tempère la fierté !
M»«. ROLAND
Je suis vive, il est vrai , mais sans méchanceté ;
Je m’emporte parfois quand on me contrarie.
Vous réunissez seule , au printemps de la vie ,
A la fleur de l’esprit les fruits de la raisoii.