SCENE II
JANIK, MARIE-ANNE.
MARIE-ANNE
Oui, comme tous les jours, hélas! Oui, vainement. Aussi, Janik, pourquoi dans cet espoir qui ment L'entretenir? Pourquoi partager sa folie?
JANIK.
Parce que sa vieillesse en est toute embellie, Qu'il a besoin de croire à cet espoir sacré, Et parce que j'y crois moi-même.
MARIE-ANNE
Quoi, malgré Quinze ans d'absence et huit sans nouvelles! Tu rêves.
JANIK.
Rêver à son bonheur rend les heures si brèves !
MARIE-ANNE
Ton bonheur!... Un promis que toujours on attend, Que tu ne connais pas...
Et que j'aime pourtant.
Car je me le figure et le vois, le cher être, Beau, brave, tel qu'il est, tel qu'il doit reparaître, Et du retour certain quand le jour aura lui, Il trouvera mon cœur fidèle et plein de lui.
MARIE-ANNE
Ah ! fille de marin, comme tu te révèles ! Vois un peu, cependant. Aux dernières nouvelles, Il avait pris service à bord d'un flibustier, Aux Antilles, là-bas. C'est un rude métier. Soldat et matelot ; la mer et la bataille ; Un sort de casse-cou !
JANIK.
C'est un sort à sa Uiille.