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CHAPITRE II

LEvS DOCTRINES DE LA FRANC-MAÇONNERIE

TOUTE la vie de rhomme s'alimente à la Révélation comme à sa source.

Dieu a parlé aux hommes : Son Verbe Infaillible leur a appris d'oii ils viennent et où ils doivent aller. Créé libre et immortel, l'homme pouvait jouir indéfiniment de l'abondance des bienfaits du Très-Haut. Sa volonté, cédant aux poussées de l'orgueil, ne sut pas rester soumise à l'ordre de Dieu : dans un fol élan d'ambition désordonnée, elle crut pouvoir s'élever jusqu'au Créateur. "Vous serez comme des dieux. "

Le premier homme, déchu de l'état de justice originelle, perdit l'immortalité et l'équilibre parfait de ses forces, en même temps qu'il entraînait dans sa chute tout le genre humain, dont Dieu l'avait constitué et le père et le chef.

C'en était fait : l'âme humaine devait désormais se traîner lamentablement à travers les luttes terribles de la concupiscence, née du premier péché. Le sang infiniment précieux d'un Dieu Rédempteur puriefiera l'âme de la tache originelle ; la convoitise vivra dans l'homme tant que vivra son corps.

Toute la vie de l'homme tient donc dans ces deux mots : Dieu, les passions : Dieu, la fin dernière ; les passions qui se dressent entre Dieu et l'homme et que l'homme doit dompter pour arriver jusqu'à Dieu.

La Franc-maçonnerie est née d'une pensée de haine et de vengeance contre l'Eglise catholique : détruire dans les âmes l'édifice sacré du dogme catholique, telle est sa préoccupation capitale. Elle s'acharnera surtout à démolir la pierre angulaire

de cet édifice, le dogme du péché originel.

Les premiers — qui furent aussi les plus illustres — écrivains de la Maçonnerie en France, Jean-Jacques Rousseau, Voltaire, Condorcet, et tous les encyclopédistes à leur suite, enseigneront dans leurs ouvrages le contre-dogme de la bonté native de l'homme : l'homme, abandonné aux penchants de sa nature, est bon ; ce sont les lois et les institutions qui le corrompent.

Voilà le thème sur lequel broderont désormais les francs-macons de tous les temps et de tous les pays.

C'est le Contrat Social ç\vii lancera l'idée : c'est là qu'iront la chercher les Constituants de 1789 et les Conventionnels de

'* Les erreurs morales et religieuses, et

surtout cette fatale croyance à la perversité naturelle de l'homme, disait, il y a quarante ans, le Globe^ journal maçonnique, sont cause de presque toutes les méchancetés humaines. L'homme est né bon, les institutions seules sont mauvaises. " (tome II, p. 210).

Il y a une trentaine d'années, le F.'. Penlevey, député du Havre, répétait dans une loge de Paris, comme conclusion de toute l'œuvre de la Maçonnerie : '^ Qu'il ne soit plus question de réhabilitation : l'homme n'a jamais déchu ; il ne fait que grandir incessamment (^). "

L'esprit de la Maçonnerie s'est trouvé tout entier condensé, à la fin du dix-huitième siècle, dans la secte des Illuminés, fondée par Weishaupt à Ingoldstadt en 1776. Cette secte avait alors la direction de toutes les loges de l'Europe continentale.

Voici comment Weishaupt nous livre la pensée fondamentale de son système :

'' L'égalité et la liberté sont des droits essentiels que l'homme, dans sa perfection originaire et primitive, reçut de la nature. La première atteinte à cette égalité fut portée par la propriété ; la première atteinte à cette liberté fut portée par les sociétés politiques ou les gouvernements : les seuls

(i) C/2 a ine d^ 7.' n?'o7i, journiil uiaçonuique, a.n. iS'jy, p. S4.

appuis de la propriété et des gouvernements sont les lois religieuses et civiles. Donc, pour rétablir l'homme dans ses droits primitifs d'égalité et de liberté, il faut commencer par détruire toute religion, toute société civile et finir par l'abolition de la propriété {'). "

Vous avez là les fondements de ce fameux Temple, à la construction duquel travaillent avec ardeur tous les francs-maçons du monde.

