SUPRÊME CONSEIL
pour la France et les possessions françaises
O.". de Paris, le 6 février 1905 (E *. V.\),
Le Conseil de V Ordre aux Loges de La fédération du Grand-Orient de France.
T.-. C.-. Vén.-.,
Différentes Loges nous signalent que certains chefs de corps, interprétant abusivement une
(2) Le Gaulois du 18 avril 1905.
yS LE FLÉAU
récente circulaire du ministre de la Guerre, obligent ceux de nos FF.*, qui appartiennent à Tannée à faire connaître les Sociétés ou Associations dont il font partie.
Nous vous prions d'informer les militaires membres de votre At.'. qu'ils peuvent se dispenser de révéler à leurs chefs leur qualité de francs-maçons.
Sans se livrer à aucune manifestation et sans se laisser aller à aucune de ces imprudences de langage qui nous ont parfois rendu leur défense difficile auprès du ministre de la Guerre, ils peuvent faire remarquer respectueusement aux chefs qui les interrogeraient sur ce point, que les règlements militaires ne semblent pas exiger une réponse à cette question, que c'est une affaire de conscience individuelle et qu'ils désirent garder sur ce point leur entière liberté de jugement.
Veuillez agréer, T.*. C*. Vén.-., l'assurance de nos sentiments frat.*. dévoués.
Le prèsideitt du Conseil de V Ordre^ N. Lafferre.
Les vices-présidents.
SiNCHOLLE, J.-B. MORIN.
Les secrétaires^ BouLEY, Massé.
Le garde des sceaux^ Pasouier. (i)
(i) Publiée dans la Croix de l ^Aube et reproduite dans la Croix, de Paris du 23 février 1905.
Saluez, maçons canadiens-français de / ^Emancipation ! Voici vos chefs qui passent.
Avant d'être citoyen, avant d'être soldat, il faut être maçon. Maçon avant tout. Périsse la patrie ! Vive la Maçonnerie !
" Le Franc-Maçon doit être citoyen . . . Mais il doit être Franc-Maçon d'abord^ candidat, conseiller de la cité, député, sénateur, ministre, président de la République ensuite (')."
N'oublions pas. encore une fois, que les francs-maçons sont des scandalises de la discipline monacale.
A celui qui nous demanderait une bonne définition de la Franc-maçonnerie nous répondrions : ''La Maçonnerie, c'est l'ii}^pocrisie."
Etudions un peu ses tactiques sournoises. Invariablement l'action de la Maçonnerie suit trois phases distinctes, quand elle s'exerce dans un pays catholique. Il faut d'abord propager les idées maçonni-
(i) Bulletin maço7i7iique. 1889, p. 267.
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ques : c^est la semence ; puis faire entrer ces principes dans les lois : C'est Vimposition des doctrines maçonniques au pays ; qu'on applique enfin dans la vie sociale au moyen d'un enseignement corrupteur et impie donné par l'Etat dans toutes les écoles: c'est V action maçonnique par le monopole de l'enseignement.
Il faut d'abord arracher petit à petit les fidèles à l'influence du prêtre. On commencera par dire que la politique est absolument indépendante de la religion. Le prêtre n'a rien à voir dans la législation du pays.
S'agit-il d'une loi sur le divorce en préparation ? On doit ignorer la mission que le prêtre a reçu de Dieu de faire respecter la sainte indissolubilité du mariage.
Le Parlement est-il à discuter un projet de loi sur l'éducation ? Malheur à l'évêque qui, voulant se prévaloir de son droit suprême, fondé sur la parole du Christ :
^' Allez l enseignez toutes les nations^ " tenterait d'éclairer son peuple ou les législateurs sur une aussi grave question !
MAÇONNIQUE 8l
" Uèvêque 7t'a rie7i à voir dans la politique ". Voici ce que disait le Canada^ de Montréal, dans son numéro du 6 mai 1905, à propos d'une circulaire adressée par Mgr Langevin, archevêque de Saint-Boniface, à son clergé sur la question des écoles du Nord-Ouest : " Pourquoi faut-il qu'en ces temps difficiles que nous traversons l^pal- Hum d'un Archevêque serve de drapeau aux démolisseurs ?
^'Pourquoi faut-il que la parole toujours grave d'un prince de l'Eglise se mêle et se confonde avec la voix d'une jeunesse inexpérimentée qui se complaît trop volontiers aux cascades des mots?
'' En toute sincérité, en toute bienveillance, nous dirons à Mgr Langevin que la direction spirituelle du diocèse de Saint- Boniface est U7ie chose et que la direction politique de la Confédération avec les immenses responsabilités qu'elle entraîne en est une autre. "
La semence maçonnique va très bien au Canada.
On crie contre P intolérance^ contre / V^r-
agération de ceux qui ne font pourtant que défendre les droits de l'Eglise.
Intolérance^ exagération^ intransigeance^ empiétement^ voilà des mots parfaitement maçonniques. Il est pénible de les trouver quelquefois dans la bouclie de certains catholiques. Les francs-maçons escomptent le zèle intempestif de ces naïfs à prêcher la tolérance. Ne vous y trompez pas.
