‹ Le flibustier; comédie en vers, en trois actesChapitre 46 sur 58 · LE(;OEZ · texte numérisé non relu

LE(;OEZ

On ne compare pas le sol avec le flot, Et jamais cavalier ne valut matelot.

Tu divagues.

PIERRE

Je ne dis pas; mais quand vous verrez celte terre, Son beau ciel, la prairie immense et solitaire, Et les vierges forêts qui descendent des monts, Et l'air libre qu'on y respire à pleins poumons, Et l'espace sans borne ouvert devant la marche, Quand vous y régnerez comme un roi patriarche. Peut-être cependant trouverez-vous aussi Qu'on y peut vivre à l'aise, et même mieux qu'ici.

LEGOËZ.

Mieux qu'ici!... Tu l'entends, Janik ?

JANIK.

J'entends, grand-père.

LEGOËZ, à Pierre.

Et tuveux^nous mener là-bas?

PIERRE

Mais, je l'espère.

LEGOËZ.

Diable! A cet espoir-là je n'avais point songé.

PIERRE

Le voyage...?

LEGOËZ.

Oh ! cela n'est rien. J'ai voyagé.

Tu penses bien qu'après trente ans de cabotage, Ce bout de traversée, et même davantage, Ne me fait pas peur. Mais...

PIERRE

Quoi

LEGOËZ.

Ton diantre de coin, Est-ce que c'est tout près de la mer ?

PIERRE

Non.

LEGOËZ.

Bien loin?

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