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LE BUT DE LA FRANC-MAÇONNERIE

UN des plus illustres maçons, le F.".

Diderot, a dit : ''Le mensonge est si peu essentiellement condamnable en lui-même et par sa nature qu'il deviendrait une vertu s'il pouvait être utile ('). "

Les francs-maçons font acte de vertu chaque fois qu'ils mentent pour une cause utile.

Ce court chapitre servira d'exemple pour illustrer cette règle fondamentale de la morale maçonnique.

La Constitution du Grand-Orient de

(i) Systhne Social, part. I, chap. 2,

France dit : '^ L'ordre des Francs-maçons a pour objet la bienfaisance, l'étude de la morale et la pratique de toutes les vertus.

// a pour base : l ^existence de Dieu, l 'i77i7no7't alite de l \une et Pa77iou7' de l ^hu- 77ia7iitê. "

A la dernière partie de Tarticle : " // <2 pour base : rexiste7ice de Dieu^ ^X.(i^\ on substitua au Couvent de Paris, tenu le 14 septembre 1877, la déclaration suivante : '^ La Franc-maçonnerie a pour principes : la liberté absolue de conscience et la solidarité humaine. Elle n'exclut personne pour ses croyances. "

Déjà, en 1869, au Congrès des Loges de PEst^ tenu à Metz, le F.'. Jean Macé, le fondateur de la trop célèbre Ligue de LEtiseig7ie77te7it(^)^ avait demandé qu'on remplaçât dans la Constitution l'affirmation de Texistence de Dieu par une déclaration

(i) C'est la fille de cette Ligue de l 'Enseignement que les Canadiens-français ont vu naître et mourir à Montréal (V. La Ligue de l'Enseignement — par Henri Bernard. Notre Dame-des-Neiges Ouest, P. Q. 1904). N'oublions jamais que si la Ligue est morte, ses membres sont encore bien vivants.

portant que la Maçonnerie avait pour principe unique la solidarité humaine.

Voilà les bonnes gens rassurés : la Franc-maçonnerie est une société de bienfaisance, fondée sur " l'amour de l'humanité "et la '' liberté absolue de conscience "; c'est une association philanthropique.

Au Congrès Maçonnique qui s'ouvrit à Naples le 8 décembre 1869, à la même heure où " l'immortel Pie IX ouvrait au Vatican les grandes assises du monde catholique "(/), une déclaration, adoptée par acclamation et contresignée par le Président, porte ce qui suit :

'' . . . En ce qui concerne la question philosophique et religieuse, considérant que l'idée de Dieu est la source et le soutient de tout despotisme (^) et de toute iniquité, considérant que la religion catholique est la plus complète et la plus terrible

(i) Ce Congrès Maçonnique est connu dans l'histoire sous le nom d 'Anti-Concile de Naples. Y prirent part 700 délégués des grandes loges des Ktats-Unis, du Mexique, du Brésil, d'Asie, d'Afrique et de tous les pays d'Europe.

(2) Lisez : de toute autorité.

personnification de cette idée, que l'ensemble de ses dogmes est la négation même de la société, les libres-penseurs assument l'obligation de travailler à l'abolition prompte et radicale du catholicisme, par son anéantissement, par tous les moyens, y compris la force révolutionnaire ('). "

Voici comment s'exprimait, en 1818, dans une note confidentielle, un des chefs de la Haute-Vente romaine (') :

'' Notre but final est celui de Voltaire et de la Révolution française : l'anéantissement à tout jamais du catholicisme et même de l'idée chrétienne, qui, restée debout sur les ruines de Rome, en serait la perpétration plus tard (^). . . "

(i) Le récit de cet épisode de l'histoire maçonnique est emprunté à un mandement de Mgr Martin, évêque de Natchitoches, Etats-Unis, publié en 1875, (Dtschamps, I, 114).

(2) Hautes- Vérités est le nom que s'étaient donné les grandes Loges maçonniques d'Italie, au commencement du XIXe siècle, pour pouvoir mener plus aisément, sous le couvert de sociétés commerciales, la campagne révolutionnaire qui aboutît à la suppression du pouvoir temporel.