^' En 1822, un juif de la Haute- Vente romaine écrivait à un de ses complices (') : C'est sur les loges que nous comptons pour doubler nos rangs ; elles forment à leur insu un noviciat préparatoire ; elles discourent sans fin sur les dangers du fanatisme, sur le bonheur de l'égalité sociale et sur les grands principes de liberté religieuse. Elles ont, entre deux festins, des anathèmes foudroyants contre l'intolérance et la persécution. C'est plus qu'il n'en faut pour nous faire des adeptes. Un homme imbu de ces belles choses n'est pas
(i) Deschamps, I, Introducl. par Claudio Jeannet, p. LXXXVI.
éloigné de nous ; il ne reste plus qu'à l'enrégimenter (^). "
'' Un mot qu'on invente habilement et qu'on a l'art de répandre dans certaines honnêtes familles choisies, pour que de là il descende dans les cafés, et des cafés dans la rue, un mot peut quelquefois tuer un homme. Si un prélat arrive de Rome pour exercer quelques fonctions publiques au fond des provinces, connaissez aussitôt son caractère, ses antécédents, ses qualités, ses défauts surtout. Est-il un ennemi déclaré ? Un Albani, un Pallotta, un Bernetti, un délia Genga, un Rivarola ? Enveloppez-le de tous les pièges que vous pourrez tendre sous ses pas ; crééez-lui une de ces réputations qui effrayent les petits enfants et les vieilles femmes ; peignez-le cruel et sanguinaire; racontez quelques traits de cruauté qui puissent facilement se graver dans la mémoire du peuple. Quand les journaux étrangers recueilleront pour nous ces récits qu'ils embelliront à leur
(i) Cité par Crétineau-Joly, L 'Eglise Roynaiiie en face de la Révolution, (édit-in-12 ) t. II, p. 120-121.
tour (inévitablement par respect pour la vérité) montrez, ou plutôt, faites montrer par quelque respectable imbécile ces feuilles où sont relatés les noms et les excès arrangés des personnages. Comme la France et l'Angleterre, l'Italie ne manque jamais de ces plumes qui savent se tailler dans des mensonges utiles à la bonne cause. Avec un journal dont il ne comprend pas la langue, mais oii il verra le nom de son délégat ou de son juge ('), le peuple n'a pas besoin d'autres preuves. Il est dans l'enfance du libéralisme, il croit aux libéraux comme plus tard il croira en nous ne savons pas trop quoi (^)."
La Franc-maçonnerie savait déjà, en 1819, créer une opinion de presse hostile à un homme qui pouvait la gêner dans
(i) Cet écrit maçonnique date de 1819. Il est fait ici allusion aux fonctionnaires pontificaux du temps du pouvoir temporel.
(2) Extrait de V Instruction secrète permanente donnée aux membres de la Haute- Vente — citée par Crétineau-Joly dans son œuvre, L'Eglise Romaine en face de la Révolution. V. pour le texte complet ''Le problème de V heure présente " — par Mgr Delassus, I, P- 356.
l'exécution de ses projets. Croyez-vous qu'elle a perdu aujourd'hui quelque chose de sa triste habileté ?
Dans un mandement de Carême, daté de 1850, Mgr Rendu, évêquejd' Annecy, dévoilait, avec une étonnante perspicacité, les méthodes honteuses que la Maçonnerie sait employer pour paralyser l'influence du prêtre.
'' Il ya une charte dictée par la secte anticléricale ; à force de ruse et de perversion, les adeptes sont parvenus à faire entrer ses principaux articles, tantôt un à un, tantôt subitement dans la législation de presque tous les peuples de l'Europe. Il est bon, N. T. C. F., que vous connaissiez cette marche souterraine des ennemis de vos âmes. Or, voici les principaux articles de cette constitution anti-chrétienne :
Tenez le. prêtre dans la servitude, et quand il s'avisera de trouver les chaînes trop pesantes, dites que c'est de la liberté.
Donnez la liberté de conscience aux héritiques, aux juifs, aux athées ; mais pre-
nez garde que le prêtre ni le catholique n'en jouissent.
Entravez, autant qu'il vous sera possible, le ministère du prêtre, séparez-le du peuple dont il est l'ami, le défenseur et le soutien.
Ne permettez pas que les œuvres de bienfaisance qu'il a fondées passent par ses mains et le rapprochent du pauvre dont il est le confident et le consolateur.
Otez-lui tout ce qui pourrait accroître la considération que le peuple a pour lui, chassez-le des conseils des assemblées délibérantes, des administrations, de partout, afin qu'il tombe dans la condition du paria.
Mettez en tutelle tout ce qui lui appartient ; qu'il soit, s'il est possible, étranger dans le presbytère, sur le sol des morts et jusque dans son église.
Ecartez-le de l'enfance, chassez-le des écoles populaires.
Sécularisez l'enseignement supérieur de manière à l'interdire au prêtre.
Dans la crainte qu'il ne parle trop sou-
veut à la raison du peuple, diminuez le nombre des fêtes, employez le dimanche à des exercices, des banquets, des réjouissances, des occupations qui éloignent le peuple de la morale évangélique ; dites-lui surtout que le travail sanctifie le dimanche mieux que la messe et la prière.
