‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 191 sur 503 · Béronie. Bict. du patois limousin · texte numérisé non relu

Béronie. Bict. du patois limousin

on attache à la main de la statuette de saint Laurent, dans l’église d’Avanton, une grappe de raisin pour la protection des vignes1.

Comme les monuments préhistoriques, les effigies des saints ont été l'objet d’onctions ; elles semblent tombées en désuétude ; elles étaient encore pratiquées en 1741, puisque l’évêque de Dol interdit aux pay-

aisser ou de débarbouiller « les images relief de certains saints » dans J’espoir d’obtenir de l’embonpoint2.

Le rite du tour de la statue est rarement usité ; je n'en connais qu’un exemple, qui fut observé en Bretagne vers 1820 : On faisait tourner les enfants autour de la statue de sainte Thèque à Plebère (Pleibert) pour leur fortifier les jambes3. L’emploi thérapeutique ou fécondant le la poussière provenant des images est beaucoup plus usité. Dans une petite chapelle du fond de la rivière de la Penfeld existait le fameux saint Guignolet et cette cheville éternelle si favorable à la fécondité. Le bois de cette cheville râpée était avalé par les femmes infécondes ; elles concevaient au bout de quelque temps4. Ce même saint Guignolet était honoré dans une chapelle du village de la Chatellette, commune d’Alichamp, en Berry ; les femmes stériles venaient faire des neuvaines, invoquaient le saint fécondateur, raclaient sa branche phallique, et la poussière qui en résultait, mêlée dans du vin, était avalée par elles. Quoique défendue par un archevêque de Bourges, la dévotion subsista jusqu’à la révolution ; au Puy en Velay, la raclure de saint Poutiu était bue jusqu’à une époque très voisine du commencement du XIXe siècle. Dans le faubourg du Château à Bourges était une statuette placée dans le mur d’une maison, dont les formes du sexe étaient usées par des femmes qui en avalaient la raclure, dans l’espoir de devenir fécondes ; elle était appelée dans le pays le bon saint Greluchon 5. En Saône-et- Loire, le peuple venait et vient encore à un oratoire de la vallée du Mesvrin gratter une statue faisant partie d’un bas-relief antique, auquel on a donné le nom de saint Freluchot ; pour la guérison des enfants infirmes et de la stérilité, les femmes grattent un peu de poussière et la boivent mélangée à l'eau d’une fontaine voisine ; à la chapelle delà

1. Beauchet Filleau. Pèlerinages du diocèse de Poitiers, p. 518.

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