Boucher de Perthes. Chants armoricains, p
4. Cambry. Voyage dans le Finistère, p. 238 ; la chapelle ne fut fermée quevers 1740 ; la poudre était infusée dans un verre pris à la fontaine. Cambry assura à Dulaure que lorsqu’elle fut rouverte, on y découvrit saint Guignolet, avec sa cheville miraculeuse ( Des divinités génératrices, p. 278-279).
5. Dulaure. Des divinités génératrices , p. 279-280, 271. D’après M. Pastureaud de Vaux qui donna ce renseignement à l’auteur, cette pratique n’avait pas disparu vers 1810.
Certenue, on agit de même, pour demander la guérison, sur le sotie d'une statue de la Vierge1. A Neuilié-Pont, Pierre en Touraine, on creuse avec la pointe d’un couteau les jambes d une gigantesque statue en pierre tendre de saint Christophe, et la poudre ainsi recueillie est mélangée à la bouillie des enfants pour les guérir du mal de jambes2.
La plupart des hantises des temples chrétiens sont en relation avec l’autre monde, mais des entités redoutables, qui appartiennent à une sorte de mythologie christianisée, peuvent aussi pénétrer dans les églises. Deux légendes, l’une de la partie des Côtes-du-Nord qui parle français, l’autre du Morbihan breton, disent que la Mort en personne y vient pendant la messe de minuit de Noël ; invisible poui tous, sauf pour le vivant auquel elle a accordé le privilège delà voir, ou pour celui qui a accompli le rite de jeûner toute la journée jusqu à la levée de neuf étoiles au ciel, et qui a tenu l’index de la main droite dans le bénitier paroissial pendant toute la messe, elle se promène dans les rangs des fidèles, effleurant avec sa baguette ou son doigt ceux qui mourront dans Tannée 3. La Peste personnifiée entre aussi à 1 église d’Elliant pendant la messe du pardon, et touche de la même façon tous ceux qui doivent être atteints par le fléau 4 5 6.
La croyance d’après laquelle les morts reviennent dans les églises remonte aux premiers siècles du christianisme. Evode dans sa lettie a saint Augustin assure qu'on en a vu s’y réunir pour y prier3, et Grégoire de Tours raconte que deux habitants d Autun passant dans le cimetière voisin de la basilique de saint Etienne., entendant psalmodier des cantiques, entrèrent dans le temple et virent que tous les objets brillaient d’une parfaite clarté ; mais ils n’aperçurent d’abord personne ; ils restaient frappés de surprise lorsqu un des chanteurs s approcha d’eux et leur dit qu’ils avaient mal fait d oser se mêler à ceux qui célébraient les mystères de la prière, et que s ils ne se hâtaient de se retirer, ils mourraient®.
L’auteur d’un livre ascétique du XVIe siècle place en Bretagne la
1. J. G. Bulliot et Thiollier. La Mission de saint Martin , p. 298-299, 311.