‹ Le flatteur, comedie en cinq actes et en versChapitre 5 sur 86 · B US T AN · texte numérisé non relu

B US T AN

Un tel homme à Paris ferait bien son chemin. - Vous êtes dès long-temps l’ami de la famille;

Déjà le gouverneur vous destine sa fille.

Sa mère consent-elle à cet engagement ?

SAINT-LÉON

Je n’ose me flatter de son consentement ;

Par de vastes projets elle est , dit-on , distraite ;

Et Finette m’a dit...

R U S T A N , en lonpirant.

Monsieur , croyez Finette î Elle a beaucoup d’esprit.

( Il eoupire encore. ) SAINT-LÉON.

Qu’as-tu donc ?

/ RUSTAN

Ce n’est rien.

, SAINT-LÉON. -

Tu soupires , je crois.

RÜSTAN.

Oui , cela m’irait bien.

SAINT-LÉON

J’ai donc su par Finette , à m’instruire engagée,

Que par sa mère aussi Rose était négligée.

Depuis que ce Fervil est dans cette maison ,

De madame Roland il trouble la raison :

Tout change enfin , tout prend un autre caractère. * RÜSTAN.

T out va fort mal ici , je ne puis vous le taire.

SAINT-LÉON

La paix vers le commerce attire nos regards ,

Et de hardis fraudeurs venus de toutes parts, Pourraient du général tromper l’expérience ;

Eh bien! c’est dans Fervil qu’il met sa confiance :

Des marchés , des achats il dispose aujourd’hui ,

Et tout ici se vend et s’achète par lui.

Un certain Salomon , un Juif, un vrai corsaire Médite d’acheter son appui mercenaire.

Avant la fin du jour il aura réussi.

Si le ministre apprend ce qui se passe ici ,

J’y vois plus d’un danger -, le gouverneur peut-être finira par se perdre et par se compromettre.

RÜSTAN.

Par l’honneur et l’amour vous êtes engagé \

Démasquez ce Fervil.

SAINT-LÉON

C’est à quoi j’ai songé.

Le général Saint-Hôme , ami dont la prudence A de tous nos secrets l’entière confidence ,

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