(3) Cité par Crétineau-Joly. / 'Eglise en face de la Révolution, t. II, p. 85-88. La correspondance des

M. d'Asveld, un des membres de la loge de Clermont qui avait revendiqué publiquement Phon7ieur de porter le nom d^ Ordre du Temple^ a dévoilé, en 1832, le but qui animait la secte à cette époque : '* Avant la révolution de 1789, ils (les nouveaux templiers ) n'avaient d'autre but avoué que l'anéantissement du catholicisme. . .Après quoi ( la mort de Louis XVI ) leur irritation s'est calmée et a fait place au besoin de travailler au but que se proposent toutes les fractions du Te7nple {^) : P affranchissement absolu de r espèce huinai^ie ; le triomphe des droits populaires^ de Pautoi^itè légale ; r a?têantissement de tous les privilèges sans nulle exception^ et une guerre à mort contre le despotisjne religieux ou poli-

inembref-î de la Haute- Vente italienne avait été saisie, à la mort de l'un d'eux, par le gouvernement pontifical sous le règne de Léon XII. Tous les papiers de cette correspondance ont été communiqués à Crétineau-Jo!y par Grégoire XVI lui même, au mois de mars 1846, et publiés plus tard avec l'approbation expresse de Pie IX. Ils sont encore aux archives du Vatican (Deschamps, Introd. p. CVI )

(i) lyisez : les loges maçonniques du monde en

tique ^ de quelque couleur quHl puisse se parer (0. "

" L'anéantissement du catholicisme," c'était déjà beaucoup promettre pour une ^oz\k\.k: philanthropique ; ajouter à cela la Révolution universelle, c'est vraiment trop bienfaisant.

" Déchristianiser la France par tous les moyens, mais surtout en étranglant le catholicisme peu à peu, chaque année par des lois nouvelles contre le clergé. . ., arriver enfin à la fermeture des églises (^) . . . Dans huit ans, grâce à l'instruction laïque sans Dieu, on aura une génération athée (f). On fera alors une armée et on la lancera sur l'Europe. On sera aidé par tous les frères et amis du pays qu'envahira cette armée." Telles sont les résolutions

(i) Cité par Amant Neut, La Franc - Maçonnerie . t, I, p. 51.

(2) Le projet de loi de séparation, que la Chambre française vient d'adopter, nous fait paraître prochaine la réalisation de cet article du programme maçonnique.

(2) Canadiens-français, gare à vos écoles !

qui furent prises à un convent très secret, tenu le II juin 1879 (').

Vous plairaît-il maintenant d'entendre la même chose dite, cette fois, en style maçonnique^ je veux dire hypocrite?

Il y a chez les francs-maçons le style pour les initiés et le style pour les profanes. Ils se servent du premier pour parler à ceux qu'ils ne peuvent plus tromper ; c'est avec le second qu'ils s'adressent aux imbéciles, à ceux qui ne voient rien ou qui ne veulent rien voir.

Nous formons trop souvent cette dernière partie de l'auditoire, nous les catholiques. Voici pour nous :

^' Il y a deux principes dans la société moderne qui sont en lutte continuelle : la Réaction et le Progrès (') ; il y deux institutions qui se font les défenseurs et les soutiens de ces deux principes : le jésui-

(i) Mgr Fava, Le secret de la Franc- Maçonnerie. (Paris 1S82, in-12; p. 121.

(2) C'est à l'aide de ces deux mots que la Maçonnerie a fait le pire de son œuvre dans les intelligences contemporaines et ébranlé même des esprits catholiques.

tisme combat pour le premier ('), la Maçonnerie pour le second ... La réaction se compose d'abord de tous ceux qui, possédant des privilèges, profitent des préjugés et des erreurs du temps passé, se cramponnent à eux pour les conserver . . . L'autre principe qui est celui du Progrès, est défendu par la Franc-Maçonnerie, par vous, mes FF.*. C'est. . . la Franc-maçonnerie qui a ramassé le drapeau du Progrès que le christianisme, mentant à son origine et aux idées sublimes de son fondateur, avait laisser tomber de ses mains (^)." Traduisons ce morceau caractéristique de la langue niaçofunque en langue vulgaire : Deux forces se disputent la société moderne : l'Autorité ( la Réaction ) et la Révolution ( le Progrès ) . . . Le Catholicisme ( le Jêsîutisme) (^) combat pour le pre-

(r) Les francs-maçons rendent hommage aux Jésuites en le«î regardant partout comme les champions de la vérité catholique.

