‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 124 sur 503 · Amélie Bosquet. La Jfëÿïmandie romanesque, p · texte numérisé non relu

Amélie Bosquet. La Jfëÿïmandie romanesque, p

4. Abbé Y.-M. Lucas, in Ray. fcisl. dç. ÇfiuçsJ, 1893, p. 23Q .

l’emplacement QUI NE PLAIT PAS

destinés à l’église de Menil-Jean (Orne), mais quand les maçons eurent commencé leur ouvrage, pierres, sable, mortier et truelles se mirent en mouvement, et, traversant la vallée, allèrent se poser sur la colline où on la voit. Le tombeau de saint Loyer devait être assez; loin de l’endroit où est maintenant son oratoire ; mais le maître maçon ne put faire tenir les fondations ; il fit une fervente prière, et le mortier, les pierres, les truelles et le marteau s’envolèrent à la place où est encore le tombeau L Saint Mammès voulait bâtir une église sur le sommet d’une colline, et saint Manvieu préférait le voisinage de l’étang ; l’édifice fut commencé sur la hauteur, mais pendant la nuit, la construction fut portée dans la vallée ; démolie et reconstruite sur la colline, elle fut, à trois reprises différentes, reportée dans le lieu où elle se dresse. D’autres déplacements nocturnes servent à expliquer pourquoi N.-D. de la Ferté est sur un sol bas, et la chapelle de sainte Evette (Finistère) tout au bord de la mer1 2.

Quelquefois les saints manifestent leur aversion pour l’endroit choisi par les fidèles en y envoyant des animaux importuns. Les premières constructions du monastère de Neufons furent faites au Creux de la Fosse, parce que Neufons était malsain ; de nombreux oiseaux se précipitèrent sur les m.açôns et les charpentiers, et non-seulement les empêchèrent de travailler, mais emportèrent dans leur bec et dans leurs griffes de petits fragments de bois à Neufons 3. A- peine les fondations de l’église que saint Benoit de Macerac (Loire-Inférieure), bâtissait au village de Pen-Bu étaient-elles sorties de terre, que des milliers de grenouilles se mirent à coasser dans les marais voisins, et troublèrent les prières et les méditations du saint, puis, les eaux étant devenues plus grandes, les grenouilles poussèrent l’audace jusqu’à s’établir dans les constructions, et il ne put les en chasser ; croyant alors à un avertissement de la providence, il alla poser les premières pierres de son oratoire un peu plus loin, près de sa fontaine 4.

Des églises ou des chapelles, ont été érigées par des gens qui, punis d’actes d’impiété, espéraient apaiser la vengeance des divinités : fine tailleuse de Saint-Pol-de-Léon, à laquelle saint Gwevroc reprochait do travailler le dimanche, lui ayant répondu que ce jour-là exigeait sa nourriture comme les autres, tout son corps devint aus§ifdt froid et immobile. Elle demanda pardon au saint, qui fit un signe de croix sur chacun de ses membres et leur rendit le mouveipent ; en reconnaissance, elle lui donna sa maison qui était au imdOU de layille,

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