‹ Le Foie, Tampon Physiologique: Essai de SynthèseChapitre 8 sur 14 · TR CU · texte numérisé non relu

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s'élève à un taux impressionnant et dont il faut tenir

compte. + | Ru à Chez le normal, la concentration en cholestérine ne

se montre pas aussi élevée qu’elle devrait l'être par rapport à la concentration des sels ou des pigments; il semble donc qu’une résorption s'effectue dans la muqueuse vési-

culaire et c’est, en effet, ce qu’a constaté Policard. D’autres auteurs ont mis en évidence un pouvoir cholestérino-

sécréteur de l'épithélium vésiculaire. Pourquoi vouloir opposer l’une à l’autre ces deux constatations, alors

qu’elles peuvent être vraies l’une et l’autre et s'expliquer par une fonction régulatrice de la vésicule, fonction qui peut se montrer déficiente dans certains troubles patho-

Jociques ? Nous sommes d’autant plus disposé à l’admettre 91q

qu'une telle interprétation rentre dans le cadre physiologique que nous reconnaissons normalement au cemportement de la vésicule.

La vésicule biliaire sécrète, d'autre part, une assez forte quantité de mucus, ainsi que le montre l'élévation très forte du taux de cette substance si on la compare à celle des corps dont la teneur s'enrichit le plus dans le cholécyste. Quelle est l'importance de ce mucus au point de vue biliaire ? Agit-il, comme le voudraient certains, dans l'écoulement du flux de la bile ? C’est possible, mais il nous semble plus probable que ce mucus est un stabilisateur nécessaire, dans l’ordre colioïdal, des solutions et des suspensions qui forment la bile et dont la stagnation dans la vésicule risquerait de compromettre trop vite l'équilibre. Plus particulièrement, le mucus constitue un excellent moyen de défense contre l'instabilité du magma biliaire concentré vis-à-vis des variations du pH vésiculaire et, de ce fait, posséderait un certain pouvoir añtilithiasique. Une telle supposition n'exclut d’ailleurs

alta de la bile vésiculaire. —- Char et Basel ce ont t attiré l'attention sur le fait que la musculaire peut se” rétracter sur tous ses diamètres et concluent de leurs expériences que la contraction vésiculaire est sous Ja dépendance de l'action excito-motrice du vague. Cette à contraction connaît deux rythmes : la période du premier

ne dure que quelques secondes et présente une amplitude SEA de contraction rapidement décroissante; le second est très.lent} et sa période se chiffre par heures, la phase d'action étant plus courte que la phase de détente et l’ensemble étant représenté par une courbe de tous points semblable à celle qui représente la secousse musculaire,

telle qu’on l’établit en physiologie.

5 - Aux auteurs qui sont d’avis que l'aspiration du À er duodénum a un rôle essentiel dans le vidage de la vésicule, à Chiray et Le Canuet, à la suite de leurs observations ui ï a pratiquées au cours de cholécystographies, font remarquer LA

que le col de la vésicule et le canal cystique, en raison

des dispositifs valvulaires et des sinuosités, constituent ; . un obstacle important à l’évacuation passive de la bile. Ÿ Nous nous permettrons d’ajouter ceci, qui vient encore

renforcer largumentation des auteurs : il existe une

certaine analogie d'ordre morphologique entre les valvules

du cholécyste et celles du rectum ; la forme et la dispo-

sition des unes et des autres fail apparaître qu'elles ont

pour mission d'imprimer un mouvement de rotation,

de vissage, de la masse à évacuer, afin d’assurer l’aisance

et la rapidité de son émonction, ce qui concorde bien

avec le fait que l'écoulement de la bile B s'opère par flots,

par éjaculations successives, ce qui ne peut s'expliquer

par une simple aspiration ayant son départ au duodénum,

tations diverses, Lt jo pe pas re ce qui :

vient encore confirmer, s’il en est besoin, le jeu essentiel ‘Jement régulateur de la V. B. Au flux hépatique direct à vient se mélanger, en fonction des besoins de la digestion intestinale, un « concentré » périodiquement injecté sous pression, au fait de la contraction vésiculaire, de telle soste que l’ensemble est homogène dès sa pénétration dans le duodénum. Un tel dispositif permet des réglages très fins et une exacte appropriation des moyens aux nécessités à satisfaire: quand il s’agit d'attaquer des . aliments pauvres en graisses, la bile hépatique suffit probablement ; une bile vésiculaire devient indispensable dès qu’it s’agit d’activer la digestion d’aliments chargés en graisses.

Mais ici, un autre problème se pose : Ja souplesse d'adaptation de la contraction vésiculaire aux besoins de la digestion intestinale semble incompatible avec les possibilités habituelles à une simple musculature lisse ; les organes appartenant à la vie végétative et qui ont besoin de se conformer très rapidement et très exactement à des circonstances variables, comme le cœur ou comme l'utérus au moment de la délivrance, possèdent une musculature partieliement striée, Sans qu’il paraisse en être ainsi en ce qui concerne la V. B., celle-ci présente, dans sa réponse aux excilations le même caractère qu’une musculature composite : une première réponse rapide peu durable, laissant apparaître une fatigabilité précoce ; une seconde réponse lente, puissante, prolongée. Nous retrouvons là tous les caractères musculaires de la symbiose aéro-anaérobie, et nous sommes bien obligés de conclure que de nombreuses investigations restent encore à accomplir concernant la V. B., tant dans le domaine histologique que dans celui de la physiologie.

