A. de la Borderie. Hist. de Bretagne, t. I, p
2. C. Moiset. Usages dt l'Yonne , p. 90 ; Paul Sébillot. Petite légende dorée, p. 107.
3. J. G. Bulliot et Thiollier. La Mission de saint Martin , p. 287.
LES ÉGLISES
y bâtirent l'église de Saint-Georges de l’Erve b Saint Hervé voulait édifier la sieiine près dé l’église de Plounevez ; mais saint Pierre qui en était lé patron, s’ÿ opposa et dit au saint de lancer son marteau de toutes ses forces pour déterminer un autre emplacement1 2. Lorsque, après la mort de saint RigaUd, il vint tant de moines dans son monastère qu'ils ne pouvaient tous y tenir, l’un d’eux, qui était maçon, proposa de construire Un autre couvent u Oui, mais où ? lui répondit-on. — Je vais lancer mon marteau, et où il tombera nous bâtirons ». Le moitié jeta son outil, qui alla tomber à la place où est l’abbaye de Cluny 3 4 5. Lorsque, plus tard, saint Hugues en reconstruisit les bâtiments, il lança son marteau en l’air pour marquer l’emplacement de la chapelle. C’est de la même manière que, dans les Vosges, saint Bozon indiqua celui de l’église de Bouzemont*. Après l’achèvement de la cathédrale de Coutances, saint Jouvin monta sur le dôme, et lançant son marteau, il dit : « Qu’on me fasse une chapelle où il tombera »
Ce mode de consultation figure plus fréquemment dans les nombreuses légendes où il s’agit de travaux exécutés le jour et défaits la nuit parce que la divinitéà laquelle le sanctuaire ést destiné a des préférences pour un autre lieu. Quand on commença à élever une chapelle à l’endroit où un bœuf avait découvert dans un chêne une statue de la Vierge, les maçons trouvaient chaque matin leur ouvrage détruit ; ce n’était pas là où la sainte voulait être honorée ; mais on ne savait quel emplacement lui plaisait. Un prêtre dit au maître maçon de jeter en l’air son marteau et que la main divine saurait bien le conduire au lieu de son choix ; le maçon obéit et le marteau alla tombera l’endroit où est maintenant la chapelle de Faubouloin 6.0n avait d’abord choisi pour y bâtir l’église de Saint-Pierre-la-Vieille un des champs occupés jadis par une ville disparue, et on s’était mis à l’œuvre avec ardeur ; mais un matin les ouvriers virent que des murs construits il ne restait pas pierre sur pierre ; ils les recommencèrent, mais peu après tout était de nouveau anéanti. Ils allaient renoncer à leur entreprise, lorsque le maître maçon s’écria que sans doute Dieu ne voulait pas que l’église s’élevât sur la place de la cité païenne ; il fit un signe de croix et lança son marteau en annonçant que là où il tomberait s’élèverait l’édifice chrétien. Le marteau alla s’abattre assez loin près d’une vieille bergère qui filait sa quenouille ; l’enceinte de l’église fut tracée en cet endroit et le travail se poursuivit
1. Georges Soreau et Marc Langlais. Légendes du Maine , p. 81-85.