‹ Le flibustier; comédie en vers, en trois actesChapitre 48 sur 58 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

Au revoir ! Au revoir ! dit-elle en se sauvant.

Car elle parle. Car c'est quelqu'un de vivant.

Et tout ce qu'elle crie, et tout ce qu'elle chante,

La mer, selon qu'elle est d'humeur douce ou méchante I

Et tous les souvenirs des amis d'autrefois,

Dont la voix de ses flots il l'air d'être la voix !

Et les beaux jours vécus sur elle à pleines voiles!

Et les nuits où l'on croit cingler vers les étoiles !

Ah! mon Pierre, mon gas, tout ça, ce n'est donc^ien?

Maudit soit le pays qui t'a rendu terrien !

Il peut être plein d'or; je n'en ai pas envie.

Ortes, je n'irai pas y terminer ma vie.

Pour moi, tout vent qui vient de terre est mauvais vent.

Un vrai marin, ça meurt sur la mer.

Montrant la fenêtre.

OU devant.

Voyant Pierre attristé et lui parlant d'un air attendri.

Tu veux nous rendre heureux; et je t'en remercie. Seulement... Enfin, quoi! La chose est éclaircie. Pardon si je t'ai fait de la peine, mon gas; Mais ne plus voir la mer, jamais, je ne peux pas.

Nous en reparlerons,

PIERRE

LEGOEZ

Soit! Mais j'ai mon idée.

Caboche de Breton, caboche décidée!

Ah! quel malheur, que tu ne sois plus bon marin! Non, regarde! Janik en a l'air tout chagrin.

Eh! dame, que veux-tu? C'est qu'elle me ressemble. Renier la mer!

Prenant Pierre par le bras.

Tiens! Allons la voir ensemble.

PIERRE

Allons !

LEGOËZ, à Jamk.

Il faudra bien qu'il cède. Ne crains rien. Janik ne sera pas la femme d'un terrien.

Sortent Legoëz et Pierre.

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