‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 189 sur 503 · D. Liégard. Les samts guérisseurs , p · texte numérisé non relu

D. Liégard. Les samts guérisseurs , p

LES ÉGLISES

A a milieu du siècle dernier la statue de saint Guénolé, qui jouit entre tous les bienheureux de ce privilège, était l’objet de la môme pratique- Elle est aussi efficace pour les maladies : à Santec près de Roscoff, on frotte le ventre des nourrissons atteints de coliques, à la statue de saint Adrien ; à Bourbriac, pour se débarrasser de la migraine, on se frotte la tête à celle de saint Briac, pour les rhumatismes à celle de saint Victor à Poullaouen l.

Jadis on se rendait, en marchant à rebours, à une statue de saint Bernard dans l’église de Cirey-sous-Vezouse (Meurthe-et-Moselle), et on lui frictionnait le chef avec un balai neuf2. Le jour de la fête, les personnes attaquées de douleurs faisaient toucher leur mal par un petit saint Nicolas de bois attaché à une corde à l’entrée de l’église de Tredarzec 3. A Saint-Maur-d’Auneau, le pèlerin a soin de passer la main sur la partie de la statue du corps correspondant au siège du mal dont il vient demander la guérison4.

Le malade peut être représenté par un de ses vêtements ou par un objet ayant été en contact avec lui. La chemise des enfants atteints de tranchées est frictionnée sur les entrailles que saint Memor de Ploudaniel (Finistère) tient en main. A Saint-Paixent on fait toucher aux figures d'anges ou de saints, des linges destinés à frotter l’estomac des gens qui en souffrent5 6.

Le procédé de ligature est aussi employé, et parfois il semble qu’il ait pour but de transmettre la maladie à l’image. Lorsqu’un tout petit enfant a des coliques (mal saint Nicolas) le parrain et la marraine mesurent son ventre avec un écheveau de fil, et vont le passer au cou de la statue de saint Nicolas dans t’église de Gosné. En d’autres parties de l’Ille-et-Vilaine, on le dépose au pied des statues ou même on leur lie des rubans, pour attacher la maladie au saint fi. Il y a une cinquantaine d’années, les femmes qui éprouvaient des irrégularités dans leurs purgations mensuelles attachaient à une statue de sainte Venice, dans l’église N.-D. de Nogent-le-Rotrou, un ruban blanc ou rouge ; le blanc avait pour but de ralentir, le rouge de stimuler7.

L’habillement des statues par les fidèles a pour but d’honorer la

1. Alex. Bouet. Breiz-Izel, t. II, p. 143 ; Dr Liégard, 1. c., p. 28, 41, 57.

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