De qloria confessorurn, ch
Les Juifs d'Alsace croient que la veille du Kippour la synagogue ne doit point être vide ; un homme reste assis sur l’estrade, il ne doit point être etlrayé des crépitations de la lampe ni des bruits insolites qui se font vers minuit quand les morts vienîent àïeunour Adresser des prières au dieu d’Israël. (Stauben. Scenes de la vie Juive en Alsace , p. 85).
LES ÉGLISES
légende suivante : Un diacre revenant une nuit de porter le Saint- Sacrement à un homme qui, toutes les fois qu’il passoit dans le cimetière, s y arrêtoit et prioit pour les trépassés, vit la porte principale de l’église qu’il avoit bien fermée, ouverte de part et d'autre, et de plus il fut invisiblement arrêté en ce lieu. En cet état il ouït du cimetière une voix qui s’écrioit : Sus, fidèles, levez-vous de là où vous reposez, et trouvez-vous ensemble à l’église, parce que votre bien-faicteur est mort lequel passant par icy ne manquoit iamais de prier Dieu pour nous ; rendez-lui ce devoir de recommander à Dieu son âme. » Il ouït alors un grand bruit dans le cimetière des corps sorlans de ces monumens et l’église fut remplie de cierges allumez. Alors tous ces Trépassez se mirent à chanter solennellement l'Office des Morts. Cet office parachevé, chacun retourna à son repos et le mesme bruit s'enlendit, les cierges peu à peu furent esteints, le Diacre fut délivré de ce qui le tenoit là arresté et alla remettre le ciboire en sa place L C est surtout pendant la nuit de la Toussaint que les morts se pressent dans les églises. Dans le Puy-de-Dôme, ils y font la procession, et ceux que l’on a trop pleurés marchent péniblement ; à Saint-Gildas de Rhuis ils assistent à une messe dite par un mort; les trépassés se rendent processionnellement à l’église de Pont-l’Abbé Lambourg, revêtus de leurs linceuls ; la cloche sonne d’elle-même et l’autel est orné et éclairé comme pour les grandes fêtes ; les cérémonies sont les mêmes que celles des vivants, mais les prières ne profitent pas aux défunts. En Wallonie c’est dans la nuit de Vendredi au Samedi saint que se dit la « peineuse messe, » principalement dans les églises situées à l’écart des villages. Les assistants sont des morts, l’ofïiciant est un mort, le servant est un vivant ; il se présente toujours pour la célébrer un ancien curé de la paroisse, jouissant de la béatitude céleste ; la difficulté est de trouver un vivant qui consente à répondre à l’appel d’un père, d’un aïeul décédé auquel il est donné pour cela de revenir sur la terre; par la vertu de cette messe, les âmes en souffrance peuvent rentrer en grâce auprès de Dieu ?.
Ces visites [de trépassés ne coïncident pas toujours avec des fêtes
1. Vincent Charron. Kalendrier historial de la Glorieuse Vierge Marie, p. 739- 740, cité par G. de Wismes. La Toussaint , Nantes, 1901, in-8°, p. 7-8, cf. le chantre de Paris qui avait l’habitude de dire un De Profundis en traversant un cimetière et que les morts, sortant de leur tombe, viennent secourir (Jacques de Voragine. Légende dorée , t. I, p. 387).
Un homme passant par le cimetière de l’île d’Arz vit les portes de l’église'ouvertes, un prédicateur en chaire, et l’église pleine de morts (Mahé. Antiquités' du Morbinan, p. 114).
2. Dr Pommerol, in Rev. des Trad. pop., t. XIII, p.*99 ; cf. t. Il, p. 102, un épisode semblable dans une;légende de Noirmoutier ; C. d’Amézeuil. Légendes breton-
n,e5 P; “S : H Le Carguet, in Rev. des Trad. pop., t. 111, p. 599 ; Alfred' Harou, ibid., t. XIV, p. 98.