ACTE II, SCÈNE IV
Si l’on me dit coquet , cest une calomnie.
fervil.
D’autres moins bien que vous gardent cette manie. Votre figure est noble.
SALOMON
Ahl ah! monsieur Fervil.
FERVIL.
Vous avez le teint frais et le regard subtil.
Voici tous les marchés dont je suis signataire Et ma soumission dans la forme ordinaire.
FERVIL, mettant les billets île banque dans sa poche
Il lit.
Ce marché paraît bien ? Le prix est un peu fort.
SALOMON , à part.
L’argent que je lui laisse est un capjtal mort.
FERVIL.
Chacun pour ses marchés veut des chances heureuses ; Je dois la préférence aux plus avantageuses \ ‘
Et prudemment agir pour l’état et pour moi.
La concurrence est sage j ainsi le veut la loi.
SALOMON
Et de qui puis-je ici craindre la concurrence ?
' , \ !, FERVIL. . • , -.
V ous avez des rivaux bien plus qu’on ne le pense. Mardochée , Abraham ont ét,é les premiers :
Votre cousin Jacob...
SALOMON
Ce sont des usuriers.
FERVIL.
J’eu sais d’autres encor.
3* LE FLATTEUR r
salomon;
Quels sont-ils ?
FERVIL.
, Plus de mille
Vous n’ètes pas, mon cher, le seul juif de la ville.
SALOMON
Il est vfai , mais enfin....
1 FERVIL.
*' J’y vois clair ; au surplus , J’élève votre gain à trois cent mille écus ,
Et je prétends un tiers dans tous vos bénéhces.
SALOMON
Ali ! vous avez toujours de singuliers caprices.
FERVIL.
Ce n’est point un caprice , et je veux cette part ;
Ainsi décidez-vous.
SALOMON
» ' j Je vous offre le quart.
Cette difficulté me déplaît et m’assomme.
> SALOMON
Vous voulez donc, monsieur, ruiner un pauvre homme?
FERVIL;
Je l’exige. ■ . ^
SALOMON
Eh bien donc ! j’y consens.
F Elf VIL.
A propos r
Madame m’a chargé d’acheter des chevaux.