Jean Bodin. Le fléau des Sot'ciers, 1. II, ch
3. Claude Le Petit. La Chronique scandaleuse , (1668), dans : Paris ridicule et burlesque. Paris, 1859, in-8, p. 19-20. L’éditeur ajoute en note que le comte de Soissous donna au Louvre en 1632 le «ballet du chasteau de Bissêtre et de~s personnes, animaux ou esprits auxquels il sert de rendez-vous la nuict. »
LES CHATEAUX
Fait rire et danser les lutins Dans ces lieux remplis de tenebres1.
Le personnage mis en scène dans la Lettre pour les sorciers est conduit à travers des masures sous les effroyables ruines d’un château déshabité où les siècles depuis mille ans travailloient à mettre les chambres dans les caves, et Agrippa, après lui avoir dit qu'il demeure là depuis un siècle, lui énumère ses divers pouvoirs: Je commande aux démons d’habiter les châteaux abandonnés, d’égorger les passants qui y viendront loger, jusqu'à ce que quelque résolu les contraigne de lui montrer le trésor 2.
Nombre de légendes recueillies depuis racontent les apparitions de personnages surnaturels dans les châteaux inhabités ou ruinés : en Gascogne, les fées blanquettes dansent souvent sur les vieilles tours ; au sommet du donjon à demi ruiné de Marguerite, parsemé de violettes, elles forment pendant les nuits d'été des rondes où nul mortel n’est admis et sous leurs pas naissent ces jolies petites fleurs 3 4. Mélusine montait chaque nuit une des 365 marches du donjon de Marmande (Vienne) et à la fin de l’année, arrivée en haut, elle s'envolait en poussant de grands cris pour reprendre son ascension dès la nuit suivante. La nuit de la Toussaint, Mélusine qui fut cruelle envers ses sujets, venait sur le donjon de Vendeuvre, et demandait à grands cris la fin du monde, espérant voir terminer ses souffrances, puis elle se rendait aux châteaux de Brienne et de Chassenay où elle criait aussi en faisant les mêmes prières L
Les ombres des anciens possesseurs des châteaux apparaissent près de leurs débris : les gens de Montfaucon disaient naguère encore que Thierry l’Excommunié revenait par les nuits d’orage dans les ruines de sa forteresse, blanc comme un suaire et toujours enveloppé d’une robe rouge qui semblait le brûler ; il allait boire et se laver à la fontaine qui est au-dessous de l’enceinte. Un chevalier armé de pied en cap se montrait sur les restes du château de Delle, et un seigneur sans tête et sans bras vient, la nuit, visiter les vestiges de celui de la Ville- Auxerre 5. On voit toujours des rosiers fleuris parmi les ruines d’un château près de Léré (Cher). Ce petit coin était un jardin que son dernier hôte cultivait de ses mains; c'est au pied d’un rosier planté par lui-même qu'il fut blessé mortellemeut en se défendant contre un