Etablissez des fêtes nationales, païennes ou de quelque nature qu'elles soient, pourvu qu'elles fassent oublier les fêtes chrétiennes.
Pour affaiblir le prêtre, efforcez-vous de le séparer des siens, soulevez le simple prêtre contre son Evêque ; séparez l'Evêque du Souverain Pontife. Brisez le lien de la hiérarchie et l'Eglise croulera.
Voulez-vous parvenir à dominer plus sûrement l'Eglise, adjugez-vous le droit de choisir, de nommer et de former les prêtres ; faites-les le plus possible à votre image. Ayez l'inspection des écoles ecclésiastiques, réservez-vous la nomination des professeurs de théologie, dictez leurs leçons. Au lieu des envoyés de
Jésus-Christ et de son Eglise, ayez des maîtres de religion et qu'ils enseignent la vôtre.
Tant que vous ne serez pas maîtres des consciences, votre pouvoir ne sera qu'un despotisme incomplet.
Faites fermer les cloîtres, chassez les religieux, confisquez leurs biens, et quand ils seront réduits à la misère, privés des droits de citoyens, écartés des œuvres de bienfaisance, chassés des écoles, déconsidérés par vos publicistes, vous crierez plus fort que jamais contre leurs usurpations.
Tout le monde ne vous croira pas, qu'importe ? Il y en aura toujours assez pour paralyser le parti-prêtre et nous aider à le détruire (')."
Nous serions peu étonné d'apprendre que beaucoup trouvaient ces prédictions du clairvoyant évêque très exagérées en 1850. Il n'y a pas un homme sérieux qui ne les trouve terriblement justes en 1906.
(i) Cité par Mgr. Delassus, dans Le problème de V heure présente, I, p. 421.
^' Les prêtres sont confiants, parce qu'ils croient dominer les âmes, écrivait d'Ancône, le 11 juin 1829, Felice, un des 'membres de la Haute- Vente. Montrez-les soupçonneux et perfides. La multidude a eu de tout temps une extrême propension vers les contre-vérités. Trompez-là. Elle aime à être trompée (') .''
Nous avons confiance que le peuple canadien-français saura déjouer les odieuses menées de la secte.
La lute est engagée. On va voir le courage et la franchise de la foi canadienne aux prises avec la lâcheté et l'hypocrisie de la rage maçonnique. La lâcheté est moins à craindre que l'hypocrisie. Les francsmaçons, sachez-le bien, ne reculeront devant rien pour arracher la foi de l'âme canadienne. Ceux qui les ont précédés dans les combats infâmes de la guerre anticatholique leur ont laissé et préceptes et exemples. " On exige de nous des choses qui, quelquefois, sont à faire dresser les
(i) Crétineau Joly — L'Eglise Romaine^ V. Mgr. Delassus, Le probli'me, etc. I, p. 371.
cheveux sur la tête, écrivait Malegari (') de Londres au docteur Breidestein, en ^S35«»^ ^t croiriez-vous qu'on me mande de Rome que deux des nôtres, bien connus pour leur haine du fanatisme ont été obligés, par ordre du chef Suprême, de s'agenouiller et de communier à la Pâque dernière? Je ne résonne pas mon obéissance, mais j'avoue que je voudrais bien savoir où nous conduiront de pareilles capucinades ('')."
On est en droit de tout attendre de ceux qui ne tremblent pas de s'abaisser à de pareilles profanations sur un mot d'ordre de leur chef.
La bassesse de la délation doit paraître peu de chose aux francs- maçons après ces horreurs. C'est une de leurs armes favorites. Elle leur a été transmise par Weishaupt, le fondateur de l'Illuminisme, qui fut aussi le rénovateur et l'inspirateur de la Maçonnerie à la fin du XVIIP siècle.
(i) Membre de la Haute- Vente.
(2) Crétineaii Joly — l'Eglise Romaine, etc — Mgr Delassus, Le problème de T heure présente 1. 375. —
Parlant du grade supérieur, appelé académique ou îiiifierval^ '' Je veux encore ici, dit Weishaupt, faire des adeptes les estions des îins^ des autres et de tous (^).'^
'' Appliquez-vous, dit-il encore à ses disciples dans ses instructions^ à la perfection intérieure et extérieure, à l'art de votis contrefaire^ de vous cacher^ de vous masquer en observant les autres, pour pénétrer dans leur intérieur. "
On lit encore dans les Ecrits Originaux de Weishaupt : " Pour apprendre à connaître les sujets qu'il peut enrôler, tout illuminé doit commencer par se munir de tablettes en forme de journal, diarium.
Espion assidu de tout ce qui l'entoure, il observera continuellement les personnes avec lesquelles il se trouve ; amis, parents ennemis, indifférents, tous sans exception seront l'objet de ses recherches ; il tâchera de découvrir leur côté fort, leur côté faible, leurs passions, leurs préjugés, leurs liaisons, leurs actions surtout, leurs intérêts,
(i) Lettre 4e à Caton,
leur fortune, en un mot tout ce qui peut donner sur eux les connaissances les plus détaillées ; chaque jour il marquera sur ses tablettes ce qu'il a observé en ce genre.
