A. -S. Morin. Le Prêtre et le Sorcier, p
5. F. Duine, in Rev. des Trad. pop.,, t. XIX, p. 223 -, Beauchet-Filleau. P'el. du diocèse de Poitiers, p. 524.
6. P. S. in Rev. des Trad. pop., t. XII, p. 486-487 ; l’église de Gosné a été reconstruite et je ne sais si la pratique a lieu dans 1 église neuve ; H. de Kerbeuzec, ibid., t. XX, p. 454.
7. A. -S. Morin. Le Prêtre et le Sorcier, p. 123 ; cette pratique avait lieu à Ceton, dans l’Orne, où la statue était en plâtre, et l’on disait que si sa figure s’illuminait d’une aimable rougeur, la prière serait exaucée (p. 126).
l’habillement des statues
divinité qu’elles représentent, de se concilierleur bienveillance, ou d’appeler leur attention sur la grâce ou la guérison sollicitée. Bien que cet usage soit moins répandu en France que dans d’autres pays, quelques effigies, comme celle de N. D. du Pilier dans la cathédrale de Chartres, possèdent un trousseau magnifique. Vers 1820, on voyait dans toutes les églises de village et dans une infinité d’églises de villes des statues de saints, et surtout des images de la Vierge revêtues de robes et d'ajustements, ouvrages de la piété des fabriciens et des filles de conférences. Actuellement il n’est pas rare de rencontrer des statuettes habillées souvent de telle sorte que lorsqu'il s'agit de la Vierge, l'enfant Jésus disparaît presque complètement. Dans une mine de Belgique, une Vierge sculptée dans un bloc de houille était revêtue d’une robe de velours noir constellée d’étoiles d’argent ; des statues’de sainte Barbe avaient aussi des robes1. Les traditionnistes, même ceux qui se sont occupés spécialement des pèlerinages, n’ont relevé qu’un petit nombre d’exemples de la partie la plus intéressante de ce rite, l'habillement des statues fait par ceux qui s’adressent individuellement à elles pour obtenir des guérisons ou des grâces. Dans le Haut-Léon, un saint Viziaen pierre fruste dont la spécialité est de donner de la force aux enfants débiles est paré par les mères des vêtures les plus belles qui ont servi à leur nouveaux-nés. Après la guérison, saint André de Plounéour-Lochrist, que l’on a fait embrasser aux petits qui toussent, est affublé d’un des bonnets et d’une des chemises du petit malade. A Saint-FIernin sainte Brigitte est représentée par une poupée aux traits grossièrement sculptés. Les fiévreux l’envoient chercher en lui promettant un vêtement neuf. Dès que la sainte a franchi le seuil de la maison, le malade éprouve un soulagement subit : on garde la poupée chez soi jusqu’à ce qu’elle ait été revêtue d’une parure nouvelle ; mais il ne faut pas la retenir trop longtemps, sinon elle s’en retourne d’elle-méme à sa niche, et la maladie rentre à tout jamais dans la maison que la sainte a quittée'2. Il y a une centaine d’années les femmes du Limousin, pour devenir fécondes, allaient pendant neuf jours -coiffer la statue de sainte Anne3.
J’ai cité, t. III p. 108, 317, quelques offrandes en nature faites aux saints protecteurs pour la santé des animaux ou des abeilles. En Poitou,
1. A. S. Morin. Le prêtre et le Sorcier, p. 52-53. M. Monnier, in Ant. de France , t. IV, p. 397 ; G. Fouju, in Rev. des Trad. pop., t. X, p. 98; Paul Séhillot. Les Travaux publics, p. 516, 61 S.
Je me souviens que le jour de saint Joseph aux Mathurins, on avoit habillé saiut Joseph d’une robe de M. le chancelier Seguier, et. la Vierge avoit la cravate de Mme d’Aiguiilon (Tallemant des Réaux. Historiettes, t. IV, p. 222 note).
2. Dr H. Liégard. Les saints guérisseurs de Basse-Bretagne, p. 34, 38, 61.