A. Dauzat, in Rev. des Trad. pop., t. XJV, p
LES ÉGLISES
serrure que, dans un étrange roman dont la scène se passe en Basse- Normandie, un voyageur de nuit voit l'abbé de la Croix-J ugan essayer de dire sa messe *.
Une légende du Velay contient des détails curieux : un prêtre, mort depuis huit jours, vient réveiller son sacristain et le prie de venir lui répondre à l’église une messe à laquelle le salut de son âme est attaché. Il lui recommande de ne détourner la tête sous aucun prétexte pendant le saint sacrifice, et de ne pas soulever sa chasuble au momenl de l’élévation. Tous deux se dirigent vers l’église, et au moment où le prêtre prononce YIntroibo les portes s’ouvrent à deux battants, et une foule nombreuse, munie de cierges, mais qui ne fait aucun bruit, remplit l’église. A l’élévation le sacristain oublieux soulève la chasuble, un jet de flammes en sort et l’oblige à tourner la tête. Il avait sous les yeux tous les trépassés du cimetière 1 2 3.
Plusieurs récits se rapportent à un thème de la messe du fantôme, moins répandu, mais'qui se présente d’une façon à peu près semblable, dans les versions recueillies dans des pays assez variés : une femme, éveillée avant le jour, ou croyant entendre le son des cloches, pense que'Vest l’heure de l’office matinal. Elle se rend à l’église, qui est illuminée, pleine de fidèles, et elle assiste à une messe dite par un prêtre de l’autre monde qu’elle ne reconnaît pas. Lorsqu'on vient quêter pour l’offrande, elle s’aperçoit qu’elle n’a pas d’argent, et donne son alliance, en se proposant de la reprendre ensuite. L’office terminé, les assistants s’évanouissent. L’anneau resté dans le plateau, sur l’autel ou dans la pierre consacrée, prouve qu’elle n’a pas été le jouet d’un rêve, mais qu’elle a assisté à une messe dite à des morts par un fantôme u.