Chaque mois il fera deux fois le relevé de ses observations, il en transmettra l'ensemble à ses supérieurs ; et l'ordre sera instruit par là quels sont dans chaque ville ou da7is chaque bourg (^) les hommes de qui ils doivent espérer la protection ou redouter l'opinion. Il saura tous les moyens à prendre pour gagner les uns ou écarter les autres (^) ."
C'est guidés par ces principes du Vade mecum maçonnique que des Français ont osé violer les lois les plus sacrées de l'amitié, de la famille, de toute la vie sociale pour se livrer, de 1901 à 1904, dans l'armée française, sous la direction du Grand-
(i) Très utile pour les élections municipales, locales ou fédérales au Canada.
(2) Ecrits Origi7taux, réforme des Statuts, art. 9, 13 et suiv. Instruction pour les frères insinuants, sect. XI, No I ; poî(r les insinués, Nos i, 3 et 5 et Lettre à AjaXy 4e — Mémoires, Barruel, t. III, p. 26.
Orient, an plus odieux espionnage que le monde civilisé ait connu.
Ce fut un coup de tonnerre qui ébranla toute la France que cette révélation faite par M. Guyot de Villeneuve à la Chambre des Députés, le 28 octobre 1904 :
" Voilà le dernier document que j'apporterai à la tribune, disait le député nationaliste dans sa première interpellation. Il 3^ en a d'autres, non moins intéressants, que je pourrais montrer. Mais ce que je tiens à déclarer, c'est qiiHl e7i ressort dhine faço7t lumineuse que M, le ministre de la guerre [le G en. André) ^ d^ accord avec le préside^it du Conseil^ [^Eynile Combes) et d ^accord avec le Grand- Orieyit^ a organise co7itre V armée la dêlatio7i et Pespio7inage. — (Applaudissements au centre et à droite. — Interruptions à l'extrême-gauche.)
Les francs-maçons de la Chambre étaient atterrés. Pas un ne se leva pour esquisser une défense. Les preuves étaient trop accablantes.
Il s'est donc trouvé des hommes pour
s'attacher aux pas d'un frère d'armes, pour l'épier dans tous ses actes, pour abuser honteusement des confidences de l'intimité, pour briser enfin sa carrière et le ruiner avec sa famille si leur odieux espionnage découvrait dans leur frère un vrai catholique. Ces hommes étaient des f rancs-macons du Grand-Orient de France. La déclaration du Grand-Orient de France de 1877 porte que '^^ la Franc-maçonnerie a pour principes : la liberté de conscience et la solidarité humaine. Elle n'exclut personne pour ses croyances. "
'^ Vous regarderez comme un principe constant parmi nous, écrivait Weishaupt aux supérieurs de l'Illuminisme, que la franchise n'est une vertu qu'auprès des supérieurs ('). "
Ouand donc serons-nous convaincus que tout dans la Franc-maçonnerie n'est qu'hypocrisie et mensonge hors la haine de Dieu ?
Jean Bidegainqui, écœuré de la besogne
(i) Statuts de r Ordre, No 20 — La réforme des Statuts, No 22. Les Statuts généraux, Nos 31, 32.
qn'on lui faisait faire au secrétariat du Grand-Orient, a livré les fameuses fiches aux nationalistes, nous dit dans son livre Le Grand-Orient de France (p. iio) (') que '' l'œuvre de délation entreprise par la Maçonnerie s'étendit à 25,000 officiers " de l'armée française. '' Ceux qui n'ont pas été nommés encore, continue Jean Bidegain, n'ont pas le droit de se désintéresser du sort de leurs camarades. Il s'est trouvé aussi, un jour, près d'eux, un espion hypocrite qui a noté leurs paroles, recueilli des renseignements sur leurs amitiés, sur leurs cro3^ances, sur leurs opinions et qui les a secrètement dénoncés C) ".
Le Grand-Orient de France a une suc cursale à Montréal. Vous le savez, Canadiens-français.
Avocat, médecin, notaire, négociant, maître d'école canadien-français, êtes-vous bien sûr de n'avoir pas, à cette heure, une
(i) Le Gra7id-0rient de France, par Jean Bidegain. Paris, Librairie Antisémite, 45, rue Vivienne — 1905.
(2) Le même, (p. iio.)
gô LE FLÉAU
de ces sangsues maçonniques, attachée au flanc? Veillez. N'oubliez pas que le service de renseignements du Grand-Orient de France existait depuis 1891 pour surveiller les fonctionnaires de la république française. On ne s'attaqua que dix ans plus tard à l'armée, comme à un des derniers remparts de la résistance.
Tout le monde sait comment fonctionnait le bureau de renseignements maçonniques sur l'armée française. Des espions (des officiers quelquefois) placés dans chaque ville de garnison, aux ordres de la secte, étaient chargés de prendre des notes sur tous les officiers. Ils adressaient leurs rapports au Secrétariat du Grand-Orient, à Paris, où ces notes étaient classées par les FF.'. Vadecard et Bidegain, qui les transmettaient ensuite au Ministère de la Guerre avec le visa du Grand-Orient. Le ministre de la Guerre (le Général André) ne proposait à l'avancement que les officiers dont les Juches portaient: don républicain ('). Tous ceux qui avaient sur leurs
(i) Lisez bon fratic-maçoji ou bon pour en faire un.
fiches : clérical^ sa fenivie va à la messe ^ met ses enfa^its chez les Sœurs ou chez les Frères^ etc. etc. étaient impitoyablement rayés du tableau d'avancement.