Il est temps de parler de cette légende maçonnique.

'' Un vaste temple à construire; des apprentis, des compagnons, et des maîtres qui y travaillent; Hiram ou Adonhiram, un des maîtres, assassiné par trois de ses compagnons pour lui arracher le mot de passe ou la parole du maître ; le corps de ce maître enfoui dans la terre à retrouver et à remplacer; sa mort à venger; la construction du temple reprise pour être ache-

(i) Code illuminé. — Systhne ghicral. (V. Robiano, Continuation de. l' Histoire de l'Eglise, t. II. pièces justificatives, }). 395 et tout le ilsi<^, p. 391-457). —

vée : telle est la fondamentale et universelle allégorie, base et essence de la Franc- Maçonnerie et de toutes les sociétés secrètes ô). "

Tout est symbolique dans cette fable, inventée dans le seul but de cacher aux profanes les vraies doctrines et le but réel de la Franc-maçonnerie.

Ragon, écrivant pour ses frères son grand Cours dHnitiations maçonniques^ se chargera de nous révéler l'idée qui se cache ici sous les voiles de la légende.

" Le nom de Chevaliers du Temple, ditil en parlant de ses prédécesseurs les Templiers, ne se rapportait pas, comme on le croyait, à l'église du Saint-Sépulcre ; par suite de leurs idées mystiques, les chefs de l'ordre avaient en vue un autre temple plus digne surtout de la Divinité, le monde entier peuple d^ho^nmes libres et vertueux. C'est à la construction de ce temple qu'ils travaillaient ; et celui qu'autrefois Jérusalem avait vu s'élever, sous le règne de

(i) Deschanips, I, p. 4.

Salomon, en était le symbole, moins encore à cause de sa magnificence que de son unité (0."

''Le 26 janvier 1879, le F.". Gobletd'Aviella, un des chefs de la Franc-Maçonnerie belge, disait à la loge des Amis philanthropes de Bruxelles : " Peut-on contester l'utilité d'une vaste association comme la Maçonnerie, qui, en présence des théocraties s'écroulant de toutes parts, se rassemble pour dédier des temples, comme nous le faisons aujourd'hui, an culte qui survivra à tous les cultes^ parce qu'il repose sur une conception progressive de la nature (0 ? "

Le Temple maçonnique, dans la pensée de ses ténébreux architectes, doit donc s'élever sur les ruines de toutes les religions à la gloire de la Nature. C'est le Temple de " r huma7iitê sans Dieu ", en attendant qu'il devienne celui de " P hinnanite se faisant Dieu'\ pour finir enfin par être le

(i) Ragon, G??/r5 etc. p. 31, 32, n.

(2) Cité par \<i Courrier de Bruxelles, du 7 mars 1879. V. Deschamps, I, 21.

Temple de " V humanité contre Dieu " : ''tel est l'édifice que la Maçonnerie cherche à élever à la place de l'ordre divin qui est P humanité avec Dieu (^). "

Nous trouverons, après cela, tout naturel d'entendre dire à l'un des premiers orateurs de la loge du Mont-Thabor, à Pans : "... Il est en conséquence indubitable qiie cet art royal, ce temple symbolique et mystérieux, l'ordre maçonnique enfin, est l'emblème de la nature, de la vérité préexistante. Cet ordre est donc la loi naturelle, l'unique et véritable religion (^) " et au F.'. Lucipia, dans son discours d'ouverture au Congrès Maçonnique International de Paris en 1900: "Travaillons, mes F.'., apportons notre pierre pour la construction du temple de l'humanité, au fron-

(i) La déification de Vhuma7iitc ou le côté positij de la Franc- Maçonyierie, par G. M. Pachtler, S. J. — Fnbovirg-en-Brisgau, Herder, 1875.

