HANTISES DES ENVIRONS
le bras, il pose le doigt sur la détente et chaque fois l'air retentit du bruit sec d'une arme à feu Dans un lieu qui fit parLie du parc, aujourd’hui détruit, du château de Rouvron, deux beaux messieurs, le chapeau galonné sous le bras, les cheveux poudrés et en culotte courte se promenaient et semblaient s'entretenir tout bas2.
Un prêtre marche lentement la nuit dans les allées désertes du jardin du château de la Fosse à Caban en paraissant lire son bréviaire avec une grande attention 3. Un autre sort vers dix heures du soir lorsque le ciel n’a ni lune ni étoiles, de l’avenue de la Ville Even en Saint-Pôlan (Côtes-du-Nord) ; son approche esttrès redoutée, car on entend distinctement le cliquetis de ses os ; il prend la route du Guildo et ne s’arrête qu'à la Croix aux Merles; lorsqu’il y arrive, il se retourne vers ceux qui l'ont suivi, et à la place des yeux on voit dans sa tête de mort, et il disparaît toul-à-coup. Personne n’a eu le courage de l'interroger ; il faudrait avoir soin, pour ne pas éprouver quelque mal, de le tutoyer
D’autres ombres sont celles de personnages méchants. La demoiselle de La Loyère, qui fit tant de misères au pauvre monde, est revenue pendant des siècles sous toutes formes d'animaux, et c'est elle qui est connue sous le nom de Bête de la Loyère. Il y avait un moyen d’éviter ses maléfices ; si au lieu de l'injurier, on lui disait bien gentiment : « Te voilà, belle Jeannette, laisse-moi, ne me fais pas de mal, je t’aime bien, je suis ton ami, etc. », elle s’en allait tranquillement, ou même s'employait à rendre service :i. Le docteur Fouquet qui rapporte aussi cette tradition, ajoute que lorsque le château fut abandonné, la Piphardière descendit au village, erra par les chemins, et se hasarda même souvent à se glisser le soir dans les maisons, mais alors elle était timide, et quand les ménagères el les enfants la frappaient sur le nez en lui criant: « Hors d'ici, la Piphardière! », la bête s’en allait aussitôt la queue basse; mais elle se vengeait en maltraitant plus rudement encore les paysans attardés qu’elle rencontrait par les chemins G. En Bourgogne, la baronne de Montfort, qui faisait mettre au carcan les gens qui ne la saluaient pas comme elle voulait, erre sous la forme d'une louve que l’on ne peut tuer7.
Champion de Cicé, qui vivait au XVIIe siècle, ayant mené joyeuse vie, fut obligé de vendre son château; sous forme de loup, il se précipita sur la comtesse de Villeneuve en 1093, furieux de voir qu'elle possédait son château, et la blessa si fort qu’elle mourut. Il vient gémir