Dr H. Liégard. Les saints guérisseurs , p
LA STATION SÜB LËfe PIERRES
nourrices faisaient rtetif fois celui dil tortibeau de saint Fort dans sa chapelle souterraine de l’église de Saint-Seunn à Bordeaux, et à chaque toür elles passaient leur nourrisson sur la pierre sépulcrale U Ceux qui venaient demander la force à Saint-Fort de Tourtenay, après avoir fait le tour de sdil tombeau, touchaient uti fragment dé sa crosse qui y était déposé1 2. Lorsque la statue de saint Féréol eut été brûlée, la dëvotioh dont elle était l’objet passa à une des colonnes eh bois de son autel, et l’on vint y frotter soit avec un linge, soit avec la partie du corps atteinte de maladie 3 4 * * * 8.
La station sur la pierre, assez rare maintenant, a été autrefois plus fréquente, et elle était souvent en rapport avec la fécondité eti’amour. Au XVIe siècle, une statue qui portait le nom d’un saint dont il existe plusieurs variantes (Greluchon, Grelichon, Guerlichon etc.), auxquelles on a attribué une signification phallique, était réputée pour ses vertus fécondantes. Un écrivain de cette époque décrit ainsi la pratique dont elle était l'objet : Saint Guerlichon qui est eh une abbaye de la ville de Bourg-dieu, tirant à Romorantin, et en plusieurs autres lieux se vante d’engroisser autant de femmes qu’il en vient, pourvu que pendant le temps de leüf neuvaine, elles ne faillént à s’étendre sur la benoite idole qui est gisante de plat, et non pas debout comme les autres. Outre cela il est requis que chacun jour elles boivent un certain breuvage mêlé de la poudre raclée de quelque endroit d’icelle et mesmement du plus deshonnêteà nommer V 11 ya une centaine d’années une pierre nommée le Fauteuil de saint Fiacre, dans une chapelle de ta petite ville de Saint-Fiacre, avait la vertu de rendre fécondes les femmes qui venaient s’y asseoir, mais pour que le miracle se fît, il fallait qu’aucun vêtement ne se trouvât entre le corps de la pèlerine et la pierre3. A une époque assez voisine de la nôtre, les jeunes filles désireuses de se marier allaient, au mois de Juin, à une chapelle située sur la montagne de Brandes, près du bourg d’Oisans ; elles se mettaient à genoux, pour invoquer le saint de l’endroit, sur une pierre conique, appelée Pierre de Saint-Nicolas, que l’on voit près de l’oratoire. Si cette position était trop pénible, elles se prosternaient, au cours de l'invocation, en ayant soin que la pierre restât placée entre
1. P. Cusacq. La Naissance , Le mariage , etc. p. 28; d’a. Jouannet. Stat. de la Gironde, 1839.
2. Beauchet-Filleau . Pèlerinages du diocèse de Poitiers , p. 524.