(2) L'orateur franc-maçon, ou, Choix de discours prononcés à l'occasion des solennités de la Maço?inerie, relatifs au dog7ne, à V histoire de V ordre, et à la morale e?iseignée dans les ateliers, recueillis i^qj l'auteur du Manuel inaçonnique. Orient de Paris, frères Caillet, 1825, p. 31.

ton duquel, lorsqu'il sera achevé, on écrira : La solidarité gouverne le monde. "

Il était de la plus haute importance de bien mettre en lumière l'idée-principe de tout le système maçonnique : la perfection de la nature humaine, qui rend Dieu inutile.

Les Francs-Maçons peuvent venir nous parler maintenant de leur religion, de leur Dieu, du Grand Architecte de l'Univers.

Nous leur répondrons par la bouche de Ragon : ''Le devoir de l'homme envers Dieu variera selon les individus, et selon l'idée qu'on se sera faite du Grand-Etre à qui l'on rend ce culte.

Admirons ici la haute sagesse et la prudence de ceux qui ont conçu le plan de la Maçonnerie : ils connaissaient toutes les variétés d'opinions et de doctrines qu'il est inutile d'énumérer ici ; ils s'appelèrent maçons et dirent qu'ils bâtissaient un temple à la vérité et à la vertu ; ils nommèrent ce par quoi tout existe : Gra7id A rch itecte de l ' Un ivers ( ' ) . "

(i) RagoD, Cours, etc. p. 98, 99, 100.

Vous croyez que ce par quoi tout existe est le soleil? Entrez, cher ami, dans le Temple maçonnique : vous y serez chez vous, tout comme celui qui fait du Bouddha son maître suprême ou qui aurait jugé bon de donner son âme à Satan. N'oubliez pas toutefois que celui-là surtout sera le vrai yr<2;2<:-maçon, le maçon ^^ libre de toutes redevauces ", qui ne reconnaîtra dans le monde d'autre maître que la nature humaine, telle qu'il la trouve en lui-même, d'autres lois que celles de sa raison.

Au Couvent de la Grande Loge de France du Rite Ecossais tenu en 1904, le F.*. Platel présenta aux membres de la Loge un vœu ainsi conçu: '^11 est indispensable de maintenir la formule" A.'. L.*. G.*. D.-. G.-. A.'. D.-. L'U.-. (^) pour les relations internationales, sur les diplômes de M.*, de G.*. L.'. de France. . ." Au cours de la discussion que suscita la présentation de ce vœu au Couvent, le F.*. Sergent,

(i) Lisez : A la Gloire du Grand Architecte de l'Univers. V. La Franc- Maçonnerie démasquée. No du 25 avril 1905.

fatigué, sans doute, de la longeur inutile de cette dispute hypocrite, eut un accès de franchise brutale : "Je remarque, dit-il, que la question n'est pas posée sur son véritable terrain. Depuis que je fais partie de la Franc-Maçonnerie, j'entends, à tout instant, discuter sur la signification de cette formule. Ceux qui ont reçu une initiation supérieure savent qu'elle n'a aucune valeur religieuse. Le G.*. A.', de L'U.*., ce n'est pas Dieu, c'est la Maçonnerie (')."

" La Franc-Maçonnerie n'a ni croyances, ni système officiels, c'est ce qui fait sa force.. . Le vrai principe de la Franc-Maçonnerie, c'est qu'elle croit à la fécondité inépuisable du cerveau humain...", disait le F.*. Baril à la loge de Bordeaux, Xdi Française (T Aquitaine^ en 1882 (').

Encore un coup, voulez-vous savoir ce que la Franc-Maçonnerie entend par Religion f " Ce mot sublime de religion^ di-

(i) Grande Loge de France. Compte-rendu du Convent de 1904. p. 81 et suiv.

(2) V. La C//az«^ ^'?^«/d?« dedécembre 18S2.

sait le F.*. Gambetta, le 29 août i88t, en ouvrant une conférence sur l'enseignement laïque faite à Paris par le F.'. Paul Bert, ne veut pas dire autre chose en effet, que le lien qui rattache l'homme à l'homme, et qui fait que chacun, égal à celui qu'il rencontre en face, salue sa propre dignité dans la dignité d'autrui, et fonde le droit sur le respect réciproque de la liberté (M."

