Ach. Allier. L'ancien Bourbonnais. Voy. pitt . , p
4. Cte Regis de l’Estourbeillon. Saint Benoît de Macerac, 1883, in-8.
LES ÉGLISES
el l’on y bâtit le Kreisker 1 . Une dame riche qui passait en voiture, près du tombeau de Saint-Santiu à Courville, un jour de pèlerinage, témoigna sa surprise d’y voir une si grande affluence, et on lui répondit qu’on rendait hommage au saint qui guérissait de la gale. « Mes chiens l’ont, s’écria-t-elle; ne pourrait-il les guérir?». Son char s’arrêta aussitôt, et il ne put rouler que quand elle eut fait vœu de bâtir là une église ’2. Le seigneur de Conzié, furieux de n’avoir pu tuer aucun gibier, lança une flèche contre la statue de la Vierge qui ornait le tronc d’un vieux chêne, mais au lieu d’atteindre l’image, la flèche revint d’elle-mème le frapper en plein visage et lui creva les yeux. Il promit, s’il recouvrait la vue, d’édifier une belle chapelle à l'endroit où il avait été coupable. Sa prière ayant été exaucée il lit construire la chapelle de Notre-Dame de l’Aumône 3.
Les monuments érigés en expiation d’un meurtre se retrouvent en un grand nombre de pays ; en France le récit se borne d’ordinaire à l’énonciation du motif. C’est ainsi que la chapelle des Sept Saints à Yffiniac (Côtes-du-Nord) aurait été construite au lieu où un seigneur, égaré par la jalousie, martyrisa ses sept enfants, tous d’une ressemblance frappante, et vêtus habituellement de la même manière. Une petite chapelle, sur la route de Dijon à Plombières, au-dessus de laquelle on voit encore un gros morceau de bois fixé au roc par un tenon de fer, fut bâtie, à ce qu’on dit, à la suite d’une erreur judiciaire : une jeune fille, dont l’innocence fut reconnue plus tard, y fut pendue à une potence dont ce morceau de bois est le dernier reste4.
Suivant une conception ancienne, dont la vitalité est attestée par des exemples contemporains bien connus, des divinités en personne se montrent aux croyants pour désigner l’emplacement du sanctuaire où elles désirent qu’on vienne leur rendre hommage. Dans l’Ain, la Vierge Noire des Préaux, comme celle de Mazière, au fond des immenses forêts de sapins d’Hauteville, sont apparues toutes deux dans un arbre s’entrouvrant, toutes deux ayant l’Enfant Jésus dans leurs bras et demandant une chapelle en ce lieu miraculeux5. D’après une tradition corse, trois frères qui fuyaient leurs ennemis s’endormirent dans une forêt, et ils allaient être surpris, lorque saint Pierre se montra à eux dans un rêve et les prévint que leur trace était découverte. Lorsqu’ils furent revenus sains et saufs chez eux, le saint leur apparut de nouveau, et leur ordonna de construire une chapelle à l’endroit même où ils trouveraient une barre de fer fichée en terre 6.
1. E. Souvestre. Le Foyer breton, t. T, p. 130 : Kreis milieu, Ker ville.