‹ Le fléau maçonniqueChapitre 7 sur 8 · LA FRANC-MACONNERIE AMERICAINE · texte numérisé non relu

LA FRANC-MACONNERIE AMERICAINE

<' TT A Franc-maçonnerie américaine est à

I peu près inofîensive. '' C'est devenu un dicton qui menace de s'accréditer même dans certains milieux catholiques. *

II faut admettre que la Maçonnerie se manifeste aux Etats-Unis sous une apparence plutôt bénigne. Elle n'a pas le caractère révolutionnaire qui marque toujours les actions de sa sœur de l'Europe latine. Les catholiques qui attribueraient cette différence à l'esprit de la Francmaçonnerie américaine commettraient une

erreur qui pourrait devenir fatale aux inté rets de l'Eglise en Amérique.

Dans les pays catholiques comme la France, l'Italie, la Belgique, il y a toujours deux camps : celui des soumis et celui des révoltés. Un catholique qui s'éloigne de l'Eglise abandonne toute religion. Sa conscience lui dit qu'il n'existe dans le monde qu'une seule vraie Eglise, l'Eglise Catholique dont il vient de se séparer. L'idée religieuse le poursuit, le harcelle. Les lois, les mœurs, les pratiques de dévotion qu'il voit faire autour de lui, tout lui rappelle qu'il est un damné dans sa famille et dans son pays. H faut détruire cette idée religieuse qui le fait tant souffrir : c'est la rage anti-catholique qui s'empare de lui. Un catholique franc-maçon ne peut être qu'un enragé sectaire.

Un protestant ne s'engage à rien autre chose, en se proclamant protestant, qu'à croire ce qui lui plaira. Son interprétation privée de la Bible, voilà la règle fondamentale de sa croyance. L'indifférence

en matière de religion n'est que la conclusion logique du protestantisme. Il n'a donc rien à regretter quand il est devenu franc-maçon, puisqu'il n'a eu rien à sacrifier pour le devenir. Absence donc à peu près complète chez lui de ces terribles aigreurs de conscience qui produisent cette amertume de haine anti-catholique chez un catholique apostat.

Le franc-maçor^ américain qui voudrait se livrer à une campagne anti-religieuse se trouverait fort embêté : il n'aurait rien à détruire.

Toute la lutte maçonnique se fait aujourd'hui pour un seul but : amener un pays à reconnaître l'école neutre comme la seule école officielle chez lui. La Francmaconnerie ne se considère à bon droit comme sûre d'un peuple que le jour où elle est la maîtresse des enfants. Rien à faire aux Etats-Unis : la Constitution ne reconnaît que l'école neutre. Toute la tâche de la franc-maconnerie américaine consiste à soutenir l'école officielle contre l'éco le catholique. Nous avons de sérieuses

raisons de croire qu'elle n'est pas au-dessous de sa tâche.

Un prêtre distingué nous disait qu'après 25 ans de ministère aux Etats-Unis, il avait acquis la certitude qu'il s'y faisait une lutte sourde, mais très vive, contre l'école paroissiale catholique. Certains succès trop brillants remportés aux examens de l'Etat par l'école qu'i lavait fondée au prix de grands sacrifices, lui avaient fait perdre le privilège de faire composer les enfants de la paroisse à l'école même.

'^ Les autorités de l'Etat, ajoutait le digne curé, semble toujours très jalouses des succès de nos enfants ".

Une hostilité sourde, voilà l'attitude des francs-macons américains vis-à-vis des institutions catholiques. Elle éclate quelquefois, cette hostilité. Ici, par exemple, on opposera à un excellent catholique, comme candidat au poste d'inspecteur des écoles du comté, un apostat ; là, un sénateur fera tous ses efforts à Washington pour empêcher une partie de l'argent des Indiens

(Indian Fund) d'aller au soutien des écoles confessionnelles de ces derniers.

Comment pourrait-il en être autrement ?

La Franc-maçonnerie des Etats-Unis est solidaire de la Franc-maconnerie d'Europe, de toutes les Maçonneries.

Le 8 décembre 1869, à l'anti-concile de Naples, les délégués de la Maçonnerie américaine souscrivirent à la déclaration, unanimement adoptée, où on lit que : " les libres-penseurs assument l'obligation de travailler à l'abolition prompte et radicale du catholicisme, par son anéantissement, par tous les moyens, y compris la force révolutionnaire. "

Lors de l'affaire Dre^^fus, les journaux judéo-maçonniques des Etats-Unis n'avaient qu'une voix pour proclamer l'innocence du trop célèbre capitaine.