Nous voici enfin fixés : le Grand Architecte de l'Univers, dans la Maçonnerie, c'est tout ce que vous voudrez, excepté Dieu ; le vrai culte du maçon, c'est la déification de l'homme.

Il n'est pas besoin d'être profond philosophe pour comprendre l'espèce de morale qui doit découler d'un pareil dogme.

L'homme est son maître absolu : liberté ; chaque homme est son propre dieu : égalité; tous les hommes sont des dieux : Jraternité. " Voyez . . . quelle espérance nous donne la résurrection de celui qui en réalité n'était pas mort, mais qui reviendra un

(i) Cité par Deschamps, III, 308.

jour pour repreudre l'œuvre du maître, c'est-à-dire pour reconstituer la société sur des bases nouvelles ('), où régnera la triple devise de Liberté, Egalité, Fraternité.

Aussi, fidèle à cette devise, nous voyons la Mac.*, à l'œuvre ^i prendre une large part à la Révolution française^ qui s'emparera de sa devise. Aussi est-elle adoptée actuellement en France. . . (^) "

Le dogme maçonnique de l'égalité absolue est la négation de toute autorité : l'homme est sa fin et sa loi ; ce sont les instincts de sa nature libre qui seuls doivent régler sa vie. ^' Toute la morale maçonnique consiste à recourir à ce que la Maçonnerie appelle P égalité et la liberté primitives^ c'est-à-dire à l'état de brute, en dehors de toute loi divine et humaine (■^). "

(i) N. B. — Cette formule est la marque de fabrique des i.lécs maçonniques. Avis aux Canadiens français qui la trouveraient sous la plume ou sur les lèvres des reformatent s d'aujourd'hui,

(2) Extrait du discours prononcé à une séance commune des loges maçonniques de Lyon, le 3 mai 1882, parle F.*. Régnier et publié dans la Chained' Union d'août 1882.

(3) Dt^schamps, I, 144.

'^ L'homme est sensible au plaisir et à la douleur physique ; il fuit l'un et cherche l'autre ; c'est ce qu'on appelle amour de soi^ dit toujours le philosoplie Helvétius, célèbre Vénérable de la loge où triomphalement fut reçu Voltaire, heureux d'hériter de son tablier. Cet amour de soi nous fait tout entiers ce que nous sommes. Tout autre sentiment, la vertu elle même, se confond avec celui-là, ou n'est qu'une passion factice (')."

L'amour de soi, sans aucun frein, qui peut donc être poussé jusqu'à la plus abjecte immoralité, voilà la vertu maçonnique.

Il ne faut pas laisser soupçonner aux candidats encore naïfs l'abominable réalité du système maçonnique.

Nous ne connaissons rien de plus caractéristique de l'odieuse hypocrisie des sectaires que cette page tirée des Révélations d^ un franc-maçon de Modène, publiées par

(i) Helvétius, De VHomme, t. I, Chap, 4 et suiv. V. Deschamps, I, 144.

Mgr Gerbet, en 1843, dans le Mémorial Catholique :

*' Prenons bien garde de nous expliquer si clairement ('), avant d'avoir bien reconnu les dispositions et la force de caractère de l'aspirant ; si nous ne le trouvons pas assez solide, si nous croyons que la position devienne délicate, nous devons sur le champ dresser une nouvelle batterie, à force de ruse et d'adresse, donner un tour plus favorable, affaiblir ou atténuer la force de chaque terme, jusqu'à même en faire disparaître notre intention . . . Cette liberté, cette égalité ne regardent que la société, sans songer à s'étendre plus loin ; il ne s'agit pas de révolte, d'indépendance, de soustraction à toute autorité ; tout doit se métamorphoser en un instant avec adresse ; ce ne sont plus que devoirs à remplir^ quhin Dieu à reconnaître^ que vertus à pratiquer, que soumission et fidélité invio-

(j) Il vient d'expliquer ir^.s clairement "qu'on entend en Maçonnerie par liberté et égalité le renversement de toute autorité et de toute religion révélée. " — Deschamps, I, 152.

lable à observer à l'égard de toute autorité. Il faut savoir paraître à propos encenser et adorer le colosse qui nous écrase ('), pour travailler plus sûrement à sa ruine (-)."

