LES VOIES BILIAIRES
Pa
La caractéristique essentielle d’un système tampon : réside dans ce fait que, tour à tour, il absorbe une certaine quantité d'énergie, puis la restitue, d’où résulte une sorte & | de balancement vital. entre les intériorisations et les exté- = riorisations énergétiques. Un organisme vivant a d’autant 2 plus de chances de durer, quoi qu'il äadvienne, que le “jeu de ses amortisseurs est plus complet et plus nuancé. L'organisme humain est, pour ainsi dire, farci de systèmes tampons, et nous nous sommes attachés, au cours du présent travail, à montrer que le foie constituait une des plus éminentes expressions de ce jeu de bascule nécessaire à l'entretien de la vie d’un individu. Nous allons maintenant nous efforcer de mettre en évidence la fonction régulatrice exercée par les voies biliaires, et principalement par le chelécyste, sur les sécrétions hépatiques. L’étouffement des oscillations de grande amplitude nées des conditions essentiellement variables auxquelles se trouve soumis le vivant est ainsi complété par celui des oscillations de plus faible amplitude résultant du fonctionnement de l'organe stabilisateur lui-même.
La vésicule biliaire n’est pas présente chez tous les animaux : deux espèces aussi voisines que le sont celles
Cr Se 4
Her.
du rat et de Ja souris peuvent en être, l'une dépourvue
et l’autre pourvue. Certains êtres pèuvent présenter, dans leur développement embryonnaire, une vésicule qui disparaît dans l’âge adulte, ainsi que cela arrive chez
le pigeon. A aucun moment, le cheval ne possède de
vésicule, alors qu'il en existe toujours une chez les bovidés. Est-ce à dire que nous ne pouvons tirer aucune conclusion physiologique de teis faits ? Assurément non : la présence d’un élément figuré, principalement chargé dans un organisme de remplir une fonction déterminée, et l’existence de cette fonction sont deux choses essentiellement di tinctes : rien ne nous dit, si nous ne prenons pas la peine d’examiner les choses de très près, que la fonetion n’apparaissant pas explicitement ne s’accomplit pas ailleurs, sous une forme dissimulée. Et c’est justement ce qui & été constaté sur le rat, dont la bile hépatique est sept fois plus concentrée que celle de la souris, et dont le plexus périportal des canaux biliaires constitue sans doute un appareil compensateur de Ia vésicule absente.
Revenons à l’étude de l’homme, Chez lui, la réunion des conduits biliaires forme le canal hépatique, continué par le cholédoque; ce dernier reçoit comme affluent, dans l’ampoule de Vater, le canal pancréatique et débouche ensuite dans le duodénum. Placé également comme affluent à l’origine du cholédoque, nous trouvons le canal cystique, en amont duquel est un cul-de-sac musculeux, la vésicule biliaire, Au débouché ampullaire du cholédoque dans le duodénum se remarque le sphineter d’Oddi, auquel a été reconnu un certain tonus.
Remarquons en passant, car aucun fait n’est plus propre à montrer le rôle aelif et régulateur des émonctoires biliaires, que cholédoque, canal hépatique, canal cystique et vésicule sont, les uns et les autres,
ss accuse surtout: dane le tie la vésicule, où elles prennent un aspect caractéristique. Il est évident, que si
l'appareil dont nous venons de parler remplissait une
fonction d’ordre purement passif, une simple mission d'écoulement, son revêtement muqueux interne serait
parfaitement lisse. C’est d’ailleurs une notion parfaitement classique que la bile se concentre, de manière
importante, dans la vésicule, jusqu’à décupler certains taux de sa teneur en substances diverses.
Fonclions de la vésicule biliaire. — De très nombreux travaux ont été effectués par Chiray et ses collaborateurs pour élucider les questions se rapportant soit aux contractions de la vésicule, soit à ses facultés de résorption et de
sécrétion. Des discussions très serrées se sont établies
autour des résultats constatés. Nous ne pouvons ici en reprendre le détail et nous nous limiterons aux données qui semblent les plus susceptibles d’avoir une portée pratique immédiate.
La résorption dans la vésicule, avons-nous dit, est un fait incontestable. Mais il s’en faut de beaucoup que la concentration des éléments s'opère sur tous d’une manière identique. Certes, la composition de la bile peut être assez variable, chez un même animal, pour enlever tout caractère de certitude aux rapports qu'on peut tenter de déterminer; il n’en reste pas moins que les compositions respectives de la bile hépatique et de la bile vésiculaire qui ont été publiés par divers auteurs sont suffisamment concordants pour qu’on en puisse déduire,
défaut de chiffres absolus, des tendances. Il est net, par exemple, que si la teneur en matières solides ne varie guère, celle qui se rapporte au mucus ou aux sels biliaires