‹ Le flibustier; comédie en vers, en trois actesChapitre 37 sur 58 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

Sa peur, sa voix tremblante et son regard troublé, Et jusqu'à son silence enfin, tout m'a parlé. 11 m'aime d'un amour profond, sincère et tendre; Et plus il s'est gardé de le laisser entendre. Plus je l'aime. Si tu savais comme il est grand, Généreux, bon, loyal, brave, et comme il comprend Tout ce que nous faisons pour le pauvre grand-père, Et comme il l'aimerait!... Mais qu'est-ce que j'espère? Je suis folle.

MARIE-ANNE

Non pas.

JANIK.

Quoi ? Que dis-tu ?

MARIE-ANNE

Je dis

Que c'est un gas au cœur vaillant, aux yeux hardis, Tel que je souhaitais; et, puisqu'il se présente... Car, pourquoi pas? Que moi, la mère, j'y consente. Cela suffit. Et, quant au grand-père, il lui plaît. On lui racontera la chose comme elle est, Plus tard.

JANlK.

Mais, que dis-tu, mère ? Tu m'épouvantes. Prends garde. Ce sont là des choses décevantes. Je n'ose pas y croire, et nous rêvons tout haut.

MARIE-ANNE

Ma Janik, ton bonheur avant tout, il le faut.

Si je l'accepte ainsi, que Dieu me le pardonne ! Mais il semble que c'est sa main qui te le donne. Il nous le doit, vois-tu, pour payer tant de morts. Va, ma fille, tu peux la cueillir sans remords, La fleur d'espoir par Dieu lui-même ensemencée. Avec l'homme que veut ton cœur, sois fiancée.

JANIK, ravie.

Oh ! mère !... Mais comment?...

MARIE-ANNE

Bon, n'aie aucun émoi.

J'arrangerai...

Page 1