Nous laissons ces paroles à méditer à tous les Canadiens-français qui pourraient croire que la Franc-maçonnerie est morte au Canada parce qu'on ne l'entend plus revendiquer tout haut l'établissement d'un ministère de l'Instruction publique à Québec (3).

D'après la philosophie maçonnique, tout homme est roi : la multitude est donc une assemblée souveraine. C'est le règne tyrannique du nombre ; c'est la majorité qui fait la loi. L'Etat est souverain ; il est la source du droit.

Contrairement à l'enseignement catholique qui fait de la loi, avec S. Thomas, '^ une ordoJinance de la raison pour le bien

(i) Lisez: L^ Eglise Catholique.

(2) Révélations d'un franc-maçon. Mémorial Catholique, t. IV, p. 296 et siiiv.

(3) On a entendu de nouveau sa voix depuis que ces lignes ont été écrites.

commun^ promulguée par celui qui a la charge de la communauté {^^^ " la Maçonnerie, avec Jean-Jacques Rousseau, définit la loi : '^ V expression de la volonté générale. "

Tandis que la philosophie catholique rappelle au législateur que ^^ toute puissance vient de Dieu '' et qu'il ne peut, sans manquer aux lois divines, léser le moindre droit de la plus faible des minorités, la doctrine maçonnique établit comme règle suprême du droit la brutalité du nombre. C'est la criminelle absurdité du suffrage universel.

La volonté du plus grand nombre fait la loi. Plus de loi éternelle : " cette ordonnance, ou ce plan général de la raison divine, disposant éternellement lé monde réel et les mondes possibles en vue d'une fin commune qui est d'abord la glorification de Dieu {^) ! " Plus de loi naturelle : cette promulgation de la loi éternelle faite

(i) S. Thomas. So7n?nc théol, 1ère part, de la 1ère quest. XC. art. 4.

(2) Une nouvelle idole, par F. Dubois. — Revue du Clergé Français, 15 novembre 1903.

à la raison Humaine par son Divin Auteur et qui lui fait connaître Tordre éternellement établi par Dieu dans les choses créées ! Tout doit se prosterner devant ce fétiche, devant cette '^ nouvelle idole : " l'expression de la volonté générale, la loi.

Quelles injustices n'a-t-on pas commises au nom de la loi ?

C'est au nom de la loi qu'on a volé l'enfant au père de famille ; qu'on a brisé la sainte indissolubilité du mariage ; qu'on a manqué honteusement au traité conclu avec le Saint-Siège ; qu'on a fait de l'école, sanctuaire jusqu'alors inviolé de l'enfance, un foyer d'incrédulité et de corruption ; qu'on a osé arracher des prétoires, un Vendredi-Saint, l'image sacrée du Juste; qu'on a chassé, à coups de crosses de fusils, de pauvres femmes coupables d'avoir donné leur vie aux pauvres et aux malades pour l'amour du Christ ; c'est au nom de la loi enfin qu'on veut aujourd'hui arracher du cœur de la Fille aînée de l ^Eglise le nom même de Dieu.

*' La loi est dure, dit-on ,.mais c'est la loi.

Ce respect fétichiste pour la loi, ou plutôt pour le mot que les innombrables Brindoisons de notre époque affichent en toute occasion, est un des symptômes les plus inquiétants de l'abaissement de la raison populaire et de la conscience sociale (')."

Création de l'esprit maçonnique, que celui-ci veut faire triompher dans le monde par l'avènement de la République Uniselle qu'il espère et qu'il prépare depuis longtemps.

C'est dans ce but que ^' dès le grade d'apprenti, elle la (Franc-maçonnerie) fait dire au récipiendaire par le vénérable : " Puissiez-vous, fidèle à jamais aux engagements que vous venez de contracter, nous aider à achever l'œuvre sublime à laquelle travaillent les niaço7ts depuis tant de siècles^ celle surtout de la réunion des hommes de tous les pays ^ de tous les caractères, de toutes les opinions, civiles ou religieuses, en une seule et même famille d'amis et de frères {') I "

(i) Une nouvelle idole, par F. Dubois. — Revue citée.