En revanche, silence complet de la presse américaine sur les hontes de la délation maçonnique dans l'armée française en 1904. Alors que des francs-maçons marquants de France, pris de dégoût eux-mêmes, adressaient en termes indignés leurs

lettres de démission au Conseil du Grand- Orient, il se trouva un journal des Etats- Unis pour prendre la défense de la Maçonnerie française.

La New-York Trilnme du i8 décembre 1904 publiait un article intitulé : Masonry in France. •• Reply 7nade hère to charges ag ainsi the Oi'der ('). La Maçonnerie américaine y montre le bout de l'oreille. ^^ Une organisation, disait la Tribune en parlant de la Franc-maçonnerie, qui a pour principe l'égalité et la liberté, se mentirait à elle-même si elle ne se posait en adversaire déclaré de celle qui est l'incarnation même de l'intolérance et du fanatisme (il s'agit ici de l'Eglise Catholique) Quant à l'afïaire Syveton, en

particulier, nous n'en savons rien de plus que les rapports des journaux ; mais on peut affirmer en toute sécurité qu'elle est du même type que les calomnies, les hypocrisies et les mensonges par lesquels on

(i) La Maçonnerie en Ftance. Réponse Jaite ici aux accusations portées co?itre t' Ordre.

essaie depuis plus d'un siècle de discréditer l'Ordre en France. "

La Maçonnerie américaine n'a pas hésité à suivre la Maçonnerie française ius-

J J cl

que dans la boue plutôt que de renier sa solidarité avec elle.

Nous entendons quelque bon libéral, toujours malade du désir de tout concilier, nous dire : " La Franc-maconnerie américaine ne respecte-t-elle pas le nom de Dieu?" Soit. Nous nous permettrons de lui demander, à notre tour : *' Qu'est-ce que la Franc-maçonnerie américaine entend par le nom de Dieu ? ".

Toute la question est là.

Le Dieu, dont le nom est écrit dans les statuts de la Maçonnerie américaine, estil le Dieu personnel des chrétiens, Celui que nous procla:nons et qui est le Créateur du ciel et de la terre ?

Le Rituel Maçonnique du Dr ]\Iackey (')

(i) Mackcy's Masoîiic Rihtalist or Mcnitorial Instruction 271 tlie Degrees froni cntercd Ap^rentice to ^é/dT/ yl/,75/^r, by A. G Mackey. M. D.. Past General Grand Higli Priest uf ihe General Grand chapter

va nous répondre. L'auteur nous avertit dans sa préface, que son livre '' contient dans ses instructions monitoires tout ce qui peut être légalement enseigne dans un livre sur le Rite Américain ". Il ajoute plus loin : " C'est donc un livre que le franc-maçon pourra emporter avec lui pour lui servir de compagnon de voyage, comme un vade fnecum^ qu'il pourra consulter chaque fois qu'il en sentira le besoin (at any moment) ..."

L'Enc3^clopédie d'Appleton {Appleton^s Cyclopedia of American Biography ) dit que les œuvres de A. G. Alackey sur la Maçonnerie " sont considérées comme faisant autorité ". Nous pouvons nous fier à sa connaissance des doctrines maçonniques : il est un des premiers écrivains de l'Ordre. Sa véracité ne peut être mise en doute : il écrit pour le corps maçonnique.

Ecoutons le docteur Mackey expliquer à ses frères la notion maçonnique de Dieu dans son étude sur le 7^ degré (Royal Arch

of Ihe United States, etc. New- York, Clark and Maynard, Publishers.

degree) : ^' Et Dieu dit à ]\Ioïse, Je suis ce que je siiis!'^

Vous êtes priés de noter Todieuse défiguration du texte de l'Ecriture qu'opère ici sans façon notre maître en Maçonnerie. Au lieu de la parole prononcée par Dieu : ^' Je suis Celui qui suis," il invente celleci: ''Je suis ce que je suis." Vous allez voir que sa fraude n'est pas sans raison ni sans but. La parole de Dieu, telle que faussement rapportée par le ritualiste de la Maçonnerie américaine, permet aux francs-maçons des Etats-Unis de faire de Dieu ce qu'il leur plaît.

'' 1—Jah — continue plus loin le Dr Mackey — c'était le nom de Dieu dans la langue syrienne

II — Bel — C'était le nom de Dieu chez beaucoup de peuples d'Orient, et particulièrement chez les Chaldéens ....

III — On — C'était un des noms sous lesquels on adorait Dieu chez les Egyptiens...