L'hypocrisie maçonnique se préparait ainsi une armée maçonnique — républicaine^ disaient, toujours faux, les francsmaçons.
" Une des plus grandes forces du bon 77iaçon^ c'est le mensonge. Il ment comme il respire, sans le moindre effort, et
c'est là un des fruits de l'éducation
maçonnique (') ".
L'instrument de propagande par excellence des mensonges maçonniques aujourd'hui, c'est la presse. Claudio-Jeannet affirme que les francs-maçons disposent de la plus grande partie des journaux du monde {^). Remarquez que le célèbre écrivain ne dit pas que la plupart des journaux sont des organes attitrés de la Franc-ma-
(i) Le Grand Orient de Fra?ice, par Jeau Bidegain.
(2) Introduction Deschamps. Les Sociétés Secrètes et la Société. — p. 4, XXXII.
çonnerie. Il était trop au courant des sournoises menées de la secte pour commettre cette bévue. La Maçonnerie se garde bien d'avoir un seul journal qui soit ce que Ton pourrait appeler son organe officiel. Elle se trahirait en dévoilant au public sou programme et ses moyens d'action.
Le rapporteur de la Commission de propagande maçonnique disait au Couvent de 1898: " Il a été question, à différentes reprises, de la création d'un organe maçonnique, susceptible de défendre nos idées, de nous défendre aussi contre les nombreuses Croix de Paris et de Province (') "
Rien ne vous fera donc distinguer un journal maçonnique d'un journal catholique que ses idées. De là la très grande importance d'avoir des journalistes bien éclairés sur les théories et les méthodes maçonniques, et surtout parfaitement soumis à la direction de leur évêque. C'est capi-
(i) Bon témoignage, en passant, rendu à l'efficacité de la presse catholique. — Avis aux Canadiens français.
tal. Pie X d'ailleurs, dans sa dernière Encyclique sur V Action Catholique^ l'exige formellement de tous ceux, prêtres ou laïques, qui veulent se dévouer aux œuvres sociales. C'est à ce prix seulement que les Canadiens-français obtiendront l'unité d'action absolument nécessaire au succès.
Un journal à idées inaçonniques ne sera reconnaissable qu'à ces idées. Nous le répétons, il est de toute nécessité que les Canadiens-français s'habituent à voir clair dans les affirmations de la presse quotidienne. Le nombre d'opinions (souvent diamétralement opposées à l'esprit des gens qui les acceptaient sur la foi des journaux) que la Maçonnerie a '' fabriquées (') " est inouï.
Cet art de fabriquer l'opinion appartient en propre à la Franc-maçonnerie.
Le F.*. Marichaux avait suggéré à la Commission de propagande maçonnique de 1898 que, " si un journal ne devait pas
(i) Le mot est de M. Maurice Talmeyr. V. Comvient 07i fabrique V opinion, par Maurice Talmeyr, — dans le Correspondayii du 25 juin 1905.
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être créé, quelque chose pourtant devait être fait. " Le Conseil de l'Ordre décida '' d'étudier les moyens pratiques de publier une sorte de correspojidance qui serait adressée à tous les journaux républicains et dans laquelle ils trouveraient, avec des articles, des inforviations tendancieuses qui permettraient, dans des moments critiques, une action commune, et qui, en temps ordinaire, auraient l'avantage de développer dans la presse des idées qui sont chères aux Francs-Maçons (')."
Cette correspondance existe. Le F.*.
Dutilloy nous l'a appris au Couvent de 1899 : '^ Une correspondance anti-cléricale discrète adressée à de nombreux journaux, fait pénétrer dans certaines régions les idées maç.*. contre lesquelles des préventions séculaires étaient jusqu'ici profondément enracinées."
Voici les renseignements précis que nous donne Jean Bidegain sur cette fameuse Correspondance'. " Ça s'intitulait, il y a deux
(i) Compte-rendu du Convent de 1898, p. 277.
MAÇONNIQUE lOI
OU trois ans : La Semaine de France^ correspondance de la résistance laïque . . . . Depuis quelque temps, le titre a été modifié ainsi : Correspondance de la résistance laïque ('). " L'auteur du Grand-Orient de France nous explique ensuite comment la Semai^te de France n'est rien autre chose qu'une agence de calomnies dirigées contre les prêtres, les moines, les séminaristes, etc.
C'est la ^^ trompette du mensonge {^) ".
Les sons de la fanfare maçonnique arrivent à peu près en même temps aujourd'hui aux oreilles des habitants du monde entier par l'intermédiaire des agences télégraphiques. L'opinion voulue par la secte est créée. Les plus sceptiques y succombent quelquefois.
Nous avons vu la Maçonnerie italienne en 1819, dans son impatience d'amener la Révolution et le renversement du Pape comme Souverain Temporel, dénigrer
(i) Le Grand- Orient de France — 193 194. (2) Maurice Talyraeyr — Coynmerit on fabrique r opinion. I,e Correspondant, No cité.
odieusement les fonctionnaires pontificaux dans la presse du temps, dans le seul but de créer en Italie l'opinion que le gouvernement du Pape était insupportable.