(2) Ragon, Cours, etc. V. Deschamps, I, 254.

" La Franc-Maçonnerie s'efforce de préparer les Etats-Unis non seulement d'Europe, mais de la terre entière (')."

Ecoutez Bazot, secrétaire du Grand- Orient : '* Peuples, soyez frères ! L'univers est votre patrie (^)! " C'est alors que l'idole maçonnique pourra être adorée par tou. te la terre. Il n'}- aura qu'un Etat. " La raison sera alors le seul livre des lois, le seul code des hommes (^). "

Peut-on s'étonner à bon droit qu'un tel programme ait pu être énoncé dans les Loges quand on a vu, en plein dix-neuvième siècle, le Piémont englober d'un seul coup tous les Etats d'Italie et la Prusse fonder un empire sur les ruines des petits Etats allemands?

La patrie n'existe pas pour les francsmaçons. Respecteront-ils au moins la famille ?

" La fam.ille, âest P obstacle^ elle est à dè-

(i) Compte-rendu du Couvent de 1895, P- 209.

(2) Ecrits originaiix des illumines, t II, p. 2. — Barruel, Aîémoires, etc. t, III, p. 126 et suiv,

(3) Tableau historique, philosophique et moral de la Franc- Maçonnerie , par le F.-. Bazot, p. 11, 10, 18.

truire^ si Von veut arriver à donner à tous une éducation égale et révolutionnaire ; puisque nous abolissons l'hérédité, V enfant n^ est plus r héritage du père et de la mère^ il appartient à PEtat^ " disait le citoyen Gratien pendant la Commune à une réunion du Conseil Central à THotel-de-Ville de Paris (').

** Le commandement d'aimer ses pères et ses mères prouve que l'amour des enfants est plus de l'ouvrage de l'habitude et de l'éducation que la nature", dit le célèbre F.*. Helvétius (^).

'' Dans le mariage maçonnique^ introduit depuis un certain nombre d'années dans les loges pour remplacer, après le mariage civil, le mariage religieux, ou plutôt le sacrement de l'Eglise, le dialogue suivant, rapporté par Maître Ragon, s'engage entre le vénérable et le premier surveillant, en face des nouveaux conjoints :

(i) Cité par Maxime du Camp. — Les Convulsions de Paris.

(2) De l'Esprit, dix. 4, chap. 10 — De r Homme, chap. 8.

'' Que pensez-vous, demande le vénérable, de l'indissolubilité du mariage?

— Qu'elle est contraire aux lois de la nature et de la raison. . .

— Et quel doit en être le correctif ?

— Le divorce. "

Autre cérémonie du mariage maçonnique : ^' on présente aux époux une baguette de verre. . . On la leur met entre les mains ; le F.*. G.*. E.'. (Grand-Expert) la reprend ensuite et la brise sous leurs yeux, pendant que le vénérable leur dit : ^' Les époux comprendront par ce symbole que leur union peut être volontairement et légalement rompue par eux, comme vient de l'être cette baguette. Nous n'admettons pas, entre cito3'ens libres, les liens indissolubles et les contrats sans clause résolutoire (0."

(i) Rituels Maçonniques pour fermes blanches, par le F.-. Biatin. p. 20 — V, Le plan Maçonnique, par Michel Le François — Lille — Librairie J. Colpier & Cie. 5 rue des Poissonceaux, 1905. Ce dernier ouvrage est indispensable à tout catholique qui veut connaître l'influence politique de la Franc-maçounerie en France.

Que feront-ils de l'enfant? La chose de TEtat.

Tandis que le bon sens nous enseigne que c'est le père, et surtout la mère, qui sont les éducateurs naturels de l'enfant, la Maçonnerie, fidèle à sa nég'ation de toute autorité, répand l'idée fausse que l'enfant appartient en naissant à l'Etat et fait établir partout où elle le peut le monopole de l'enseignement.