(2) Travail officiel lu au Congrès des loges de l'Ouest de la France, tenu à Nantes en 1883. V. L'ennemie sociale \>2iT ¥. Rosen. p. 7.

(3) Prière de noter la traduction de jésuitisme en catholicisme. Ce mot de jésuitisme a trouvé de la

mier, la Franc-maçonnerie pour le second ... La Réaction ( le parti de l'autorité, les catholiques ) se compose de tous ceux qui, possédant des privilèges ( faisant partie d'une hiérarchie soit religieuse soit civile ), profitent à^s> préjugés ( dogmes révélés ) (') et des erreurs du temps passé, se cramponnent à eux pour les conserver ... Et pour tout dire en deux mots : Le catholicisme défend l'autorité ; la Francmaçonnerie combat pour la Révolution.

Au Couvent du Grand-Orient de 1881, le F.'. Belat exhortait ses frères à ne pas oublier le but que se sont proposé les fondateurs de la Maçonnerie. Vous l'entendrez parler du progrès^ tel qu'on le comprend dans les loges : '' Les temple catholiques ou protestants, ou israélites ! les religions ! mais, mes frères, c'est contre

vogue, on ne l'ig-nore pas, chez un certain nombres de catholiques. Ils ne s'aperçurent pas que les maçons les forçaient ainsi, sans qu'ils s'en doutassent. à se ridiculiser eux- même — déricalisjne est aussi synonyme de catholicisme chez les francs-maçons.

(i) A noter aussi ce mot de préjuges qui désigne toujours les dogmes révélés en langage maçonnique.

eux précisément ; c'est contre l'œuvre sacerdotale de tous les temps et de tous les pays que la Franc-maçonnerie s'est fondée ; c'est contre eux qu'elle livre ses combats séculaires, qui ont fait gagner dM progrès^ réfugié sous nos bannières, tout cet espace de champ et de soleil, ovi il se déploie et s'étend aujourd'hui (')."

Nous voilà bien avertis. Que l'œuvre sacerdotale soit belle, qu'elle soit grande, la Franc-maçonnerie ne l'attaquera qu'avec plus de force, qu'avec plus de rage ; que les écoles, que les collèges du Canada, fondés, soutenus et dirigés par les prêtres, aient sauvé la nationalité française en Amérique, qu'ils lui aient donné tous ses grands hommes, la Franc-maçonnerie n'en a cure : il faut tuer l'œuvre sacerdotale au Canada. On tâchera de faire comprendre au peuple canadien-français que toutes ces veilleries ont fait leur te^nps (^).

(i) Publié dans la Chaîne d'union, septembre-oct.

(2) N. B. Quand les francs-maçons veulent détruire une œuvre catholique, contre laquelle ils n'ont

Il y a longtemps que l'Eglise catholique a fait son temps, pour les maçons, et c'est contre leur gré, croyez-le bien, qu'elle dure encore. '' En vain, avec le XVIIP siècle, nous flattions-nous d'avoir écrasé l'infame : l'infâme renaît plus intolérant, plus rapace et plus affamé que jamais. . . C'est contre cette domination qu'il faut combattre. . . Pour atteindre ce but, il faut établir autel contre autel.

La Franc-maçonnerie combat le christianisme à outrance. Il faudra bien que le pays finisse par en faire justice, dut-il employer la force pour se guérir de cette

lèpre (0."

Toujours bienfaisante, cette association philanthropique ! C'est au monde entier qu'elle veut faire goûter ses bicnjaits.