Maintenant tous ces noms de Dieu, qui, avec tous les autres qu'on trouve dans les ineffables degrés de la Maçonnerie, cons-

titiient tout un système, sont éminemment symboliques ''.

Pour la maçonnerie américaine, Jehovah, Baal, le soleil adoré par les Egyptiens et le feu adoré par les Chaldéens ne sont que de pures symboles dont l'ensemble — avec bien d'autres — constituent le culte maçonnique. Nous rougissons d'avoir à écrire ces horreurs. Il faut pourtant que les Canadiens-français des Etats-Unis sachent que les francs-maçons américains ne croient pas plus au Vrai Dieu qu'au dieusoleil des Egyptiens.

On comprend que le Rituel de Mackey ait eu intérêt à corrompre le texte des Livres Saints ''Je suis Celui qui suis:" et à mettre sans vergogne dans la bouche de Dieu cette parole absolument vide de sens : ^'Je suis ce que je suis" c'est-à-dire ''Je suis ce que l'on veut."

Même duperie dans la célébration annuelle de la Saint-Jean par les maçons des Etats-Unis. Tous les Rituels maçonniques, y compris celui du Dr Mackey, vous diront que ce que les Loges du monde en-

lier fêtent à la St-Jean, c'est le Solstice d'êtê.

Ne l'oubliez pas : les francs-maçons américains croient plus au soleil qu'à Dieu. L'entrée d'une loge maçonnique des Etats- Unis ne peut s'obtenir pour un catholique qu'au prix d'une apostasie formelle. " Vous devez vous considérer, dit le Vénérable au candidat, comme étant dans l'ignorance la plus complète sur tout ce qui regarde Dieu et le monde. C'est nous qui vous donnerons la lumière." Avant d'avan cer à l'initiation, le catholique devra confesser au Vénérable de la loge qu'il ne sait rien des choses qui regardent l'existence de Dieu et du monde. Il est obligé de renier Jésus- Christ et sa Rédemption.

Etonnez-vous maintenant qu'un catholique américain qui ose entrer dans la Maçonnerie, malgré la défense de l'Eglise, abandonne toute pratique religieuse. Jamais le caractère anti-catholique de la Maçonnerie américaine ne nous apparut plus frappant que le jour où nous nous trouvâmes au lit de mort d'un malheureux

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catholique qui n'avait pas craint de s'y enrôler.

Il s'était confessé. Il ne s'agissait plus que de faire sa renonciation à la Francmaçonnerie devai^t deux témoins. Sa femme était avec une amie dans la chambre voisine de celle où nous étions. Nous les prions de vouloir bien être les témoins de la renonciation. En entendant ce mot de renonciation^ la femme du malade (qui était protestante) nous quitte subitement et sort de la maison. Elle rentre au bout d'un moment. Elle était accompagnée d'un homme, qui, en nous apercevant, nous lança un reofard difficile à oublier. Nous étions en face du Vénérable de la Loge dont faisait partie notre pauvre malade. Il n'avait pas craint de décliner sa qualité.

La femme redoutait de perdre les cinq cent dollars que la Maçonnerie devait lui payer à la mort de son mari. Elle était allée chercher du secours.

Le malade faiblissait. Il avait perdu l'usage de la parole.

Le Vénérable, s'approcliant de son lit, lui demande, à voix très haute : '^ X. . . , Voulez-vous mourir catholique ? . . . . Voulez-vous abandonner la Franc-maçonnerie?...."

A notre stupeur, après quelques Hochements de tête presque insaisissables, le malade, dans une effort suprême, se met à faire, de la main, des signes maçonniques au Vénérable, qui lui répond de même.

Puis, léthargie complète jusqu^à la mort, qui arriva peu de temps après.

Que s^était-il passé entre ces deux hommes?

Le lendemain, nous avions la douleur de voir passer le cortège des francs-maçons qui s'en allaient enterrer comme un chien celui pour qui nous avions espéré la sépulture chrétienne.

Depuis ce jour, nous sommes plus froid quand nous entendons discourir sur la tolérance des francs-maçons américains (^).

(i) Ce que nous venons de dire de la Franc-maçonnerie américaine peut s'affirmer également — en pra-

tique — de toutes les sociétés secrètes qui sont la plaie des Etats-Unis et principalement des trois qui sont formellement condamnées par l'Eglise: The Odd Fellozvs, The Knights of Pythias, The So?is of Tempérance. Elles finissent toujours par éloigner de la pratique de sa religion le catholique qui a le malheur d'en faire partie.

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