M. Maurice Talmeyr raconte d'une manière saisissante dans le Correspondant du 25 juin 1905 (art. cité) comment les francsmaçons, aidés de la Juiverie, surent par une action savamment combinée des journaux à leur solde, amener une opinion, bientôt répandue avec une rapidité étonnante, sur Pinnocence de Dreyfus, là ovl quelque temps auparavant, on pouvait dire qu'il y avait unanimité presque absolue sur la culpabilité du capitaine juif. Des agences internationales fonctionnaient sans relâche dans tous les pays, lançaient fausse nouvelle sur fausse nouvelle, " maquillant " tout, " falsifiant " tout, " défigurant " tout ('). La mystification fut si complète dans certains pa3'S qu'un Américain, excellent catholique et très distingué, '' déclarait, il y a quelques années,
(i) V". Le Correspondant — No cité.
à M. Maurice Talmeyr, " ne pas pouvoir, quant à lui, mettre l'innocence de Dreyfus en doute ".
Stupéfait, M. Talmeyr se récria.
— Mais le colonel Henry a avoué dans sa prison, reprit son interlocuteur, être l'auteur du crime reproché au condamné !
— Et où avez-vous vu cela ? demanda M. Talmeyr.
— Mais dans vos journaux^ dans les dépêches.
Voilà comment la Maçonnerie crée non seulement l'opinion, mais encore P esprit dît temps.
Nous appelons esp7'it du temps^ disait le F.". Findel, dans une brochure publiée à Leipzig en 1893, la connaissance de tout ce ç\Vi\^ par le travail dhuie partie de la société humaine concerta^it ses efforts dans un sens donné à une certaine époque.^ est devenu à tel point le bien commun de cette société, que toute sa vie à cette époque, est fondée de tous les côtés sur les résultats de ce travail."
Parlons clairement : '' le travail d'une
partie de la société humaine concertant ses efforts dans un sens donné, '^ c'est l'action maçonnique poussant insensiblement l'opinion vers les idées qu'elle lui veut définitivement imposer.
Cet art de fabriquer l'opinion date de loin chez les maçons. Weishaupt le pratiqua sur une très grande échelle à la veille de la Révolution française, sinon par la presse quotidienne, alors nulle, du moins par une ''tempête de pamphlets anonymes, " et par l'action simultanée de ses délégués chargés par lui d'espionner '' dans chaque ville, dans chaque bourg " et d'y crier très fort dans les assemblées délibérantes que le peuple voulait ce que les Illuminés et les Maçons étaient seuls alors à désirer : le renversement du ministre Brienne et la convocation des Etats-Généraux. L'existence de ce courant factice a été parfaitement démontrée dans une étude récente : La Campagne électorale de 178c en Bourgogne^ publiée par MM. Cochin et Charpentier dans la revue L' Action française des 17 et 18
novembre 1904. A ceux qui se refuseraient encore à croire que le mot d'ordre révolutionnaire de 1789 soit parti des loges maçonniques, nous nous contenterons de signaler le fait suivant :
Dans une conférence du Carême qu'il prêcha à Vienne en 1898, un Jésuite très renommé, le R. P. Abel, fit la déclaration saisissante que voici: ''En 1784, il 3^ eut à Francfort une réunion extraordinaire de la grande Loge Eclectique. Un des membres mit aux voix la condamnation à mort de Louis XVI, roi de France, et de Gustave, roi de Suède. Cet homme s'appelait Abel. C'était mon grand-père. "
A un journal juif, La nouvelle Presse libre^ qui lui reprochait d'avoir déconsidéré sa famille, le P. Abel répondit à la conférence qui suivit sa déclaration : '' Mon père, en mourant, m'a marqué, comme sa dernière volonté, que je m'appliquerais à réparer le mal que lui et nos parents avaient fait. Si je n'avais pas eu à exécuter cette prescription du testament de
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mon père, daté du 31 juillet 1870, je ne parlerais point comme je le fais (')."
La Franc-Maçonnerie n'en était pas précisément à ses premières armes dans l'affaire Dreyfus.
" O hommes, écrivait Weisliaupt dans une lettre à un de ses confidents, que ne pourrai-je pas vous faire croire (^) ?''
On ne semble pas se douter, dans certains milieux, des ruses que la Maçonnerie sait employer pour agir sur les masses par la presse. Des journaux catholiques euxmêmes seront quelquefois choisis par la secte pour être les organes inconscients de certaines idées maçonniques très délicatement voilées. Ce sera alors au nom de la science^ de la raison^ ou de la libe^'té qu'on s'adressera aux lecteurs du bon journal. C'est ainsi qu'on pouvait lire dans le Soleil de Québec des 17, 19 et 23 mai 1905, une étude d'un jeune médecin sur ''l'hygiène
(i) Mgr Delassus, Le Problème de l 'heure présente, I, 87 88.
