B US T AN
Un tel homme à Paris ferait bien son chemin. - Vous êtes dès long-temps l’ami de la famille;
Déjà le gouverneur vous destine sa fille.
Sa mère consent-elle à cet engagement ?
SAINT-LÉON
Je n’ose me flatter de son consentement ;
Par de vastes projets elle est , dit-on , distraite ;
Et Finette m’a dit...
R U S T A N , en lonpirant.
Monsieur , croyez Finette î Elle a beaucoup d’esprit.
( Il eoupire encore. ) SAINT-LÉON.
Qu’as-tu donc ?
/ RUSTAN
Ce n’est rien.
, SAINT-LÉON. -
Tu soupires , je crois.
RÜSTAN.
Oui , cela m’irait bien.
SAINT-LÉON
J’ai donc su par Finette , à m’instruire engagée,
Que par sa mère aussi Rose était négligée.
Depuis que ce Fervil est dans cette maison ,
De madame Roland il trouble la raison :
Tout change enfin , tout prend un autre caractère. * RÜSTAN.
T out va fort mal ici , je ne puis vous le taire.
SAINT-LÉON
La paix vers le commerce attire nos regards ,
Et de hardis fraudeurs venus de toutes parts, Pourraient du général tromper l’expérience ;
Eh bien! c’est dans Fervil qu’il met sa confiance :
Des marchés , des achats il dispose aujourd’hui ,
Et tout ici se vend et s’achète par lui.
Un certain Salomon , un Juif, un vrai corsaire Médite d’acheter son appui mercenaire.
Avant la fin du jour il aura réussi.
Si le ministre apprend ce qui se passe ici ,
J’y vois plus d’un danger -, le gouverneur peut-être finira par se perdre et par se compromettre.
RÜSTAN.
Par l’honneur et l’amour vous êtes engagé \
Démasquez ce Fervil.
SAINT-LÉON
C’est à quoi j’ai songé.
Le général Saint-Hôme , ami dont la prudence A de tous nos secrets l’entière confidence ,