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LES DÉCADENCES LÉGENDAIRES

premier bastissour de ville : vray donc semblable est, que la première il de son nom nomma Caynon, comme depuis ont à son imitation tous fondateurs et inslaurateurs de villes, imposé leurs noms à icelles1.

Plusieurs villages, aujourd’hui de peu d importance, et qui parfois semblent n’en avoir jamais eu beaucoup davantage, élèvent aussibien que Chinon, des prétentions à la plus haute antiquité ou se targuent d’avoir été presque des capitales. Les habitants du Gavre, dans la Loire-Inférieure, donnent à leur bourgade le nom de ville, et ils disent que c’est la première qui ait été bâtie sur la terre 2, Bruneval est un mélancolique village entre le cap de laHève et celui d Antifer, que ses habitants assurent avoir été jadis la première ville de France3 4. Les gens d’Aubigné, en Ille-et-Vilaine, peuplé de 170 habitants, disent que c’est la plus ancienne ville de Bretagne 5 il ya sept ou huitcents ans la îeine d Angleterre qui l’habitait fit creuser un souterrain pour aller de sa résidence à BécherelL A une demi-lieue du village de Terrats a existé une ville du nom de Mirmande qui, d’après la tradition, était florissante quand Barcelone n’existait pas encore 5 6. Les habitants du Plessix-Balisson, (Côtes-du-Nord) microscopique commune de 7 hectares, assurent que le Plessix était la plus importante ville de France, au temps où Paris n’était qu'un village3.

Les légendesde la mer etdes eaux douces mentionnent assez souvent des villes qui ont disparu en entier dans des circonstances tragiques, et l’histoire écrite nous apprendre plus d’une cité, ruinée par des faits de guerre, n’a jamais pu se relever. D’autres ont, pour des circonstances diverses, subi une décadence profonde, alors que des bouigades du voisinage devenaient des cités florissantes. Ces transformations sont dues en réalité â des causes économiques, à des modifications du sol, parfois à des évènements politiques. Le peuple les explique autrement : les villes dépérissent en punition d’un acte coupable commis par un petit nombre de ses habitants, et dont tous ont porté la peine. D’après une tradition poitevine, les fées obligées de quitter Curbon, à la suite de méchancetés dont elles avaient été victimes, la condamnèrent à se nommer Curzon, et à varier chaque année d une maille et d’un denier7. Des lavandières de Rieux, qui était alors une grande ville, refusent tout secours à un enfant porté dans une nacelle qui, entraînée par la marée montante, était venue s échouer près d’elles : la barque qu’elles repoussèrent attérit près d’un petit village

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