‹ Le folk-lore de France (volume 2)Chapitre 240 sur 503 · Léo Desaivre. Le mythe de la Mère Lusine, p · texte numérisé non relu

Léo Desaivre. Le mythe de la Mère Lusine, p

LES VILLES

appelé Redon, où d'autres laveuses furent plus compatissantes : l'enfant grandit tout à coup, et dit : « Rieux s'appauvrira tous les jours d’un sou, et chaque jour Redon s'enrichira de la même somme *. » Le dicton comparatif: Il est comme la ville de Rriards, il périt tous les tous les jours d'un denier, usité en Normandie, fait allusion à une légende. Un ermite qui habitait auprès avait un âne qui allait de luimême quêter de porte en porte pour son maître malade ; un jour des méchants lui enlevèrent le produit de sa quête, et y substituèrent un fardeau si lourd de pierres, que le malheureux baudet gravit avec peine le rocher de l’ermitage et vint expirer aux pieds de l’ermite. Celui-ci quitta peu après la contrée après l’avoir maudite, et depuis chaque jour la cité des Briards dépérit. Lorsqu’on demande aux gens du pays pourquoi sur la route on aperçoit tant de maisons en ruines, ils répondent invariablement par ce dicton connu à dix lieues à la ronde :

La ville fies Briards

Décadit tous les jours d’un liard 1 2.

Le village du Chemin-Chaussée dans les Côtes-du-Nord dépérit parce que l’un de ses habitants a retenu en paiement de son écot le bréviaire de saint Guillaume3.

D’autres villes ont été détruites totalement ou eu partie à cause du mauvais cœur de leurs habitants: ceux d’une ville de Provence ayant tous, à l'exception d’une pauvre veuve, mal accueilli saint Isarn qui visitait les domaines que son abbaye de Saint-Victor avait dans le pajs, il survint un orage épouvantable dans la nuit; seules l’église et la cabane furent épargnées 4. En Forez les contes des campagnards placent au village d’Amions une grande ville ruinée à 1a. suite d'un refus d’hospitalité. Elle s’appelait Lisbonne et était plus grande que Paris : un homme marchant pendant deux heures n’aurait pu faire le tour de cette cité que César avait bâtie pour en faire une’ capitale. Les habitants étaient impies et débauchés : un jour de fête, une mendiante demanda en vain le chemin de Sauternon ; elle fut moquée et insultée ; seule une vieille femme prit pitié d’elle et voulut la conduire au but de son voyage. Elles sortirent ensemble de la ville, et quand elles furent arrivées près d’un carrefour où se dressait une croix, la mendiante dit à son guide de regarder ; il n’y avait plus de ville, et l'on ne voyait sur la terre brûlée que l'église et la maison de la femme charitable. La mendiante qui était la Vierge de la chapelle du Val, appuya sa main sur la pierre où l’empreinte est restée 5.

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