Voulez-vous savoir pourquoi la Franc- Maçonnerie est pour le monopole de l'Etat dans l'enseignement?

^' Si nous n'étions pas en face de l'enseignement congréganiste('), si nous nous trouvions en face de l'enseignement libre laïque (^), disait un orateur du Couvent de 1901, est-ce que vous croyez que nous discuterions la question du monopole, ne laisserions-nous pas chacun libre d'enseigner comme il le voudrait et ne jaillirait-il pas quelque chose de meilleur que le monopole ? Le monopole n'est pas mi but^ c'est tin

(i) Lisez : catholique.

(2) Lisez : neutre ou athée.

moyen pour mater les congrégations ou pour combattre la concurrence que fait renseignement congréganiste à l'enseignement laïque (/). "

Cet aveu cynique est bon à retenir. Il j ette une lumière éclatante sur la thèse Hypocrite de / ^ unité ?norale donnée en public par les francs-macons comme le but dernier qu'ils se proposent en demandant pour l'Etat le monopole de l'enseignement.

Etonnez-vous maintenant d'entendre émettre le vœu suivant par le Congrès des Loges de l'Afrique du Nord, réuni à Tizi-Ouzon, le 12 et 13 avril 1903 :

''1° — Qu'une disposition ainsi conçue soit ajoutée au Code Civil : Défenses formelles soient faites aux parents, ascendants, ou ayant droits quelconques, de donner ou d 'enseigner à leurs enjants une religion quelle qti'elle soit^ sous peine de déchéance de puissance paternelle et de puissance légale. Et qu'en cas d'infraction

(i) Compte-rendu du Couvent de 1901 — V. Les Jacobins au pouvoir — par Paul Nourrisson, Paris, Perrin&Cie. 190.1, p. 126.

dûment constatée, les enfants^ pupilles ou descendants^ seront retirés et confies à l ^ Etat^ aux frais des parents et ascendants ;

2° — Que l'instruction laïque^ obligatoire donnée par l'Etat soit seule autorisée et que les parents qui voudraient instruire les enfants à leur domicile ne puissent le faire, qu'avec le concours d'instituteurs ou d'institutrices approuvés et présentés par l'Etat (;)!"

Vous avez là, en passant, un exemple frappant de la sincérité avec laquelle les francs-maçons s'efforcent d'appliquer l'article 1er. de la Constitution du Grand- Orient de France : '' elle ( la Franc-Maçonnerie ) a pour principes la tolérance mutuelle , , . la liberté absolue de conscience (^)."

La propriété n'est pas plus sacrée aux maçons que la patrie et la famille.

"Au Couvent de 1899, ^^ P-*- Desmons s'écrie dans un toast : "Je résume tout ce

(i) Compte-rendu du loe Congrès Maçonnique des Loges de l 'Afrique du Nord à Tizi-Ouzon, p. i-] . — Imprimerie administrative et commerciale Alexandre Jaus. 1903.

(2) Rituels du F.-. Blatin, 1895.

que je viens de dire en un seul mot : La République ^ car ce mot veut dire pour moi Antimilitarisme ^ anticléricalisme^ socialisme {').''

'*Le Couvent de 1903 s^est prononcé pour la socialisatio7i des moyens de production et dans le même sens, celui de

1904 a voté "une proposition d'affirmation socialiste. "

Le F.*. Rouanet disait, en 1897, dans une loge du Nord : ''Si la Maçonnerie veut continuer son rôle elle sera socialiste. La Maçonnerie a tué Dieu et vidé le Ciel, mais si le Ciel est vide, la terre n'est pas encore à vous. Ni Dieu, ni Maître, telle sera bientôt la formule maçonnique (^)."

Le F.*. Rouanet s'est chargé pour nous de résumer en quatre mots les doctrines actuelles de la Franc-maçonnerie.

(i) Comptes-rendus des Con vents de 1899, 1903,

(2) Cité par Michel Le François. Le plan, etc. p 134— A^. B. On n'ignore pas que dès 1877 ^^ Maçonnerie avait supprimé Dieu dans sa constitution du Grand-Orient ; le G.-. A.-. D.-. L'U.-.

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