‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 147 sur 503 · Aug. Hock. Croyances et remèdes , p · texte numérisé non relu

Aug. Hock. Croyances et remèdes , p

LES ÉGLISES

le tour de la chapelle qui lui est dédiée àLangon (Ile-et-Vilaine). Pour avoir du lait, il faut faire, le corsage déboutonné, trois fois celui de la chapelle de N.-D. de Treguron à Gouézec, et après chaque tour se laver les seins à la fontaine. Le triple tour est pratiqué à la chapelle de N.- D. de Pitié à Lanvellec, et à celle de Saint-Vizia, par les mères qui portent sur leurs bras leurs enfants lents à marcher '. Celui qui soulfre des maux d'oreilles l’accomplit autour de l’église Saint-Georges près de Spa, coiffe d'une couronne de fer très lourde et garnie de pointes. A Dourgnes (Tarn) il fallait faire neuf fois le tour de la chapelle de Saint- Stapin avant d’aller mettre ses membres dans les trous guérissants2. A Berven (Finistère) on conduit, trois lundis de suite, les enfants à une chapelle dont ils font neuf fois le tour, et quand ce pèlerinage est fini, ils commencent à marcher. En Basse-Bretagne, le jour de la fête de Saint-Eloi, on fait faire aux chevaux trois fois le tour dès sanctuaires qui lui sont consacrés3.

Lorsqu'un moribond souffre des douleurs infinies sans pouvoir mourir, un pèlerin fait à trois reprises le tour de la chapelle de N.-D. de Rumengol, pieds nus, en marchant à l’encontre du soleil, afin de mettre un terme à ses souffrances. Pour connaître le destin des morts on va à pied à 1a. chapelle de N.-D. des Peines à Poullaouen (Finistère); on en fait trois fois le tour, on prie et l’on s'en revient à la maison : si on est fatigué, le défunt est en Purgatoire, si l’on ne ressent aucune lassitude, il est au ciel4.

Dans un conte du littoral de la Haute-Bretagne, de forme littéraire, mais dont le fond est certainement traditionnel, un prêtre impose à une femme qui avait eu trois enfants morts-nés pour ne pas s’être ménagée pendant sa grossesse, la pénitence de faire neuf fois, à minuit, le lourde l’église qu’entourait le cimetière ; à chaque troisième tour, elle voit apparaître les ombres de ses trois enfants sous l’apparence de la profession qu’ils auraient eue s’ils avaient vécu \ Cette promenade ne doit pas être accomplie sans nécessité : il arriva malheur à une jeune fille du pays de Tréguier qui, par bravade, avait parié de faire la nuit en chantant et sans presser le pas, trois fois le tour d’une église entourée d’un cimetière 6.

1. Paul Sébillot, in Rev. des Trad. pop., t. VIH, p. 35; H. Liégard, l. c., p. 24, 36, 34.

2. Aug. Hock, 1. c. p. 155 ; cf. Le Folk-Lore de France, t. 1, p. 406.

3. Ê. Faujour, iu Rev. des Trad. pop., t. XXI, p. 311 ; L.-F. Sauvé, in Rev. Celtique. t. VI, p. 77.

4. A. Le Braz. Au pays des pardons, p. 108 ; A. Dagnet, in Rev. des Trad. pop., t. XX, p. 500.

5. Judith Gautier, in Le Rappel, 5 août 1889. Eu Normandie cpielques prêtres

Srescrivaient aux mères qui avaient, par négligence, laissé périr leur entant, ou aux Iles-mères d’aller à minuit faire une station près de l'église. (L. du Bois. Recherches sur la Normandie, p. 336).

Page 1