(2) Barruel, Mémoires, III, 120, Ecrits Originaux, Lettre de Weishaupt a Zwach,
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à réglise. " Au nom de l'expérience ( qu'il n'a pas ) l'auteur s'efforçait de démontrer que toutes les églises du Canada, tous les meubles de ces églises, les objets qu'on y présente à la vénération des fidèles, comme les reliquaires, etc, sont les foyers de la plus terrible corruption. L'article contenait trois ou quatre bonnes vérités no}- ées dans un déluge d'exagérations que nous avons entendu traiter de ridicules par un vieux médecin de 35 ans de pratique. Effet naturel de cette étude produit sur l'opinion des fidèles : le dégoût ou la peur de la fréquentation de nos églises, de la vénération des reliques, etc.
Le premier dupé dans cette affaire, c'est l'auteur de l'article en question. Xous mettons entièrement sa bonne foi à couvert. Il sera l'un des plus étonnés, nous en sommes sûrs, de nous entendre lui dire ici bien haut que son étude sur " l'hygiène à l'église", parue dans le Soleil de Québec, était d'inspiration maçonnique.
Il pouvait tout aussi bien, et même plus efficacement, atteindre le but apparemment
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proposé en se concertant privément avec les principaux curés et les chefs des bureaux de santé qu'en lançant par l'intermédiaire de la presse dans la grande masse des fidèles l'idée plutôt exagérée, sinon fausse, que la fréquentation de nos églises est dangereuse pour la santé publique.
Nous conseillons au jeune auteur médical un peu plus de tact et lui souhaitons de ne plus recommencer à mettre son inconsciente naïveté au service des idées maçonniques, qu'il abhorre certainement. Nous osons livrer à ses méditations ces deux mots d'ordre de la Maçonnerie: "Dans l'impossibilité oii nos frères et amis se trouvent de dire encore leur dernier mot, (') il a été jugé bon et utile de propager partout la Lumière et de donner le branle à tout ce qici aspire à remuer \^). " Vous
(i) Ce qui est le cas aujourd'hui pour le Canada.
(2) Lettre du juif connu sous le nom de Piccolo- Tigre à la Vente (Loge) de Turin, sur les moyens à prendre pour raccoler des francs-maçons — Papiers secrets de la Haute- Vente saisis par la police de Léon XII et publiés par Crétineaujoly.
pourrez . . . faire servir leur science ('), écrivait-on aux Epoptes (Loges des Illuminés), au profit de 710 tre Ordre^ mais cela sans quHls s'' en aperçoivent (^)y
Il faut le répéter : c'est par ces moyens détournés que la Maçonnerie parviendra le mieux à agir sur l'opinion au Canada et à créer ce néfaste esprit du temps (l'œuvre n'est-elle pas commencée ?) qui est partout la préparation nécessaire du terrain pour la culture maçonnique.
On s'efforcera de faire comprendre que c'est au clêricalisfne qu'on en veut et non au catholicisme. Distinction de mots seulement qui a eu malheureusement trop de succès déjà en Europe, en France surtout.
" La distinction entre le catholicisme et le cléricalisme est purement officielle, subtile,/><?^/r les besoins de la tribune (^), disait, en 1880, M. Courdaveaux, membre du
(i) La science des savants ... ou les quelques connaissances de ceux qui croient l'être.
(2) Barruel, Mémoires, t. II, pp. 221 et 222.
(3) Lisez ; pour tromper les catholiques.
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Conseil de l'Ordre du Grand-Orient, mais ici, en loge, disons-le hautement pour la vérité, le catJiolicisîne et le cléricalisme ne font qii^uji (^)."
Après avoir trompé le peuple ^' à la tribune," les honnêtes maçons sont quelquefois pris, lorsqu'ils se sentent en famille, d'un irrésistible besoin de dire la vérité.
Un autre accès de franchise maçonnique : le F.*. Edgar Monteil, auteur du Rituel de la loge la Clémente Amitié^ fait donner au Vénérable les explications suivantes sur la tolérance maçonnique dans l'initiation de l'apprenti : " La tolérance dans les idées n'entraîne pas la tolérance dans les faits, et nous sommes les adversaires irréconciliables de toutes les organisations qui tendent à dénier à l'homme son libre arbitre notamment des organisations religieuses qui veulent nous asservir (^). Nous
(i) ChaÎ7ie d^ Union, juillet 1880, p. 199.
(2) C'est bien plutôt la Maçonnerie qui "nie à l'homme son libre arbitre " en faisant de ses membres les vils exécuteurs des ordres les plus vils émanant d'une autorité qu'ils ne connaissent pas et que le plus grand nombre ne connaîtra jamais.
nous déclarons Peîînemi de tous les prêtres et de tous les ?noïnes (')."
Voilà le fond de l'âme maçonnique brutalement mis à jour.
" J^ai déjà dit que, par suite de l'influence du milieu (maçonnique), écrit M. Colpin-Albancelli dans sa saisissante étude : Comment Je suis entré dans la Franc-Maçonnerie et comTnent j^en suis sorti (^), j'étais devenu Jacobin et anti-catholique acharné. J'ai ainsi connu cet état d'esprit qui est celui de toute la Maçonnerie et je sais à quel point il est despotique.
