‹ Le flibustier; comédie en vers, en trois actesChapitre 24 sur 58 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Les iMémes, moins MARIE-ANNE.

LEOOËZ, à Jacquemin.

C'est un vin de renom.

Il me vient de Bordeaux.

JACQUEMIN

Quand il viendrait de Rome, Il ne vaut point le cidre, âpre et lleuiant la pomme. Ahl j'en ai bu, là-bas, toutes sortes de vins. Pris sur les Espagnols,- des plus vieux, des plus fins, Alicante, Xérès, Porto, que sais-je encore ! Mais nul, de quelque nom fameux qu'on le décore, Ne m'a fait oublier la boisson des aïeux. Ce bon cidre breton, raide au cœur, clair aux yeux, Qui vous ragaillardit le courage et la mine, Kt qui, lorsqu'un rayon de soleil l'illumine, Ressemble aux cheveux d'or des filles du pays.

LEGOËZ, à Janik.

Te voilà bouche bée et les yeux ébahis, Janik! Ah! le mâtin te tient dans son sillage. On apprend à parler, vois- tu, quand on voyage.

JANIK, rougissant.

Mais, grand-père,...

JACQUEMIN, troublé.

Pardon, j'ai trop parlé.

; LEGOËZ.

Non point.

Toutes voiles dehors ! Ne cherche plus le point, Tu l'as trouvé. Navigue au plus près sans attendre.

Le poussant du coude.

Va donc, roucoule-lui quelque chose de tendre.

JACQUEMIN, 1res gène et respectueux, à Janik.

Croyez-bien...

JANIK, même jeu.

Je vous crois, mon cousin.

LEGOËZ.

Sont-ils fous ! Ah ! ça, voulez- vous bien ne pas vous dire vousl Quels drôles d'amoureux, tout confits en vergogne !

A Jacqueuiin.

De mon temps, on mettait plus d'àme à la besogne ; Et, tout vieux que je suis, je t'y ferais quinaud. Benêt, va !

Page 1