‹ Le flibustier; comédie en vers, en trois actesChapitre 31 sur 58 · ACTE DEUXIEME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIEME

JACQUEMIX, de plus en plus troublé.

JANIK, se rapprochant encore.

Et le matin, quand le jour arrivait, N'avez-vous jamais lu les mots qu'elle écrivait Sur les nuages blancs comme son espérance Qui s'en allaient vers vous et qui venaient de France?

JACQUEMIN

Janik, ne parlez pas ainsi, non, par pitié!

JANIK.

Je ne fais rien de mal. C'est de notre amitié Que je parle. La chose est toute naturelle.

JACQUEMIN, se sauvant d'elle, à part.

Ah ! l'aimer n'était rien ! Mais être aimé par elle !

JANIK.

Pourquoi me fuyez-vous? Que dites- vous tout bas? Mon cousin ! . . . Pierre !

Voyant qu'il s'éloigne encara davantagi

Hélas! Pierre!

Se laissant tomber désespérée sur une chaise.

Il ne m'aime pas.

JACQUEMIN

Mademoiselle... Oh! mais, pardon. Je me retire. Je crains...

JANIK, le retenant d'un regard sup;jliant.

Pour m'infliger un si cruel martyre Que vous ai-je donc fait? Quoi, depuis si longtemps C'est à lui que je rêve et c'est lui que j'attends! Ah'! filles de marins, quel destin que le nôtre! On nous oublie ainsi.

Douloureusement et timidement.

Vous en aimez une autre, N'est-ce pas?

JACQUEMIN, résolument.

Pour ça, non, personne autre.

Vraiment?

JACQUEMIN

Personne autre, Janik, je vous en fais serment.

JANIK.

Alors?... Alors, Janik vous déplaît?

JACQUEMIN, à part

0 souffrance !

Faut-il la laisser croire à mon indifférence,

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