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- vés ne + done n n'est pas sans intérêt de rappeler l'expérience de Becker : le simple lavage de ue bouche, non suivi de la moindre déglutition, suffit à | . modifier la silhouette de la vésicule, dont le fond se relève légèrement, Si on laisse le patient avaler une gorgée d’un repas opaque mêlé de jaune d’œuf et de crème de lait (repas de Boyden), l’activité de la V. B. se manifeste par une contraction dès que les aliments ont gagné l’antre de lestomac. Une heure à une heure et demie plus tard, lorsque les glandes de la partie supérieure du tractus = digestif ont terminé leur travail, les contractions de la = vésicule cessent également, 11 semble donc que la musculature de la vésicule se mette en tension et obéisse à une sorte de commandement préparatoire dès le début de Vingestion de certaines substances, qui l'excitent électivement. I y a là matière à de nombreuses réflexions. |

Emplissage de la vésicule biliaire, — Pour que la V. B. puisse se remplir de bile hépatique, il faut évidemment que le sphincter d’Oddi soit continent, empêchant à ce moment la bile de s'écouler dans le duodénum. Certaines radios, prises lors de l’opacification des voies biliaires au moven de la sonde de Pezzer, sont très éloquentes : de cliché en cliché, on peut suivre la marche de l’imprégnation qui, de la vésicule gagne le cystique, puis le cholédoque, remontant ensuite vers le canal hépatique et gagnant enfin les voies biliaires supérieures. Le refoulement dû à la pression exercée par la seringue sur le liquide injecté ne s'exerce que dans une deuxième phase sur les voies supérieures, montrant que ces dernières sont disposées pour faire arrêt au passage de la bile noire dans les canaux biliaires hépatiques,

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Effets de la choléa D — L’ablation de la vésicule biliaire constitue un excellent moyen d’ ‘investi- S , gation de ses fonctions particulières. Quel est donc l’essen- Fa Et tiel des constatations faites à ce sujet ? C’est ce que nous

allons rapidement examiner. | On a constaté, sur le chien d’abord, sur l’homme ensuite, que l’ectomie de la V. B. entraînait à sa suite une dilatation du tractus biliaire extra-hépatique (cystique, hépatique, cholédoque) alors qu’elle semblait être sans " effet sur les canaux biliaires intra-hépatiques. En même temps, le tonus du sphincter d’Oddi est aboli. En sonime, il se produit une réadaptation aux conditions nouvelles et cette réadaptation est telle qu’elle tend à instaurer une fonction vicariante de celle qui est empêchée de se : = produire normalement.

Le rétablissement d'équilibre physiologique ne se produit pas identiquement sur les sujets. Il exige un délai plus ou moins long pour être effectif el se traduit différemment d’un patient à l’autre : chez l’un, l'écoulement À de la bile devient continu, alors que chez l’autre, il s'établit sur un rythme intermittent.

Provisoirement, la bilirubinémie et la cholestérolémie sont en augmentation, mais il est difficile de tirer de ces constatations une déduction nette. On sait, par ailleurs, combien sont fragiles les hypothèses que l’on peut échafauder, dans la plupart des cas pathologiques, sur les résultats des mesures effectuées à partir des substances qui, chez le normal, sont à un taux quasi invariable dans le sang. Dans de tels cas, où les tampons physiologiques sont plus où moins atteints, plus ou moins faussés dans leur jeu fonctionnel, les aberrations peuvent aussi bien se présenter par plus que par moins et les phénomènes se présentent sous une forme à peu près imprévisible;

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ne. Set aucun |effet immédiat ou différés parti-. é culièrement nocif pour l état général du patient, On sait = au surplus, combien cet effet est bienfaisant dans les cas de lithiase vésiculaire. Nous avons eu l’occasion d'examiner

un assez grand nombre de sujets cholécysectomisés

depuis un temps plu$ ou moins long : la plupart d’entre

eux menaient une existence paraissant proche de Ja normale. (L’un d’eux, qui est probablement le doyen de

ces opérés, en France, a été amputé par Cunéo vers 1910

et porte fort allègrement ses 85 ans). J'ai toutefois remarqué la, tendance nette qu'ont ces sujets à être atteints par des

: syndromes douloureux : le doyen dont je parle a de fréquentes douleurs à forme de sciatique alternant d’un

côté à l’autre : une autre lasse tous ses médecins traitants

par la répétition de ses douleurs polynévritiques. Nous

ne serions pas éloignés de penser que la fonction vésiculaire normale remplit un rôle effectif dans l'élimination de certaines toxines neurotropes. Le temps, seul, permettra de trancher une telle question.

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