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quimpérojse dont les maris étaiept en mer, allaient balayer la chapelle la plus voisine et jetaient la poussière au vent, dans l’espérance que cette cérémonie produirait un vent favorable à leur retour. A la fin du XVIIIe siècle, les femmes de Itoscoff, qui faisaient le même acte dans une chapelle spéciale, lançaient la poussière du côté par lequel leurs hommes devaient revenir. Naguère lorsque des bateaux étaient retenus par le vent contraire dans un port voisin de la chapelle de Sainte- Marine en Combrit (Finistère), deux hommes de l’équipage étaient chargés de la nettoyer, de pousser les balayures dehors, et de les jeter à pleines mains dans la direction où ils désiraient que la brise soufflât. Les femmes de marins balayaient aussi la chapelle de la Joie en Penmarc'h, puis elles amoncelaientla poussière dansle coinqui, par son orientation, répondait à la partie du ciel où les vents étaient invités à se porter. Celles qui vont à la chapelle Saint-Charles en Saint-Méloir des Ondes (Ille-et-Vilaine) doivent en essuyer le sol avec leur tablier de noces, du côté où elles souhaitent que vienne le vent1.
Ce rite est aussi pratiqué en Bretagne dans un but thérapeutique. Le malade atteint de lièvre, de migraine, d’épilepsie, etc., balayait ou faisait balayer la chapelle de l’ancien château d’Elven en arrosant le sol d’eau bénite ; cet acte commençait avec la messe qui y était célébrée ; à la fin le balayeur jetait au vent une poignée de poussière et le malade était guéri dans huit jours. Les fiévreux nettoient d’un bout à l’autre avec un balai de genêt la chapelle de Saint-Roch à Blain (Loire- Inférieure)2.
Les jeunes filles qui se rendent, pour une consultation amoureuse, à l’église de N.-D. de Condat, jettent des épingles par-dessus leur épaule ; si elles tombent l’une sur l’autre, elles se marient dans l’année 3.
Les actes qui suivent sont en relation avec les murailles ou leur voisinage immédiat. Les fiévreux grattent avec un couteau le mur de la chapelle de Sainte-Barbe à Marolles-les-Buis, et avalent dans un verre d’eau la poussière ainsi obtenue4. Les personnes affligées de furoncles déposent des clous dans un trou de la paroi de N.-D. de Lamballe.
Dans les villages protestants du pays de Montbéliard il était d’usage, au jnoment de la célébration du mariage, d’enfoncer un clou sur la tribune de l’église pour le << clouer » ; dans d’autres villages on l’enfonçait avec le pied dans le plancher. En Saintonge des sorciers, pour produire l’urotopegnie dite aussi cheviUemept, enfonçaient dansle mur
1. Cambry. Voyage dans le Finistère , p. 340, 71 ; L.-F. Sauvé, in Mçlusine, t. II, col. 207 ; H. Harvut, in Rev. des Trad. pop., t. VII, p. 308.
2. Vérusmor. Voyage en Basse-Bretagne , p. 40 ; H. de Kerbeuzec, in Rev. deç Trad. pop., t. XIX, p. 475.