'' Je ne demeurai pas moins de trois ans sous son influence. Au bout de ce temps, c'est-à-dire quelques mois après mon entrée au chapitre la Clémente Amitié^ je commençai à distinguer ce qu'il y avait de violent, d'inique et de dangereux dans ce fanatisme dont je voyais les autres maçons et moi-même possédés ".
(i) Rituel de la Clémente A^nitié, p. 6.
(2) Colpin-AlbanceUi. — Comment je suis entré dans la Franc-Maço7inerie et comjHcnt fen suis sorti, Paris, Perrin et Cie, 1905, pp. 63 64.
'' J'avais alors eu le temps de m'apercevoir que la plupart des francs-maçons les plus intelligents n'étaient que de vulgaires ambitieux. J'étais surtout frappé de la contradiction qui existait entre les prescriptions contenues dans les statuts de la Société et les actes quotidiens des sociétaires. Liberté, tolérance, interdiction de s'occuper des questions politiques, voilà ce que je lisais dans les statuts. Fanatisme, intolérance, haine, voilà ce par quoi je me laissais dominer et ce à quoi obéissaient tous mes frères. "
Ces statuts de la Maçonnerie ne sont bons qu'à jeter de la poudre aux yeux et à couvrir l'action réelle et cachée de la haine anti-chrétienne, seul véritable esprit de la secte.
M. Colpin-Albancelli nous fait ensuite comprendre la vraie cause de la puissance maçonnique : " Un des hommes les plus considérables, non pas du monde politique, mais du monde maçonnique, raconteil à la page 71 de sa brochure Comment je suis entre ^ etc, m'avait proposé un rendez-
VOUS pour une communication qu'il me disait être d'une extrême importance. Je me rendis à son appel.
" Il commença par me demander le secret sur la conversation qu'il allait avoir avec moi. Puis il me dit :
^' — Vous pouvez mesurer la puissance de la Franc-Maçonnerie. Et pourtant, vous êtes aussi à même de vous rendre compte de la médiocrité des éléments qui la composent. Nous sommes tout puissants, non pas parce que les Francs-Maçons sont plus intelligents, plus habiles ou plus instruits que les profanes les plus vulgaires, car vous savez qu'il n'en est rien, mais parce que nous sommes organisés, tandis que les autres ne le sont pas . . . De plus le pays ignore notre organisation et notre but. Il en résulte que nous pouvons agir sans qu'il s'en doute, par conséquent sans qu'il s'oppose à notre action. Là est le secret de notre force."
C'est ici qu'on comprend l'admirable clairvoyance de Léon XIII lorsqu'il disait aux catholiques dans l'encyclique
Hiimanum geniis^: '' Faites connaître la Franc-Maçonnerie telle qu'elle est."
'' Mais au lieu d'une association, continua l'interlocuteur de M. Colpin-Albancelli, se composant comme la Franc-Maçonnerie, de vingt-cinq mille nullités, supposez une autre association, qui compterait seulement mille membres mais qui n'en admettrait jamais un nouveau sans l'avoir étudié et suivi pendant des années, qui créerait autour de lui des circonstances les plus diverses dans le but de l'éprouver ('), qui lui susciterait des difficultés contre lesquelles il pourrait donner la puissance de son effort, la mesure de son intelligence et de sa volonté. Supposez une telle association arrivant, par un pareil recrutement, à ne compter que des membres de choix, tels qu'à eux tous on peut dire qu'ils n'auraient qu'une tête, qu'un cœur, qu'un bras . . . que penseriez-vous de la force dont disposerait une pareille association ?
(i) Toujours le plus honteux espionnage.
" Je répondis naturellement que cette association serait la reine du monde. "
Le franc-maçon haut gradé annonça alors à M. Colpin-Albancelli que cette association existait et lui offrit sur-le-champ d'en faire partie. Ce dernier refusa net en disant qu'il était décidé non seulement à quitter la Maçonnerie, mais même à la combattre.
^' Je prie le lecteur de remarquer, continue M. Colpin-Albancelli Ç), que j'étais franc-maçon depuis cinq ans, rose-croix depuis deux ans, et même officier dans le chapitre dont je faisais partie, et jamais je n'avais pu me douter que j'étais l'objet d'une surveillance quelconque.
" En outre, il suffisait que je fisse la déclaration par laquelle je terminai l'entretien, pour qu'on ne poussât pas plus loiiï la confidence. D'où il faut conclure que si méprisable que paraisse le milieu maçonnique à ceux qui font partie des groupements supérieurs et véritablement se-
(i) Colpin Albancelli. —Comment je suis entré dans la Maçonnerie tt eomnwni j'en suis so)ti ; p. 73.
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crets, tellement secrets qu'ils sont ignorés des francs-macons eux-mêmes, il n'en est pas moins vrai qu'il faut être imprégné des idées maçonniques pour être jugé digne d'aller au delà."
Secret dans la direction et Jiypomsie dans l'action : voilà le dernier mot de l'organisation maçonnique.
Avis aux Canadiens-français qui voudraient s'affranchir de la sage et intelligente direction de l'Eglise pour aller se jeter dans le troupeau des " nullités " et des imbéciles qui se laissent aveuglement conduire par un groupe d'enragés sectaires dont ils ne soupçonnent même pas l'existence.