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LES STATUES PUNIES

pour avoir donné trop d’eau Un écrivain du XVIe siècle note comme fréquente dans le sud-est de la France, l’immersion des statues en temps de sécheresse, qui était beaucoup plus ancienne et dont on trouvera des parallèles au t. II, p. 165, 227, 338, 37/, 378, 46o de ce livre : Ceste coustume de traîner crucifix et images en la riviere pour avoir la pluye se pratique encore en Gascoigne et l’ay veu faire à Tholoze en plein jour par les petits enfans devant tout le peuple qui appelle cela la Tiremasse : et se trouva quelqu’un qui ietta toutes les images dedans le puis de Salin, l’an 1557 ; lors la pluye tomba en abondance2. Des statues étaient enlevées de leur sanctuaire et n’y étaient reportées qu’après une ondée abondante ; d’autres étaient menacées et même battues si la pluie ne tombait pas (cf. t. I, p. 100). Des vignerons brûlèrent l’antique statue de saint Féréol pour avoir laissé geler les vignes3.

Au commencement du XVIIe siècle des paysans de la Cornouaille menaçaient les saints de la chapelle la plus proche de leur village de toute sorte de mauvais traitements s’ils ne leur assuraient le retour des personnes qui leur étaient chères, et elles exécutaient en effet ces menaces en fouettant ces saintes images ou en les mettant dans l’eau quand elles n’en obtenaient pas tout ce qu’elles en prétendaient. Les marins, pour avoir du vent liaient parfois les statuettes en leur adressant des menaces, parmi lesquelles figurait celle de les jeter à la mer si elles n’obéissaient pas à la prière assez irrévérencieuse qu’ils leur faisaient. Lorsque le vent était contraire, les femmes de Saint-Quay (Côtes-du-Nord), lançaient de la poussière à la statue de ce saint, qui passe pour avoir la vertu de faire tourner le vent4. En Bretagne, les saints qui n’avaient pas accordé la guérison étaient éclaboussés et même immergés dans la fontaine miraculeuse (cf. t. II, p. 285). Si saint Vildbrock reste sourd pendant une huitaine aux prières que les filles de Sorbey ont adressées à sa statue, elles l’interpellent de nouveau et la lapident pour la contraindre à leur accorder leur demande6. Quand les Petites Sœurs des Pauvres de Charleroi ont attaché au cou de celle de saint Joseph qui se trouve dans leur chapelle un exemplaire de ce qu elles désirent, s’il tarde trop à les exaucer, elles lui tournent la figure du côté de la muraille 6 ; en Bretagne, on attribue la même irrévérence à des religieuses de cet ordre.

1. Monteil. Hist. des Français des divers étals , t. I, p. 365 ; Rolland de Denus. Dict. des appellations ethniques. Paris, 1889, m-8, p. 6 ; Paul Sébillot. Le Folk-Lore de France , t. II, p. 3T7.

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