^' Après avoir renversé le pouvoir temporel du Pape, de notre ennemi infâme et mortel, par le concours de l'Italie et de la

qu'un grief, sa qualité d'œuvre catholique, ils s'en vont répétant sur tous les tons qii 'elle a fait son temps.

(i) Séance des loges belges des 2 juillet 1846 et 24 juin 1S54, dans \^ Journal dWnver s, août 1857.

6o LE FLÉAU

France, nous affaiblirons la France, soutien de son pouvoir spirituel, par le concours de notre puissance et de celle de l'Allemagne. Et un jour viendra où, après le partage intégral de l'Europe en deux Empires, rAllemand d'Occident et le Russe d'Orient, la Maçonnerie les joindra en un seul avec Rome comme capitale de l'univers entier. Notre Chef Suprême régnera seul sur le monde, et assise sur les marches de son trône la Franc-macounerie partagera avec lui la Toute-Puissance. "

Ces paroles nous paraîtraient plutôt ridicules si nous ne savions pas qu'elles se trouvent, en toutes lettres, dans le texte de l'Instruction donnée au général Garibaldi, l'envahisseur des Etats Pontificaux, le 5 avril 1860, à Palerme, lors de son élévation au Grade Suprême de la Franc-maçonnerie (')•

Ce document historique jette un jour

(r) Citée par M. Rosen daus L'enneynie Sociale \ p. 21. Rosen déclare avoir pris copie de cette Instruction Maçonnique " sur l'exemplaire même que le Grand-Maître Anghéra lut en cette occasion. "

MAÇONNIQUE 6l

éclatant sur le rôle prépondérant que joua la Maçonnerie dans l'inique campagne qui devait aboutir à la prise de Rome en 1870.

Quatre ans après que la Maçonnerie eût donné l'ordre à Garibaldi de prendre Rome, le 26 décembre, le Vénérable de la loge Les Amis du Progrès^ le F.'. Van Humbeeck s'écriait à Anvers : ^' Ce qui est vrai de la Révolution est vrai de la Maçonnerie, dont la Révolution n ''est qiie la formule profane. Oui, un cadavre est sur le monde ; il barre la route du progrès : ce cadavre du passé, pour l'appeler par son nom, carrément, sans phrase, c'est le catholicisme ('). "

^' Le catholicisme disait un F.*, au Couvent de 1895, nous devons, nous, francsmaçons, en poursuivre la démolition définitive O."

'' Où est la tolérance mutuelle tant prônée en public par les francs-maçons ? " demandera une bonne âme.

(i) Cité par Mgr Delassus, Le problème de l 'heure présente, I, 22.

(2) Bulletin du Grand Orient, 1895, p. 168.

62 LE DLÊAU

'^ La tolérance est un principe fondamental de notre ordre, disait, au Congrès Maçonnique International de Paris, en 1900, le F.*. Cocq, mais tolérance ne signifie pas inaction ... il faut détruire la religion elle-même (')."

Avec cette manière d'entendre la tolérance, personne ne s'étonnera plus que les francs-macons deviennent vite mtolh'ables dans tous les pays catholiques qu'ils affligent de leur présence.

Le Canada en saura bientôt quelque chose. Il a déjà entendu l'hymne 2M progrès. C'est le prélude nécessaire de toute campagne maçonnique. On en verra bien d'autres.

Il est bon, en attendant, de lire ce que le F,*. Conrad écrivait dans le Banhûttc^ journal maçonnique de Leipsig :

" Notre adversaire est l'Eglise romanocatholique, papale, infaillible, avec son organisation compacte et universelle. C'est là notre ennemi héréditaire et implacable.

(i) Cité par Paul Nourrisson, Les Jacobins au oîivoir, p. 48.

Si nous voulons être de vrais et honnêtes francs-macons, si nous désirons faire avancer notre société, nous devons dire tout haut avec Strauss ; Nous somme francsmacons et rien autre. Les amateurs francsmaçons n'ont point d'avantage pour l'humanité. Ce sont des non-valeurs pour notre société. Chrétiens ou francs-maçons : faites votre choix (') ! "

Les Canadiens-français sauront choisir.

(i) Cité par DCvSchamps, I, 20.

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